Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
2 juin 2012 6 02 /06 /juin /2012 09:16

LE PLUS. Depuis la défaite de Nicolas Sarkozy, l'UMP se cherche un leader, et des idées. C'est en tout cas le point de vue d'Yves Delahaie, qui s'insurge contre ce parti qui, selon lui, a fait de la droite un gros mot en chassant sur les terres du Front national.

Édité par Henri Rouillier   Auteur parrainé par Maxime Bellec

François Fillon et Jean-François Copé à Paris, le 28/01/2012. (WITT/SIPA)

François Fillon et Jean-François Copé à Paris, le 28/01/2012. (WITT/SIPA)

 

La loi électorale est dure. Très dure. Surtout depuis l’inversement du calendrier. Pensez-donc : à peine se termine la bataille terrible de la présidentielle qui a vu la défaite du président sortant, ce qui est une première depuis 1981 et la défaire de VGE, la législative bat son plein pour repeupler l’Assemblée.

 

Mais à droite souffle un vent de panique. Un seul être vous manque et tout est dépeuplé. En annonçant précocement, comme s’il avait anticipé l’Histoire, qu’il quitterait la vie politique s’il venait à perdre, le désormais ancien président de la République Nicolas Sarkozy a laissé un grand vide.

 

L'ère Sarkozy : une transformation de la droite

 

Et pour cause, les cinq années passées à l’Elysée – couplées aux trois autres passées à la tête de son parti – ont profondément modifié la droite française. Un virage à droite toute avec Patrick Buisson en guise de commandant de bord, dans l’ombre des caméras, qui lui préféraient les bourdes sans panache mais assurément potaches d’une Nadine Morano ou d’un Frédéric Lefebvre.

 

Il fallait voguer dans les eaux de la Marine en tentant de la prendre de court par tribord. Les pirates de l’UMP se sont improvisés corsaires, évoquant la laïcité, qu’ils substituèrent à une croisade contre l’islam, outrageant la fraternité, en agitant le drapeau rouge sur le thème de l’immigration, et pillant le pilier central de la devise républicaine.

 

D’aucuns pensèrent que sa stratégie avait finalement échoué. Je suis de ceux qui, bien au contraire, constatent que le hold-up passa tout prêt et il ne fallut pas quinze jours de plus pour assister à la plus grande surprise de l’histoire des sondages.

 

L'UMP en mal de chef

 

Alors que le navire a finalement pris l’eau, l’on se rendit compte son personnel ne comptait pas le quitter. La coque semble seulement fêlée et le spectre du Titanic qu’eut représenté une défaite à 55/45 s’est évanoui. Bien au contraire, c’est une véritable mutinerie qui s’est enclenchée pour savoir qui serait le capitaine à bord. De Fillon à Copé, en passant par Juppé qui prit bien soin de ne pas s’abîmer sur un radeau qui prendrait l'eau à coups surs, on se bat à qui mieux mieux pour succéder au poste vacant du commandant.

 

Plutôt que de laisser la guerre des chefs anéantir ce que la fin de la présidentielle avait quelque peu préservé, les barons de l’UMP décidèrent alors d’imaginer le retour du capitaine abandonné. La ronde des hommages a commencé cette semaine, avec notamment François Fillon qui mercredi déclarait :

 

"Nicolas Sarkozy manque à la droite républicaine. Il laisse un vide que personne ne peut prétendre combler. […] Vous savez, à l'UMP, nous sommes tous des amis de Nicolas Sarkozy".

 

Emouvant… Surtout quand l’ombre d’un retour semble toujours planer, dans les mots de l'ex-Premier ministre :

 

"A 57 ans, il est encore jeune. La vie est longue et l'histoire nous dira les choses".

 

Que voulez-vous, ils sont comme ça à l’UMP. Nicolas Sarkozy a eu beau dénaturer la droite en faisant ouvertement sauter la digue avec le Front national, on continue de le regretter, on souhaite secrètement qu'il revienne. 

 

Une droite qui se cherche, sur terres du FN

 

Et comment mieux lui rendre hommage qu’avec ce clip de campagne des législatives, qui va encore plus moin que celui de l’entre-deux tours des présidentielles qui distillait l’image d’un panneau où il était écrit "Douane" en Français et en Arabe. Fini les images subliminales, l’UMP fait le grand saut et ne se voile plus la face :

 

 

Invraisemblable pêche au gros dans l’océan de la Marine : "Il faut dire 'non' aux prières de rues, 'non' aux menus religieux dans les cantines", "le débat sur la burqa", "je suis contre le droit de vote des étrangers", "il faut sanctionner plus durement les récidivistes"… Grandeur dans la caricature. Le "blues Marine" de l’UMP.

 

À titre personnel, je le regrette. Dans ma conception des choses, la vision partisane doit s’estomper et seul le travail au service des Français doit l’emporter sur les visions partisanes. Mais tant que l’UMP voguera sans vergogne dans les eaux du Front national et en épouse les grands principes, tant qu’elle s’évertuera à faire de la division le vent qui souffle dans sa voile, alors non, je renoncerai à travailler avec cette droite-là : cette droite qui regrette Nicolas Sarkozy et qui sombre dans le "blues Marine" ; cette droite qui s’abîme et tire à boulets rouges sur les valeurs de notre République. Les marins exaspérés de voir leur droite ainsi prostituée doivent se ressaisir et se démarquer pour ne surtout pas se laisser assimiler. 

Partager cet article

Repost 0
Published by Yves Delahaie - dans Législatives 2012
commenter cet article

commentaires

Présentation

  • : Les Nouveaux Démocrates
  • Les Nouveaux Démocrates
  • : Enseignant et essayiste. Auteur de La Croix et la bannière sur la rhétorique des intégristes à propos du mariage pour tous (Golias, novembre 2012) et de Mariage pour tous vs Manif pour Tous (Golias, mai 2015) Auteur également d'articles sur Prochoix, la revue tenue par Fiammetta Venner et Caroline Fourest (n°57,58,59, 63 & 66) Ancien membre du Conseil national du MoDem et candidat aux Régionales 2010 et législatives 2012. Démission du MoDem en octobre 2012. Blog d’un militant du Mouvement Démocrate (MoDem).
  • Contact

Recherche