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25 février 2013 1 25 /02 /février /2013 19:31

Les chiffres de la Commission européenne sont tombés comme un couperet, ce vendredi, en prévoyant une croissance de 0,1% pour 2013, pas si loin d’une récession donc, contre les 0,8% imaginés par le Gouvernement. Une projection qui annihile bien évidemment le secret espoir de descendre dès 2014 sous le seuil des 3% de déficit, tablant même sur 3,9. La France prend donc le risque d’être, en outre, sanctionnée par l’Europe pour ne pas avoir respecté le calendrier prévu.

Est-ce pour autant surprenant ? Mais qui donc peut être surpris de telles nouvelles ? Tout le monde savait parfaitement que les prévisions de croissance brandies lors de la présidentielles par les équipes de François Hollande étaient illusoires et fondées sur une hypothétique croissance retrouvée. Oubliant que pour la doper, il fallait mettre de l’ordre dans nos finances. Comme l’a fait l’Allemagne depuis 2002.

élections

Depuis deux ans, nos voisins outre-Rhin ne se demandent plus comment ils doivent faire des économies, mais s’ils doivent continuer sur la même ligne pour se prévenir de l’avenir ou commencer à redistribuer le fruit de leurs efforts. Un choix de « privilégiés », qui mais n’est dû qu’à une politique de rigueur et d’austérité depuis une décennie. Tout ce que la France s’est interdit de faire continuant à singer la cigale, en espérant des hivers doux. Douces illusions en vérité qui nous laissent dépourvus en pleine crise aiguë.

Aujourd’hui, le gouvernement continue avec un culot monstre d’accuser le lustre précédent pour expliquer les chiffres d’aujourd’hui, laissant entendre que ce refrain ne lassera personne pour les cinq années à venir. Comme s’il n’avait découvert la situation qu’en mai 2012. Comme s’il ne savait pas quel était l’état de nos finances publiques. Comme si Didier Migaud, socialiste, n’occupait le poste de Président de la Cour des Compte, lui qui fut nommé en 2010 par… Nicolas Sarkozy !

A ce jeu débilitant de désigner le coupable, il n’est pas bien sûr que l’on puisse trouver un gagnant entre les Assemblées nationales détenues depuis 10 ans par la droite avant 2012, et tous échelons locaux par la gauche durant la même période.

Et analyser la situation à l’aune de la dernière décennie revient à regarder par le petit bout de la lorgnette : qui ne sait que ce sont toutes les politiques, qui se sont enchaînées depuis trois décennies, qui ont puisé cet abîme étourdissant de la dette ? Toutes les formations qui ont occupé le législatif ou l’exécutif sont concernées : du PS au RPR en passant par l’UMP et l’UDF, les Verts et les Communistes : qui peut s’enorgueillir de ne pas être au moins en partie responsable de la situation ?

Certains ont le beau rôle de dire « on vous avait dit la vérité, et on ne nous a pas écoutés », à l’image de François Bayrou, le Cassandre préféré des Français. Mais qui dit que les solutions proposées pour autant par le Béarnais dans son programme de 2007 et surtout de 2012 auraient rectifié le tir ? Le Président du MoDem a toujours excellé dans le diagnostique, bien moins pour les solutions apportées. Surtout quand on sait qu’il fut 4 ans ministre lui aussi, sous Balladur puis Juppé. Difficile dès lors de s’exonérer de toute responsabilité.

La seule formation, malheureusement qui peut dire qu’elle n’a jamais participé au jeu de massacre, c’est le Front National. Et Marine Le Pen de rire aux éclats et de mener tout le monde par le bout du nez jeudi soir dans Des paroles et des actes.

Elle peut rire l’héritière. Depuis le temps que l’on dit que tôt ou tard, les Français comprendront que le jeu de l’alternance aboutit à l’abêtissement global et à l’endettement de tous, alors le mal sera fait. Et chacun pourra alors accuser son voisin d’avoir casser la digue républicaine, occultant avec pudeur que ses propres incompétences sont au moins autant responsables. Surtout quand les immenses espoirs placés en eux sont noyés par le manque de courage.

Faut-il en arriver à espérer que les municipales offrent au FN quelques mairies, pour montrer que les exemples de Vitrolles ou de Toulon, même s’ils remontent trop pour faire peur, étaient loin d’être des accidents, mais la conséquence directe d’une ligne politique, économique et sociale désastreuse ?

Quand on en arrive à espérer que le FN puisse démontrer son incompétence, histoire de l’éradiquer des esprits, l’on se dit que l’heure est grave. Qu’a donc à perdre le gouvernement, à titre personnel, à faire preuve de courage quand on sait que l’inépuisable jeu de l’alternance le boutera hors des beaux palais du pouvoir ? Et si l’enjeu était cette fois-ci la République ?

Publié sur Médiavox le 25 février 2013

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Published by Yves Delahaie - dans Editos média vox
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  • : Les Nouveaux Démocrates
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  • : Enseignant et essayiste. Auteur de La Croix et la bannière sur la rhétorique des intégristes à propos du mariage pour tous (Golias, novembre 2012) et de Mariage pour tous vs Manif pour Tous (Golias, mai 2015) Auteur également d'articles sur Prochoix, la revue tenue par Fiammetta Venner et Caroline Fourest (n°57,58,59, 63 & 66) Ancien membre du Conseil national du MoDem et candidat aux Régionales 2010 et législatives 2012. Démission du MoDem en octobre 2012. Blog d’un militant du Mouvement Démocrate (MoDem).
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