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9 octobre 2012 2 09 /10 /octobre /2012 10:13

Bruno Le Roux, président du groupe PS à l'Assemblée, alors porte-parole de François Hollande, sur le plateau de LCI, le 8 mars 2012, Boulogne-Billancourt (SIPA).

Bruno Le Roux, président du groupe PS à l'Assemblée, pense qu'il y aura une "majorité claire" de gauche pour voter le traité (SIPA).

 

TSCG. Alors qu’il ne fait aucun doute qu'une large majorité de députés votera en faveur de la ratification du traité européen cet après-midi à l’Assemblée nationale, la bataille fait rage pour savoir si la gauche emportera la mise avec ses seules forces. Depuis quelques jours, certains députés de la majorité, et notamment les Verts, ont annoncé leur refus de voter pour.

 

Considérant que le traité était insuffisant à leur yeux. Mais estimant certainement aussi qu’il n’y avait pas besoin de leur soutien, sachant que l’UMP se réjouit déjà de voter un traité préparé de longue date par Nicolas Sarkozy et Angela Merkel et que François Hollande n’aura finalement amendé que de manière homéopathique, contrairement à sa promesse de campagne.

 

Les frondeurs ne sont pas toujours animés par la bonne foi : combien sont ceux qui refusent de voter la ratification du traité quand ils voteront pour l’adoption du budget 2013, pourtant entièrement fondé sur les critères dudit traité ? L’incohérence avait été relevée au nez de Jean-Vincent Placé, qui l’avait esquivée au prix de digressions grossières. Le manque de cohérence est à souligner et il n’est pas bien certain que tous les députés de gauche n’aient pas d’autres idées en tête en procédant de la sorte.

 

L'Assemblée n'est pas une chambre partisane à réflexes pavloviens

 

Pour autant, comment accepter que Bruno Le Roux, président du groupe PS à l’Assemblée, ait cru bon d’envoyer une missive à l’ensemble des députés de la majorité en leur rappelant qu’il était impératif de respecter scrupuleusement la consigne de groupe en faisant état d’un "règlement" :

 

"Je tiens à te rappeler que l'article 17 de notre règlement prévoit que l'unité de vote est la règle. Les députés qui adhérent au groupe s'engagent à adopter et respecter un mode de fonctionnement collectif. Les questions qui engagent le groupe sont librement débattues mais, une fois la position du groupe arrêtée, la discipline de vote et d'expression est une règle impérative."

 

Comment réduire à ce point l’Assemblée nationale à une chambre pavlovienne qui vote non selon le bien-fondé d’une loi mais au nom de motivations purement partisanes ? Notre pouvoir législatif se résumerait-il à un enregistrement automatique d’un projet provenant directement de l’Élysée ? Assumée d’une manière tellement ostentatoire, cette position est d’un cynisme qui insulte la démocratie et dénature les prérogatives originelles de l’Assemblée nationale.

 

La question ne devrait pas être de savoir si la ratification sera adoptée avec les seules voix de gauche. L’essentiel est tout de même de savoir comment l’on procède pour respecter les termes du traité, avec la réduction du déficit public à hauteur de 3% du PIB dès 2013, quand on sait que le FMI envisage pour l’an prochain une croissance réduite en comparaison des projections établies de manière trop optimiste par le gouvernement Ayrault.

 

Les lubies partisanes de l'hydre bipartite sont stériles

 

En d’autres termes, il est plus intelligent de se demander comment on lutte contre la crise plutôt que de s’écharper pour savoir s’il aura fallu l’UMP pour ratifier le traité. Et quand bien même ce serait le cas, comment ne pas se réjouir de voir que l’immense majorité s’entende et travaille de concert sur un sujet aussi important que l’Europe ? Doit-on subir encore et toujours les turpitudes stériles de l’hydre bipartite quand le sujet ne l’impose même pas ?


Et d’ailleurs, il est éprouvant et exaspérant de voir que le PS (tout comme l’UMP au temps où ce parti avait les manettes) reproduit éternellement les mêmes erreurs. Car la gauche a déjà payé cher de privilégier des lubies partisanes au détriment d’un accord sur des valeurs et sur le "travailler ensemble".

 

N’est-ce pas le PS qui a préféré ignorer le geste historique de François Bayrou dans l’entre-deux tours de la présidentielle ? N’est-ce pas le PS qui a maintenu, en dépit de toute éthique et à la gloire d’un esprit partisan, la candidature de Nathalie Chabanne aux législatives, elle qui finira par déboulonner le président du MoDem ? N’est-ce pas pourtant elle qui votera contre la ratificationquand François Bayrou aurait voté pour ? On appelle cela l’ironie du sort. Cette leçon vaut bien une minorité sans doute.

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  • : Les Nouveaux Démocrates
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  • : Enseignant et essayiste. Auteur de La Croix et la bannière sur la rhétorique des intégristes à propos du mariage pour tous (Golias, novembre 2012) et de Mariage pour tous vs Manif pour Tous (Golias, mai 2015) Auteur également d'articles sur Prochoix, la revue tenue par Fiammetta Venner et Caroline Fourest (n°57,58,59, 63 & 66) Ancien membre du Conseil national du MoDem et candidat aux Régionales 2010 et législatives 2012. Démission du MoDem en octobre 2012. Blog d’un militant du Mouvement Démocrate (MoDem).
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