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8 juillet 2013 1 08 /07 /juillet /2013 10:24

Mais où est donc passée cette droite qui s’enorgueillit si souvent des valeurs républicaines insufflées par « Le général » ? Où est passée celle qui se targuait de faire barrage au front national ? Où est passée celle qui se reconnaissait dans la droite sociale quand, ce week-end, Christian Estrosi propose de donner des méthodes pour « mater » des gens du voyage ? Où ?

Après le spectacle indigne lors de la rocambolesque élection de son président à l’automne dernier, le dénigrement de la mission du député par Guaino qui estime que l’Assemblée nationale n’est pas légitime pour légiférer (sic) et des primaires parisiennes qui tournèrent au pugilat, l’UMP n’en finit plus de sombrer dans les tréfonds de la République. Avec un Graal trouvé dans l’affaire de la présidentielle 2012.

L’infamie n’est pas dans l’invalidation définitive des comptes de campagne de Nicolas Sarkozy. Cette décision du Conseil Constitutionnel est on ne peut plus normale et logique puisqu’elle suit à la lettre celle du CNCCFP. Un candidat a fauté et il paye pour réparer sa faute. Tel est le fonctionnement de la République.

L’infamie réside dans ces réactions affectées qui ont suivit et qui salissent la République. Souillures indignes.

Les barons de l’UMP se sont succédés pour dénoncer et critiquer vertement le Conseil Constitutionnel, s’asseyant sur son jugement comme on pose son séant sur des toilettes. Avec quelle arrogance et quel mépris ont-il expliqué, la main sur cœur que seul un complot pouvait expliquer un tel acharnement (sic).

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Nadine Morano, qui est à l’intelligence ce que le pâté Hénaf est à la gastronomie française a même tenu à évoquer « une décision politique » alors qu’on l’invitait à réagir. Et d’ailleurs, il serait temps de se demander pourquoi l’on se presse tant à son chevet quand celle qui se déguisait pour torpiller les rencontres de Ségolène Royal en 2007, n’a plus aucun mandat pour asseoir sa légitimité à parler, à l’exception d’un mandat de conseillère régionale, comme il en existe 1880 en France. Tant que Nadine Morano ne sera pas candidate à autre chose qu’à l’oscar du François Pignon de la politique française, les medias seraient bien avisés d’y réfléchir à deux fois avant de charrier sa prose.

Seule Bernard Debré a montré davantage de mesure, en critiquant ceux qui osaient remettre en question la décision du Conseil Constitutionnel mais dans un élan forcément suspect, quand on sait que c’est son frère qui en est le président et que son réquisitoire avait autant vocation à tempérer l’ardeur de ses collègues que de défendre la famille.

La réalité c’est que cette décision se place dans un logique. Des députées PS avaient vu leur élection annulée, alors que le plafond des dépenses n’était même pas engagé. Une peine d’inéligibilité s’était même ajouter à leur peine, ce qui est impossible pour un candidat à la présidentielle : sans doute est-elle là la véritable injustice.

Mais qu’il est insupportable de voir défiler, un à un, les bon petits soldats de ce président déchu, qui a non seulement perdu la présidentielle malgré son hold-up opéré dans les tiroirs du FN, mais qui a en outre triché pour tenter d’y parvenir !

L’UMP a cocufié la République et elle retourne sur la place publique, se placer en victime de ce qui est pourtant son forfait, pour accabler celle qu’elle a trahie de ne pas être suffisamment vertueuse ! L’infamie à l’état brute, qui tente de duper une opinion publique toujours prête à croire celui qui pleure le plus fort, plutôt que celui qui prêche la vérité le plus sobrement du monde.

Aujourd’hui le spectacle abject donné par la droite républicaine a marqué au fer rouge l’UMP. Pestiférée à jamais. Soit la droite républicaine se fonde un autre parti, une autre identité et tente de racheter son âme. Soit elle choisit de vivre avec cet héritage qui n’empêchera plus le FN de passer pour un parangon de vertu et qui voit là une occasion unique de rivaliser avec l’UMP pour devenir le parti leader de la droite.

Tant que cette droite-là n’a pas changé l’ADN qui actuellement la pourrit jusque dans ses gênes, il est inconcevable pour un républicain de voter pour l’un de ses représentants. De la même manière que seront condamnables sans rémission tout ceux qui s’accommoderont des circonstances, qu’ils soient de l’UDI ou du MoDem, comme cela se dessine pour certaines listes des Municipales ou des Européennes.

L’auteur de ces lignes a toujours lutté et combattu pour dénoncer l’hydre bipartite et refuser le manichéisme de la politique française. Mais il est des heures où les valeurs importent davantage que les principes. Sans renaissance sous d’autres bases, la droite n’est aujourd’hui tout simplement plus légitime pour incarner les valeurs de la France.

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Published by Yves Delahaie - dans Editos média vox
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  • : Les Nouveaux Démocrates
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  • : Enseignant et essayiste. Auteur de La Croix et la bannière sur la rhétorique des intégristes à propos du mariage pour tous (Golias, novembre 2012) et de Mariage pour tous vs Manif pour Tous (Golias, mai 2015) Auteur également d'articles sur Prochoix, la revue tenue par Fiammetta Venner et Caroline Fourest (n°57,58,59, 63 & 66) Ancien membre du Conseil national du MoDem et candidat aux Régionales 2010 et législatives 2012. Démission du MoDem en octobre 2012. Blog d’un militant du Mouvement Démocrate (MoDem).
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