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17 octobre 2011 1 17 /10 /octobre /2011 18:16

Les primaires sont enfin terminées. Enfin, car il est vrai qu’elles ont polarisé les attentions. Et le débat sur cette surmédiatisation pose l’éternelle question de la représentativité de la pluralité politique dans les médias. Mais il faudrait éviter toute critique stérile, comme celle que prodigue sans relâche depuis quelques jours Nadine Morano, et son élégance inénarrable, et Jean-François Copé, docteur es mauvaise foi

En somme la question n’est pas de savoir si les médias en ont trop fait sur les primaires, sachant que ce processus démocratique – car ouvert aux citoyens français – a montré que les partis ancestraux étaient, enfin, sur le point de faire leur mue sans se substituer au premier tour de la présidentielle comme on l’a entendu ça ou là. 

La question est de savoir comment les médias auraient pu, par exemple, intégrer d’autres sensibilités politiques dans le débat.

 

En effet, ces primaires n’étaient-elles pas un échauffement en vue des présidentielles,visant à savoir celui qui, dans la couleur rose, aurait la carapace la plus solide pour affronter la terrible campagne qu’elle représente ? Auquel cas, on aurait pu, sans peine, parler de tous les sujets qui vont l’animer, y compris la laïcité sur laquelle Sarkozy et Marine Le Pen entendent bien surfer. Comme le rappelle habilement Caroline Fourest, vendredi dernier sur France Inter :

 


Primaires PS - Où est la laïcité par snoopyves1

Or il n’en fut rien. Rien de rien. Dommage.

 

C’eut été aussi l’occasion d’éviter ce constat consternant du CSA qui montre que le temps de parole de l’opposition, représentée par le PS, a dépassé de 150% ce qu’il devait être.

 

C’eut permis aussi, lors des débats, d’avoir des contradictions autrement plus audacieusesque celles entrevues, qui métamorphosèrent les journalistes en animateurs, et qui firent tourner le débat en-dessous de la ceinture entre gauche molle et gauche dure

 

Et puis, c’eut surtout évité, après le disproportionné temps de parole accordé aux socialistes, la tragique litanie lancée par l’UMP du "on ne nous a pas vus" quand ses représentants sont invités à tout va pour se lamenter en liturgies redondantes avec une mauvaise foi confondante : 

 


Le PS était-il seul dans les médias lors des... par snoopyves1

 

Se souvient-on du Nicolas Sarkozy omnipotent (le prétendaient-ils sur toutes les manchettes), omniscient (idem !), et surtout omniprésent durant l’état de grâce… Du lever au coucher… Jusqu’à la nausée. De qui se moquent-ils donc ?

 

La vérité c’est que ce monde politique est bipolaire. Atrocement bipolaire. Point de nuance dans ce magma convenu, non sans la collaboration et la connivence médiatique ? En atteste ce scandaleux reportage, qui, même s’il est sur un ton décalé, montre que on est de droite ou de gauche, pour ou contre un camp, mais il faut choisir. A risquer la caricature et l’outrance en permanence.

 


Bayrou dans les primaires de droite par snoopyves1

 

François Bayrou assimilé à l’UMP, à la droite, voire à la majorité présidentielle quand il n’a eu de cesse de proclamer des valeurs inverses à celles qui ont prostitué notre quotidien depuis la dernière lustre. Grossier. Vulgaire même oserais-je.

 

En serait-on réduit à classifier les pensées dans deux carcans étanches. Pour ou contre. Choisis ton camp où on le choisit pour toi ? Est-ce cela l’intelligence politique à la française ?

 

Mais voyez-vous, il y a deux visions de la politique.
 

La première, de toutes évidence dominante, réunit des personnes autour d’une idéologie, d’une histoire commune, et tout n’est en réalité qu’une sempiternelle variation de mêmes thèmes. C’est la valse d’un même socle, sans remise en question de l’essentiel et que l’on nomme inopportunément valeur ; c’est la politique de l’étiquette.


Et il en existe une autre, largement minoritaire dans les faits mais sans l’être forcément dans les esprits. Celle qui fait travailler des femmes et des hommes en dehors de tout appareil, toute idéologie, sans leur demander d’abandonner cet héritage, mais dans l’unique but d’être au service des Français. Ce temps-là est venu, car notre temps est en crise permanente. Récurrente. Urgente. Cette politique permet de se réunir autour de valeurs, qui ne sont pas forgés par l’appartenance, mais par le pragmatisme de la situation. Cette politique se nourrit sur la base d’un contrat à court terme car le politique n’a pas un métier, il a une mission qui lui est confié pour une durée limitée. Avec obligation de résultats. La garantie de la réussite n’est plus dans le clivage stérile, qui fait s’opposer les Français entre eux, mais dans le consensus qui permet de trouver ce qu’il y a de mieux pour le bien de tous. C’est la politique du citoyen.

 

J’en conviens : c’est autrement plus ambitieux que tout de ce que l’on nous a proposé depuis 50 ans. Mais avouez que, en y réfléchissant, ça en vaut la peine, non ?

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  • : Les Nouveaux Démocrates
  • Les Nouveaux Démocrates
  • : Enseignant et essayiste. Auteur de La Croix et la bannière sur la rhétorique des intégristes à propos du mariage pour tous (Golias, novembre 2012) et de Mariage pour tous vs Manif pour Tous (Golias, mai 2015) Auteur également d'articles sur Prochoix, la revue tenue par Fiammetta Venner et Caroline Fourest (n°57,58,59, 63 & 66) Ancien membre du Conseil national du MoDem et candidat aux Régionales 2010 et législatives 2012. Démission du MoDem en octobre 2012. Blog d’un militant du Mouvement Démocrate (MoDem).
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