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25 novembre 2013 1 25 /11 /novembre /2013 14:27

La mauvaise foi fait partie du jeu de l’opposition. C’est un fait. Quelle qu’elle soit, quelle qu’en fut l’époque, son caractère minoritaire la contraint, pour exister, à crier des cris d’orfraie, histoire de ne pas se faire oublier.

Pour autant, la mauvaise foi peut se faire pardonner, quand, en contrepartie, l’opposition se veut prodigue en idées, en suggestions, en solutions. Or, force est de constater que la droite est actuellement bien avare en propositions, rendant sa verve bien vaine… au mieux.

Après avoir tenté de se rabibocher sur le bûcher du mariage pour tous, l’UMP entonne depuis quelques mois son refrain préféré, celui qui, à l’entendre, serait le cœur même de la fracture droite/gauche dans le paysage politique français : la fiscalité.

Il en va de même en 2013, qu’en 1997, 1991 ou qu’en 1983 : la gauche serait cet horrible ogre qui ferait saigner les contribuables aux quatre veines pour abreuver sa soif irrésistible. La légende est tenace mais la critique, venant de l’UMP est d’une hypocrisie sans nom.

Tout d’abord, parce que, dans l’opprobre jeté sur les impôts, les caciques de droite parlent de l’Etat, comme si cette entité était étrangère au commun des citoyens français. Occultant que ces impôts sont nécessaires pour financer la scolarité de leurs enfants, y compris quand ils sont dans le privé compte tenu des financements publics dont ces établissements bénéficient, pour les soigner quand ils sont malades, pour les protéger face à l’insécurité qu’ils prétendent en pleine explosion.

A les entendre, cet argent ne servirait qu’à engraisser l’assistanat, que Laurent Wauquiez avait baptisé en son temps le « cancer de la société », ou encore à financer la CMU. Autant de légendes insupportables qui deviennent crédibles dans une société fragile, prête à céder à la candeur et à la naïveté pourvu qu’elle se croie entendue.

Cette droite est hypocrite quand elle prétend se soucier des classes moyennes et des plus démunis qui ont du mal à adapter leur budget face à la hausse de la fiscalité, alors qu’au pouvoir, et notamment sous l’ère Sarkozy, sa seule œuvre fiscale fut de créer un bouclier pour les plus nantis de France, estimant qu’à partir d’une certaine somme, ils n’avaient plus à contribuer au bien commun.

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Hypocrisie redoublée quand on sait qu’à partir de 2002, la droite a baissé le taux de l’impôt sur le revenu, quand elle décentralisait bon nombre de compétences aux départements et aux régions, faisant exploser la note des impôts locaux. Qu’il fut simple alors de rejeter la faute sur la gauche, qui détenait l’immense majorité des gouvernances de l’échelon local !

Et que dire de l’hypocrisie de ceux qui prétendent fonder une partie de leur campagne municipale sur ce thème, à l’image de Nathalie Kosciusko-Morizet, dont la tartufferie n’a d’égal que la fourberie quand on sait que Paris est la ville où l’imposition est la plus faible de France…

Bien évidemment, la gauche n’est pas exempte de tout reproche concernant la fiscalité. Mais la droite, par une hypocrisie électoraliste, en cache la vraie nature.

La faute de la gauche et du gouvernement n’est pas d’augmenter les impôts, alors que nos finances sont exsangues. Leur faute c’est d’avoir menti durant la présidentielle aux Français, en prétendant que la croissance suffirait, et en occultant les efforts qui étaient plus que prévisibles.

Leur faute c’est d’avoir dilapidé le peu de marge de manœuvre budgétaire dont la France bénéficiait pour embaucher des dizaines de milliers d’enseignants, en estimant que cela suffirait à faire l’effet d’une réforme, quand notre école a surtout besoin de voir le retour de la transmission du savoir, pour remplir la tête de nos écoliers.

La vérité c’est que la droite, restant au pouvoir, n’aurait pas eu d’autres choix, et ce n’est pas un hasard si Nicolas Sarkozy, à la fin de son quinquennat, avait dû renoncer au bouclier fiscal qui était pourtant le symbole de sa prise de pouvoir.

Inutile de dire qu’entre mensonges et mauvaise foi, il y a, aux marges de l’échiquier politique, des mains qui se frottent, avec frénésie

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Published by Yves Delahaie - dans Editos média vox
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  • : Les Nouveaux Démocrates
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  • : Enseignant et essayiste. Auteur de La Croix et la bannière sur la rhétorique des intégristes à propos du mariage pour tous (Golias, novembre 2012) et de Mariage pour tous vs Manif pour Tous (Golias, mai 2015) Auteur également d'articles sur Prochoix, la revue tenue par Fiammetta Venner et Caroline Fourest (n°57,58,59, 63 & 66) Ancien membre du Conseil national du MoDem et candidat aux Régionales 2010 et législatives 2012. Démission du MoDem en octobre 2012. Blog d’un militant du Mouvement Démocrate (MoDem).
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