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26 juin 2012 2 26 /06 /juin /2012 09:25

Il fallait s'y attendre. Le gouvernement Ayrault n'a pas eu le temps de respirer après l'annonce de son mini-remaniement que son état de grâce, si tant est qu'il y en ait eu un, s'évapore pour offrir une bien triste réalité : la France n'a plus un sou dans les caisses.

D'abord vendre du rêve
 
Mais comme il faut continuer à vendre du rêve, il faut agir avec finesse. En tapinois, diront certains. En apparence, on respecte les promesses du programme tenu part François Hollande de sa campagne en garantissant une augmentation du SMIC, les 25% de plus pour la prime d'allocation rentrée et bien évidemment les postes dans l'éducation nationale.

Mais l'examen à la loupe permet de dégrossir le trait : l'augmentation du SMIC annoncé à 2% n'est en réalité que de 0,6%, puisque la loi prévoit qu'il augmente quoi qu'il arrive à hauteur de l'inflation, soit 1,5%. Le bénéfice pour les salariés à plein temps n'est donc que de 0,5%, soit 7 euros bruts par mois. Un eldorado qui fait pâle figure, comme le regrettent les syndicats.

 

Pour ce qui est de l'éducation, la prime d'allocation de rentrée sclaire et la création de postes (enfin surtout la non-suppression dans le secondaire puisque seuls 280 postes d'enseignants ne seront en réalité nouvellement ouverts au collège et au lycée sur l'ensemble du territoire), en revanche l'addition est plus salée. Aussi explique-t-on que les autres ministères devront se serrer la ceinture. Ces mêmes porte-feuilles qui sont tenus par des ministres qui souhaitent être le moins impactés possible, comme l'expliquait, pour le logement, Cécile Duflot au Grand Jury RTL dimanche soir.

 

Bref, ce sera à celui qui tirera le plus fort sur la nappe au risque de tout faire tomber.

 

Puis jouer les surpris

 

Mais l'arme suprême de la communication gouvernementale reste la tactique de la patate chaude. Et comme je l'avais pressenti alors même que j'invitais les citoyens à choisir Hollande, ou plus exactement à refuser à Nicolas Sarkozy, un deuxième quinquennat après la gabegie de son premier et après qu'il a fait les poches du FN, la gauche joue les offusqués en prétendant découvrir la réelle situation de la France. Comme un seul homme, De Belkacem à Cahuzac, on explique que l'ardoise était dissimulée :

 


Cahuzac et Précresse s'écharpent sur le bouclier...par LeNouvelObservateur

Qui peut un seul instant croire en ce fallacieux argument ? Tous les candidats à la présidence savaient parfaitement que la France était endettée et que son budget ne laissait aucune marge de manœuvre.

 

C'est en ce sens que François Bayrou avait décidé d'avoir un discours de vérité en expliquant, jour après jour, qu'aux belles promesses électoralistes succéderont immanquablement des lendemains qui déchantent. N'avait-il pas prévenu que les projections de croissance sur lesquelles se fondait le programme socialiste étaient beaucoup trop optimistes par rapport à celles effectuées par les instituts les plus fiables sur la question ?

 

Et enfin copier Bayrou

 

Rien n'y fit. On préféra, goguenard, le grimer en Cassandre ou en Super austère, afin de flatter le chaland. La dissimulation fut payante, puisque le Béarnais fut battu quand les enchanteurs eurent le vent en poupe (et que l'UMP ne claironne pas sur le refrain du "on vous avait prévenu" quand son propre programme n'était pas plus équilibré). Mais avec quelle conséquence pour la France ?

 

La réalité, et tout le monde s'accorde à le reconnaître, c'est que dissimulée, empaquetée ou bien maquillée, l'austérité s'imposera et s'impose déjà d'elle même dès à présent. Et le PS ne pourra pas éternellement se cacher derrière le piteux bilan de son prédécesseur pour justifier les mesures qu'il devra prendre. Et ce pour une raison très simple : son programme prétendait en tenir compte et détenir la solution.

 

François Hollande n'a finalement pas d'autres choix que d'adopter peu ou prou les précautions choisies par François Bayrou lors de la campagne présidentielle tout en se déculpabilisant en pointant du doigt Nicolas Sarkozy. Le tour est grossier. D'autant qu'il n'y a que deux mois seulement qu'il est élu. Il est déjà le temps de trouver autre chose...

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Published by Yves Delahaie - dans L'important c'est la rose
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  • : Les Nouveaux Démocrates
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  • : Enseignant et essayiste. Auteur de La Croix et la bannière sur la rhétorique des intégristes à propos du mariage pour tous (Golias, novembre 2012) et de Mariage pour tous vs Manif pour Tous (Golias, mai 2015) Auteur également d'articles sur Prochoix, la revue tenue par Fiammetta Venner et Caroline Fourest (n°57,58,59, 63 & 66) Ancien membre du Conseil national du MoDem et candidat aux Régionales 2010 et législatives 2012. Démission du MoDem en octobre 2012. Blog d’un militant du Mouvement Démocrate (MoDem).
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