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27 mars 2012 2 27 /03 /mars /2012 19:59

Quand on est militant et que l’on vit au cœur de la campagne, l’on a parfois la désagréable de vivre un événement tout autre que celui qu’en relate la presse. Étrange paradoxe de voir ce que l’on a vu, entendu, ressenti et ce que les "professionnels de l’information" choisissent de sélectionner. Il faut dire que l’on n’assiste pas à la même chose.

 

François Bayrou, en meeting au Zenith de Paris, le 25/03/2012. (ALFRED/SIPA)

François Bayrou, en meeting au Zenith de Paris, le 25/03/2012. (ALFRED/SIPA)

 

Dimanche 25 mars, au Zénith de Paris, pour le lancement de la campagne officielle de François Bayrou, les militants étaient dans la salle, nombreux, à écouter leur candidat pendant que les journalistes avaient déjà le discours entre les mains, tapé, et qu’ils rédigeaient déjà leur papier dans les coulisses sur leur ordinateur. Pas toujours évident alors de retranscrire la teneur d’un message empourpré de la fièvre du militantisme quand on œuvre en marge de la manifestation.

 

La presse n'était pas au même meeting que moi...

 

Seul "le Petit Journal" se glisse dans la foule. Mais avec quelle perfidie ! En cachant du doigt le logo du "Petit Journal" ou en le cachant sur le ventre. Ou encore en plaçant des perches (micros en hauteur) au-dessus de la tête des militants, sans leur demander leur avis, derrière le dos, pour capturer ces moments que l’on déforme à loisir à l’antenne. C’est parfois drôle. Mais il n’est pas sûr que l’engagement politique sincère des militants sorte grandi de ces moments.

 

Toujours est-il qu’en rentrant, on se précipite sur les images de l’événement, non pas tant pour replonger dans l’atmosphère, mais pour en saisir la perception de la presse afin de la comparer avec la nôtre. Et force est donc de constater le grand écart, en témoigne le reportage développé sur France 2 à 20h :

 

Bayrou au Zenith sur F2 Vidéo snoopyves1 sélectionnée dans Actualité

 

 

Le thème sécuritaire et la tuerie de Toulouse auraient donc hanté la journée des candidats et le reportage de passer l’extrait où François Bayrou évoque les questions légitimes que la République doit se poser, avec le temps, suite à ces événements. Un angle que choisit aussi la presse en ligne ici ou . Mais qui dira pourtant que le passage de Toulouse n’occupa qu’un petit paragraphe de sept lignes sur… les 18 pages du discours de François Bayrou ?

 

À la vérité, l’ombre de Toulouse ne hanta pas les travées du Zénith. La semaine avait été trop lourde, trop chargée d’émotions pour soutenir plus longtemps encore un deuil qui, parfois, sombre dans la fascination morbide, ou dans l’excitation cynique de la haine à la quête de bouc émissaires.

 

Et c’est bien au contraire un espoir que tenta d’apporter François Bayrou avec, ce qui est rare pour un président, l’agenda précis de ce qu’il fera les six premiers mois de son accession à la présidence de la République. Le reportage de France 2, l’évoque bien à la fin. Comme si cela avait eu moins de résonnance que tout le reste. Un miroir déformant de la réalité.

 

Bayrou a réussi à éloigner les oiseaux de mauvais augure

 

La politique a souvent l’habitude d’être bercée au son des promesses, déclinées au conditionnel ou au futur, qui annoncent des lendemains qui chantent quand le réveil est parfois d’une cruelle brutalité. Faute d’avoir prévu. Faute d’avoir planifié. Faute de s’être incarné dans la fonction présidentielle.

 

Ainsi, rappelant que "le redressement va demander un effort soutenu, de rigueur, de sérieux, de persévérance", François Bayrou a commencé par rassurer tous ceux qui, oiseaux de mauvaise augure, se posent des questions sur les capacités du Béarnais à rassembler autour de lui un gouvernement. Et de donner la seule recette digne de réconcilier les Français avec l’action politique : un gouvernement resserré, des personnalités choisies non sur leur étiquette, mais sur leurs compétences et une société civile au moins renforcée pour faire bénéficier de leur savoir-faire. Et François Bayrou de choisir en exemple l’Italie :  "C’est le choix qu’a fait Mario Monti, dont les premiers mois donnent à espérer à tous ceux qui aiment l’Italie."

 

Puis viendra alors le temps de la législative et de la proposition de référendum populaire, dès juin. Un référendum qui ne portera pas sur la peine de mort, comme le souhaitent les professionnels de la haine, ou sur la misère sociale, comme les spécialistes de la division. Un référendum qui, le 10 juin, rassemblera les Français autour d’une éthique et de valeurs communes : la moralisation de la démocratie.

 

Puis, n’attendant pas les calendes grecques pour mettre en œuvre l’assainissement de nos finances publiques, et promettant que les élus n’auraient pas de vacances cette année, une proposition qui fit sourire jaune le carré VIP, mais qui fut accueilli par un tonnerre d’applaudissements dans la salle, François Bayrou propose qu’avant le 14 juillet, le gouvernement prépare une loi de finances rectificative qui portera en particulier sur des économies dans le fonctionnement de l’État, la création d’un point de TVA et l’abaissement des niches fiscales.

 

Faire en somme en un mois, ce que l’Etat a négligé de faire depuis 30 ans.

 

Pour doper l’emploi, dans les mêmes délais, un loi permettant aux PME de créer un emploi sans charge (sous condition de pérennité) sera proposée et la réflexion devant aussi faire sa place au milieu de l’action, pour que celle-ci ne soit pas précipitée et impulsive comme ce fut trop souvent le cas sous l’ère Sarkozy, un Commissariat aux stratégies de production permettra de mettre autour de la table, filière par filière, les représentants des salariés et les acteurs du financement de l’économie pour décider ensemble des inflexions à venir et des engagements à prendre.

 

L’été sera exceptionnellement placé sous le signe du travail puisque diverses mesures d’urgence sont au programme, comme celle de la suppression de la caution pour les locataires et la création d’une mutuelle obligatoire pour les risques locatifs.  

 

Puis s’égrainent quelques mesures phares pour le premier semestre et parmi elles, trois précisément qui, si elles ne coûteront aucun argent, et il sera par là même d’autant plus aisé à les mettre place, n’en demeurent pas moins… révolutionnaires. Et ô combien salutaire pour notre République malade.

 

Bayrou au secours de l'éducation

 

Le Grenelle de l’éducation dont les conclusions seront rendues avant la fin de l’année 2012, et qui poseront véritablement les authentiques questions. Pas la ridicule polémique des moyensinstrumentalisée par Hollande puisque les budgets seront sanctuarisés. Pas l’insultante question du temps de travail des enseignants puisque le décret de 1950 sera la règle unique.

 

Mais les orientations pédagogiques, avec un retour sans concession à la transmission du savoirsans pour autant sombrer dans la nostalgie d’une école d’antan qui n’existe que dans les fantasmes, puisqu’à la liberté pédagogique redonnée aux professeurs (garantie aussi par la pluralité d’une première année de formation retrouvée) sera mise en débat le serpent de mer des rythmes scolaires. Avec de véritables solutions apportées par les professionnels eux-mêmes (et qui sur ce point ne peut que se faire qu’avec les professionnels du Tourisme).

 

À l’automne, le gouvernement soumettra également au Parlement une loi sur la presse qui traitera de l’indépendance des médias, particulièrement des médias publics, de la protection des sources, des droits et devoirs des journalistes... Pour qu’enfin cesse cette promiscuité insoutenable qui fait des grands industriels les patrons influents des grands médias. Pour qu’enfin soit respectée une pluralité d’expression et non une équité théorique qui se révèle être une escroquerie. Pour qu’enfin, le patron de France Télévisons ne soit pas le fruit du choix du roi, mais la garantie d’une nomination dont l’indépendance sera le corollaire.

 

Enfin, pour que l’égalité ne soit pas un mot vain, François Bayrou entend faire voter une loi sur l’égalité hommes-femmes, qui traitera de la parité politique, même si elle existe avec le peu de résultat qu’on lui connaît (18,5% des députés seulement, entre autre), de l’égalité salariale, un point noir en France, des violences conjugales, une priorité nationale. 

 

Hollande, Sarkozy, Mélenchon et les autres ont-ils proposé leur agenda sur lequel ils pourraient être jugés ? À eux de jouer à présent. 

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Published by Yves Delahaie - dans Présidentielles 2012
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  • : Les Nouveaux Démocrates
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  • : Enseignant et essayiste. Auteur de La Croix et la bannière sur la rhétorique des intégristes à propos du mariage pour tous (Golias, novembre 2012) et de Mariage pour tous vs Manif pour Tous (Golias, mai 2015) Auteur également d'articles sur Prochoix, la revue tenue par Fiammetta Venner et Caroline Fourest (n°57,58,59, 63 & 66) Ancien membre du Conseil national du MoDem et candidat aux Régionales 2010 et législatives 2012. Démission du MoDem en octobre 2012. Blog d’un militant du Mouvement Démocrate (MoDem).
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