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21 mai 2012 1 21 /05 /mai /2012 09:05

Audrey Pulvar et Louis Aliot (montage Le Plus / BENAROCH/BAZIZ CHIBANE/SIPA)

Audrey Pulvar et Louis Aliot (montage Le Plus / BENAROCH/BAZIZ CHIBANE/SIPA)

 

Le moins que l’on puisse dire, c’est que l’année électorale 2012 aura été marquée par un sursaut journalistique. Tenus coupables d’avoir banalisé le FN en multipliant les invitations de courtoisie auprès de Marine Le Pen, les médias étaient souvent accusés de faire le jeu du parti fondé par Jean-Marie Le Pen et de participer à son installation dans le champ républicain. Toute invitationdevint suspecte.

 

Le précédent Lapix

 

Mais l’année 2012 marquera un tournant. C’est Anne-Sophie Lapix qui lança le bal sur Dimanche Plus en mettant devant les yeux de la France entière Marine Le Pen face à ses contradictions et ses égarements économiques. On a tendance à l’oublier mais qui sait si ce genre de mise en scène n’a pas contribué à refroidir une partie de l’électorat du FN concernant le volet économique de sa candidate, au point que cette dernière enterra sa proposition de sortie de l’euro en fin de campagne ?

 

Alors certains diront que la journaliste avait été pugnace, trop pugnace et qu’elle avait montré un visage qu’elle ne réserve qu’à Marine Le Pen. Anne-Sophie Lapix s’en était expliquée dans une interview, où elle révéla que Marine Le Pen n’était pas une invitée politique comme les autres : "Je n'ai pas été plus agressive avec elle qu'avec les autres invités, mais elle prend les gens de haut. Si vous regardez bien, quand je lui parle elle lève les yeux au ciel, ou balaie ce que je dis de la main. Les autres invités ne font pas ça."

 

Aliot esquive...

 

Ce samedi, ce fut au tour du numéro 2 du Front national, Louis Aliot de tomber sous les griffes d’une autre journaliste pugnace, qui avait parfaitement préparé son propos. Et l’instant est d’autant plus savoureux que cette femme a souvent été accusée de ne pas être à sa place, en sa qualité de "compagne de". Je parle bien évidemment d’Audrey Pulvar dans "On n’est pas couché".

 

L’entrée en scène du vice-président du FN commença par une incongruité, puisque c’est la première fois que l’on fit se croiser à la sortie des coulisses deux invités politiques et que l’on filma l’instant. Un instant volé qui n’a rien de fortuit : Harlem Désir, l’ancien Président de SOS racisme, aujourd’hui Numéro 2 du PS se retrouva nez à nez avec son homologue du FN qui avait annoncé sur tous les médias sa volonté de couper les sources à l’association si Marine Le Pen venait à l’emporter. On vit comme une hésitation chez Harlem Désir, bien que vu de dos. Mais, sentant le traquenard des caméras omniprésentes, il n’eut d’autres choix que de serrer la main à son adversaire. Dans un froid qui glaça le dos à tous les spectateurs. Ambiance.

 

Puis l’interview put enfin débuter. En bon avocat, Louis Aliot esquiva assez bien les premiers coups : sur l’affaire des néo-nazis au Parlement grec ("une curiosité en Europe" en précisant que le FN ne pourrait pas faire alliance avec un tel parti au parlement européen), sur l’étiquette d’extrêmisme qu’il rejeta en évoquant la francisque reçue par un ancien président… sans citer son nom, ou encore sur sa volonté de triompher sur les cendres fumantes de l’explosion de la droite.

 

La joute avec son collègue de barreau Maître Dupond-Moretti fut autrement plus hargneuse mais ce dernier arriva avec un tel visage de haine, que son argumentation sembla perdre en efficacité.

 

Aliot titube...

 

C’est donc du côté d’Audrey Pulvar qu’il fallut voir Louis Aliot tituber quelque peu. Tout commença par un trébuchement sur l’affaire Merah et la double nationalité (à partir de 15’56).

 

Louis Aliot Vs Polony & Pulvar 1 [POL] Ruquier... par peanutsie

 

Œdipe refit donc surface. L’homme serait donc éternellement responsable des actes et délits de ses prédécesseurs. Louis Aliot a trop entendu le procès de Marine Le Pen avec des chefs d’inculpations qui concernait le père pour ne pas rester sans voix. Mais sans doute faudrait-il rappeler à l’avocat qu’avant d’enchaîner sa rhétorique, encore dût-il se renseigner sur son contradicteur. Car, non seulement Audrey Pulvar n’a jamais assimilé, elle, les dérapages de son père aux positions de Marine Le Pen durant la campagne, mais c’est bien cette dernière qui agita le spectre d’un papa indépendantiste, comme le rappela la journaliste.

 

La preuve en images :

 

MLP, Pulvar et le père... Vidéo snoopyves1 sélectionnée dans Actualité

 

 

L’arroseur était arrosé. Louis Aliot en bafouilla donc sur la double nationalité de Merah, ce qui fit dire à Audrey Pulvar que ce devait être certainement la partie "algérienne" qui avait alors posé problème… Déjà le numéro deux du FN n’en menait pas bien large.

 

... puis se couche

 

Mais le coup le plus rude était à venir quand Audrey Pulvar décida de parler de l’IVG de confort (à partir de 9’25)

 

Aliot Clash Dupond-Moretti & Pulvar 2 [POL]... par peanutsie

 

On se souvient que durant cette campagne l’affaire de l’IVG de confort avait fait grand bruit notamment après un clash avec Pascale Clark qui avait qualifié l’expression de "dégueulasse" à l’antenne de France Inter.

 

À partir de quand une femme a-t-elle trop avorté ?

 

Jamais on ne sentit Louis Aliot à l’aise sur la question et, pour cause : il fut mis dans les cordes dès la première question qui consista à définir ce qu’était l’"IVG de confort". Grand moment de solitude pour ce rugbyman perpignanais, incapable de définir une notion autour de laquelle s’articulait un des points les plus polémiques du programme de Marine Le Pen lors de la présidentielle : le déremboursement des "IVG de confort".

 

Comme il l’avait fait sur France Inter, il se réfugia derrière une interview du "Figaro Magazine" ("Ah, vous citez les grands philosophes", ironisa Pulvar provoquant l’hilarité du public et des autres invités) pour asseoir la notion. Plus il tentait de se dissimuler derrière "les vrais spécialistes", plus il s’égarait, ce qui fit dire à la journaliste, fort à propos et d’une salutaire pugnacité : "Pourquoi utiliser cette expression si vous ne savez pas quoi mettre derrière ?" ou encore "vous reprenez un terme que vous ne savez pas expliquer".

 

L’instant en était presque gênant pour Louis Aliot qui répèta à l’envi "je ne sais pas moi", laissant Pulvar déclencher l’upercut fatal qui démontra l’absurdité même de ce concept :

 

"À partir de quand considère-t-on qu’une femme a trop avorté ?" La foule applaudit ce coup décisif à la toute fin du temps règlementaire.

 

Le "Demandez à un médecin, il vous répondra" ressembla fort aux trois coups de la main frappés au sol pour demander la fin du combat. Ruquier reprit la main. Mais c’était trop tard : six mois après sa compagne, Louis Aliot venait lui aussi de tomber KO. 

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Published by Yves Delahaie - dans Du Front National
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Présentation

  • : Les Nouveaux Démocrates
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  • : Enseignant et essayiste. Auteur de La Croix et la bannière sur la rhétorique des intégristes à propos du mariage pour tous (Golias, novembre 2012) et de Mariage pour tous vs Manif pour Tous (Golias, mai 2015) Auteur également d'articles sur Prochoix, la revue tenue par Fiammetta Venner et Caroline Fourest (n°57,58,59, 63 & 66) Ancien membre du Conseil national du MoDem et candidat aux Régionales 2010 et législatives 2012. Démission du MoDem en octobre 2012. Blog d’un militant du Mouvement Démocrate (MoDem).
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