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10 avril 2012 2 10 /04 /avril /2012 08:54

Le moins que l’on puisse dire, c’est que l’équipe d’Olivier Galzi n’a pas fait dans la dentelle ce week-end sur Itélé. Un "grand" moment de télévision, pendant lequel les règles démocratiques d'égalité de temps de parole n'ont pas été respectées.

 

Dans CQFD, "Ce qu’il fallait décrypter", les spécialistes en communication que sont Véronique Reille-Soult ("Agence 910"), Guénaëlle Gault ("TNS Sofres"), Régis Lefebvre (publicitaire) et Alexis Brezet ("Le Figaro Magazine") viennent chaque samedi pour décrypter l'actualité politique de la semaine.

 

Cette semaine, il était question des règles d’équité du temps de parole entre les candidats et des nouvelles règles applicables dès le 9 avril concernant le traitement politique. Et après avoir lourdement insisté sur les incommensurables peines des journalistes à respecter les lois électorales, vint le temps de l’aveu :

 

CQFD Vidéo snoopyves1 sélectionnée dans Actualité

On hallucine : le plateau se gausse en toute quiétude de contourner des règles du CSA. Il est difficile de faire respecter les règles ? Qu’à cela ne tienne, on invite des journalistes pour parler de ce qu’ils veulent, puisque leur temps de parole n’est pas décompté !

 

Voilà pourquoi sur I-télé, même en période d’égalité de temps de parole, on s’éternise sur le duel Hollande et Sarkozy comme si le premier tour était joué d'avance. En s’affranchissant tout bonnement des règles démocratiques. Et pourquoi se gêneraient-ils puisque les principaux intéressés ne respectent pas eux-mêmes les règles démocratiques en refusant le débat entre eux, pour se préserver pour le "véritable" débat, celui du second tour ?

 

Après tout, Nicolas Sarkozy propose même deux débats, histoire de rappeler qu’une élection doit être un moment consacré au débat. Sauf que, pour lui, la présidentielle se résume à un second tour. Pourquoi alors ne pas proposer une présidentielle à un seul tour opposant nécessairement un candidat de droite à un candidat de gauche, en laissant les législatives à deux tours pour que les "petits" se fassent entendre ?

 

Mais il serait malhonnête de n’accabler qu’I-télé, puisque toutes les émissions traitant de la politique font de même. Alors que la campagne bat son plein, la parole des candidats s’efface au profit des commentaires. Pour preuve, les chiffres du CSA, publiés pour la période du 20 mars au 30 mars, qui montrent que le temps de parole des candidats a été divisé par sept rien que sur France Télévisions, période qui correspond au passage de l’équité à l’égalité !

 

Trop de commentaire tue le commentaire

 

Dans une démocratie, comment accepter que le commentaire se substitue à la parole du candidat ? Comment supporter que les journalistes assument délibérément et avec un tel cynisme de telles pratiques ?

 

Vendredi soir, Eric Brunet qui a écrit – un panégyrique sur le président sortant – quand pour moins que cela Alain Duhamel avait été suspendu en 2007- s’est emporté avec grandiloquence contre ces règles qui semblent si complexes à mettre en place. Un Brunet qui dit préférer la liberté à l’égalité, lui qui aurait aimé interroger qui il voulait, quand il voulait... Histoire de définitivement basculer dans le crétinisme bipartite ?

 

Temps de parole en question Vidéo snoopyves1 sélectionnée dans Actualité

 

Quelle arrogance dans ce déni de démocratie, doublé d’un déni républicain qui fait réfléchir, car balayer de la sorte l’égalité en dit long sur ce qu’en pense un soutien actif de Nicolas Sarkozy. Au nom de quoi serait-il impossible de faire respecter un temps d’égalité ? Où est le problème pour des chaînes d’information qui enchaînent deux éditions par heure en prime (7h-9h, 12h-14h et 19h-21h) et deux en heures creuses ?

 

Est-il si difficile de parler de cinq candidats à chaque édition, et d’alterner l’ordre afin que personne ne soit lésé, sans pour autant "plomber l’ambiance" ? Après tout, on peut très bien mettre trois candidats moins "bankable" autour de deux candidats aux avant-postes, puisque la course à l’audience semble primer sur la volonté d’informer...

 

L'information pas à la hauteur

 

Car c’est bien ici le nerf de la guerre. La démocratie d'un pays se juge à l’aune de la qualité de son information. Or, en France, l’information est organisée autour d’une course à l’audience. Par narcissisme ? Point du tout. L'objectif ultime est tout bonnement de vendre des plages publicitaires.

Notre information est devenue une gigantesque machine à vendre du temps de cerveau disponible, à l’image de ce que décrivait un certain Patrick Le Lay il y a quelques années.  

 

Plus que jamais, la proposition de référendum sur la moralisation de la vie publique, proposée par François Bayrou et qui semble séduire la majorité des Français, s'impose. On ne peut plus ignorer que notre démocratie est malade.

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Published by Yves Delahaie - dans Présidentielles 2012
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  • : Les Nouveaux Démocrates
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  • : Enseignant et essayiste. Auteur de La Croix et la bannière sur la rhétorique des intégristes à propos du mariage pour tous (Golias, novembre 2012) et de Mariage pour tous vs Manif pour Tous (Golias, mai 2015) Auteur également d'articles sur Prochoix, la revue tenue par Fiammetta Venner et Caroline Fourest (n°57,58,59, 63 & 66) Ancien membre du Conseil national du MoDem et candidat aux Régionales 2010 et législatives 2012. Démission du MoDem en octobre 2012. Blog d’un militant du Mouvement Démocrate (MoDem).
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