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21 janvier 2013 1 21 /01 /janvier /2013 15:56

Il est amusant de se pencher à nouveau sur les « débats » qui ont animé la présidentielle. Les guillemets s’imposent puisque je rappelle que d’une part les deux principaux protagonistes ont refusé l’exercice proposé par Nicolas Dupont Aignan et repris par François Bayrou. D’autre part, la cocasserie de la droite actuelle est d’exiger un débat sur le mariage pour tous, alors que Hollande est élu, et que cette mesure correspond même à son 31ème engagement et que les mêmes n’étaient visiblement pas si pressés d’en débattre à ce moment-là…

Toujours est-il que s’il y eut tout de même un point sur lequel le débat fut vif, ce fut celui de l’école. Dès la primaire socialiste, on vit même s’écharper la premier secrétaire du PS de l’époque, Martine Aubry avec celui qui deviendra le Président de la République, notamment sur le bûcher des 70000 postes crées dans l’Education nationale d’ici 2017. Avec la promesse de réformes.  

Réformes de quoi ?

Du temps de travail des enseignants, principal serpent de mer qui est censé expliqué l’effondrement du niveau de connaissance et de culture générale des élèves de France.

Des rythmes scolaires même si l’on sait pertinemment que le Gouvernement ne diminuera pas les vacances d’été pour mettre en crise le secteur du tourisme, l’un des rares à vivre encore de sa prospérité en ces temps difficiles.

Du numérique qui doit s’imposer partout comme si les technologies modernes faisaient office de remèdes miracles…

Et puis… c’est tout.

Vincent Peillon n’a finalement rien proposé de nouveau, ni même de modifications. Oubliant que l’échec de notre école n’est pas celui des professeur mais bien celui des performances des élèves. Et que cette baisse générale, qui se vérifie tant dans la maîtrise de la langue que dans les mathématiques ou bien encore en termes de culture générale, provient de l’abandon brutal de la transmission du savoir.

Peillon.JPG

Cette erreur hystérique est à la charge entière des pédagogistes qui ont sévi pendant trois décennies, Philippe Mérieu en tête, lui qui est devenu vice-président de la Région PaCA pour le soulagement des authentiques pédagogues.

Pendant tout ce temps, l’on constatait le niveau qui baissait sans entreprendre la moindre réforme de fond. Tout d’abord en niant les faits et en prétendant que les élèves savaient aujourd’hui faire des choses différentes (mais le temps ne fait rien à l’affaire de la maîtrise des fondamentaux !).

Puis en plaçant des pansements sur des plaies béantes ou en cassant le thermomètre, car il était entendu que si le niveau baissait, il suffisait de remonter artificiellement les notes pour donner l’illusion du bonheur.

C’est en ce sens qu’a été mis en place le socle commun des connaissances et des savoir-faire, imaginé en son temps par Valérie Giscard d’Esteing, mais qui au lieu d’être un socle minimal de connaissances communes est devenu un socle commun de connaissances minimales. 

De la même manière, on a instauré au collège une note de vie scolaire pour gratifier l’assiduité et le comportement. Une simple note qui vaut autant pour le trimestre qu’une moyenne de mathématiques ! Aujourd’hui un élève est à l’heure et connaît sa table de 4 et l’on crie au génie…

De tout cela, Peillon ne pipe mot, maniant la chèvre et le chou, donnant raison aux pédagogistes lors de la remise de rapport, mais instaurant sur le terrain un statu quo qui fait décolérer le camp d’en face. Le pragmatisme à la Lang persiffleront certains.

Et pour apaiser les susceptibilités de chacun, on crée des postes par milliers alors que les concours peinent à recruter des candidats faute de vocation. Dans un tel capharnaüm, où l’enseignant en a perdu sa mission première qui est tout de même de transmettre des connaissances, on peut le comprendre.

Alors aujourd’hui quand on se demande impatiemment quand sera réformée l’école, nul n’est besoin de préciser que ce n’est pas encore pour maintenant le changement.

 

Publié le 21 janvier 2013 sur Mediavox

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Published by Yves Delahaie - dans Editos média vox
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  • : Les Nouveaux Démocrates
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  • : Enseignant et essayiste. Auteur de La Croix et la bannière sur la rhétorique des intégristes à propos du mariage pour tous (Golias, novembre 2012) et de Mariage pour tous vs Manif pour Tous (Golias, mai 2015) Auteur également d'articles sur Prochoix, la revue tenue par Fiammetta Venner et Caroline Fourest (n°57,58,59, 63 & 66) Ancien membre du Conseil national du MoDem et candidat aux Régionales 2010 et législatives 2012. Démission du MoDem en octobre 2012. Blog d’un militant du Mouvement Démocrate (MoDem).
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