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4 novembre 2013 1 04 /11 /novembre /2013 14:32

La photo de famille en avait surpris plus d’un. La noce avait été célébrée en grande pompe du côté de Marseille, quelques jours avant les Universités du PS en guise de pied de nez. « Jetez-nous des grains de riz », lançait alors hilare l’entremetteur Vincent Peillon pour lancer « L’espoir à gauche ». Oui à gauche. Pourtant, aux côtés de Christiane Taubira, Daniel Cohn Bendit ou encore Robert Hue, c’est une figure connue du centrisme qui fait sensation : Marielle de Sarnez, l’âme sœur de François Bayrou.

A l’époque, emportée dans son élan, celle qui fut si proche de Giscard, avait alors expliqué que « les lignes (devaient) bouger. Nous avons tant à faire ensemble ! » lançait-elle alors à une foule conquise, invitant « à ne pas jouer les uns sans les autres ou les uns contre les autres. »

Sa diatribe contre Nicolas Sarkozy et le néo-libéralisme avait clairement séduit Robert Hue, l’ancien secrétaire national du… parti communiste (!) mais aussi les cadres socialistes, Rebsamen lui rétorquant à la tribune “Tu as mis la barre à gauche”, à la fois mi surpris, mi admiratif. 

De son côté Patrick Menucci, qui s’attaquera à la mairie de Marseille en mars prochain, avait exprimé la même impression, avec un humour qui a dû en défriser plus d’un : “Finalement, il faudrait mettre Marielle de Sarnez à la place de Martine Aubry !

2009… Si loin, si proche. C’était le temps où François Bayrou expliquait sur les tribunes, avec une foi inébranlable, la main sur le coeur : “Nous avons dit aux Français : l’affrontement clanique d’un camp contre l’autre n’est pas l’avenir de la France !

C’était donc le temps où le MoDem voulait changer la France, changer la politique, changer même la langue, en gommant discrètement le mot “gauche” pour lui préférer le terme “progressiste”.

 

Oui mais c’est c’était avant.

Quatre années sont passée. Quatre années d’échec, certainement. De louvoiement surtout. Cette semaine, le MoDem a décidé de se renier, en pratiquant la terre brûlée. Lui qui avait construit son fragile édifice sur la volonté de transcender les logiques partisanes a décidé de rebrousser chemin et de célébrer ses noces avec l’UDI. Dans le panier de la mariée, les Européennes.

Mais la belle famille est dure à assumer pour l’UDI et notamment pour ceux qui avaient décidé, parfois depuis 2007 de travailler avec la gauche, comme à Lille ou à Dijon.

Et il y aussi ceux qui, à la force de leur travail quotidien d’élu, ont pu remarquer les habitudes et les valeurs des uns et des autres, leur permettant de savoir très clairement avec qui travailler pour représenter au mieux les valeurs du Mouvement, et surtout être au service des Français.

actu-politique-Robert-Hue-Vincent-Peillon-Francois-Rebsamen.jpg

Mais voilà, l’homme qui refusait les luttes intestinales claniques, ne l’entend plus de la même oreille.

Jean-François Martins, son ancien directeur de campagne pour la présidentielle 2012 en fera les frais. Refusant de se voir imposer Nathalie Koscisko Morizet comme candidate, bien qu’elle lui proposait une place au chaud, a fait le choix des valeurs en choisissant de soutenir celle qu’il estime le plus à même d’être dans l’intérêt des Parisiens. Sa décision, dans la plus logique tradition du MoDem, de celle qui le voyait même discuter avec les communistes, le crucifie au piloris. A peine sa décision annoncée, il fut suspendu avant d’être exclu du Mouvement. Pour avoir voulu soutenir la gauche. Non parce que c’est la gauche, mais parce qu’à ses yeux, les valeurs et le projet l’emportaient sur les étiquettes partisanes. Le Programme dans le texte des Universités d’été de Seignosse en septembre 2007 pour poser les fondations du Mouvement.

Clan contre clan, retour au bercail. UDF.

Dans 2012 Etat d’urgence, le président du MoDem écrivait : “Cette bipolarisation, cette guerre des deux, porte en elle le crétinisme de la démagogie. » Avant de prédire : « Si la guerre des deux perdure, c’est la certitude de l’échec et, partant, la certitude du clash.« 

Force est de constater, qu’aujourd’hui en 2012, François Bayrou n’a plus peur de lu crétinisme de la démagogie, ni de la certitude de l’échec, et encore mois celle du clash.

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Published by Yves Delahaie - dans Editos média vox
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  • : Les Nouveaux Démocrates
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  • : Enseignant et essayiste. Auteur de La Croix et la bannière sur la rhétorique des intégristes à propos du mariage pour tous (Golias, novembre 2012) et de Mariage pour tous vs Manif pour Tous (Golias, mai 2015) Auteur également d'articles sur Prochoix, la revue tenue par Fiammetta Venner et Caroline Fourest (n°57,58,59, 63 & 66) Ancien membre du Conseil national du MoDem et candidat aux Régionales 2010 et législatives 2012. Démission du MoDem en octobre 2012. Blog d’un militant du Mouvement Démocrate (MoDem).
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