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26 décembre 2011 1 26 /12 /décembre /2011 19:48

Les 500 parrainages sont bien pire que Sodome et Gomorrhe. Madame Boutin est prête à tout sacrifier, y compris ses croyances droitières. Elle alla ainsi se vendre à Martine, avant de partager son lit avec Olivier. Diantre, les saints sont en émoi ! Et en période de festivités de la nativité. Tout se perd.

 

Christine Boutin lors de la présentation de son programme pour l'élection présidentielle le 5 décembre 2011 (M. BUREAU/AFP)

 Christine Boutin lors de la présentation de son programme pour l'élection présidentielle le 5 décembre 2011 (M. BUREAU/AFP)

 

C’est sous ce titre ubuesque de "Besancenot-Boutin : même combat ?" que "la bigote qui radote" (serait-ce le quatrième volet de notre Martine du Plus ?) a tenu à mettre en exergue son combat intergalactique contre les forces du Mal qui l’empêchent de se présenter à la présidentielle. Et Satan se terre sous un nom que d’aucuns n’oseraient prononcer sans avoir des problèmes : Nicolas Sarkozy. Le 666 de Boutin.

 

Une histoire de bombe nucléaire qui fait peser une terreur sur toute la terre. Même en Iran on a tenté de donner un parrainage à la Boutin, en vain. C’est dire si la guerre froide, c’était la Guerre des Boutons à côté !

 

Quand le PCD séduit le NPA

 

Madame Boutin a en tous cas mis les petits plats dans les grands pour séduire Olivier : elle a pastiché sa lettre qu’il avait envoyée à Martine Aubry mercredi dernier. Remplacer Aubry par Copé et vous aurez votre œuvre. Tout juste s’est-elle permise de laisser, encore une fois, une horrible faute d’accord qu’elle semble, par négligence, attribuer au fondateur du NPA : "c'est vous les électeurs qui devaient décider" !

 

 

Récidiviste, car l’intrigante s’était déjà fait prendre la main dans le pot du subjonctif avec la conjonction "après que". Alors, pour celle qui clame haut et fort que l’école c’est la Berezina de Sarkozy, il faudrait un minimum de crédibilité.

 

Pour autant, les situations d’Olivier Besancenot et de Christine Boutin sont-elles comparables ?

 

Tout d’abord, il serait bon de noter qu’Olivier Besancenot fait tout, mais tout, pour discréditer la candidature du NPA. En effet, alors qu’il a tenu à ce qu’un militant de son parti rompe avec le culte de la candidature éternelle du postier à la manière d’Arlette Laguiller, c’est bel et bien lui qui prend les devant sur l’affaire des 500 signatures et qui prend la plume. Il faut dire que Philippe Poutou n’a pas fait une entrée médiatique des plus glorieuses. Mais à voir l’ancien candidat aux avant-postes encore ce week-end pour défendre les agents de Roissy ou encore pour les sans-abris comme au JT de France 2 dimanche soir, on se demande qui fait véritablement campagne au NPA.

 

Qui est le plus légitime ?

 

Mais au-delà de cette querelle de personnes, et alors que chacun se demande qui des 14 candidats présumés passera à la trappe de la limite des 500 signatures, la quête du NPA et du PCD sont-elles aussi légitimes l’une que l’autre ?

 

Le problème est en tous cas identique : Copé d’un côté et Aubry de l’autre font obstacle à ce que des élus de chacun des deux grands puissent apporter leur parrainage afin qu’aucune voix ne leur échappe. Aucune voix, alors qu’il ne s’agit que de parrainages ? Il faut bien comprendre que le spectre du 21-avril plane sous ses "oukazes", vocable utilisé non sans provocation par Olivier Besancenot.

 

Les petits candidats avaient affaibli le score de Jospin en 2002, même si sa bérézina personnelle était avant tout à mettre sur les insuffisances de sa campagne, malgré son déni qui relève dusupplice de Tantale. Mais dans un élection qui verra quatre candidats s’opposer pour les premières places, certains parient non sans lucidité sur un scrutin on ne peut plus serré :

 

 

 

Et dans ce contexte, toutes les voix compteront. Presque double. Aussi, voir un candidat, aussi mineur soit-il, disparaître et redistribuer de facto quelques millions de bulletins, ce n’est pas une mince affaire, déjà que l’on est prêt à se fâcher avec la Turquie pour moins que cela.

 

La différence est tout de même de taille. On peut ainsi être parfaitement en désaccord avec le NPA, et je le suis profondément. Car je ne partage ni son idéologie utopique, ni ses arrangements avec la laïcité qui divisent au sein du parti.

 

Mais c'est justement sur ce domaine très précis que tout le monde semble en harmonie dans le parti de Christine Boutin. Tout le monde s’accorde à rompre avec les principes républicains : en remettant en cause l’IVG au nom du caractère sacré de la vie, puisque le programme du PCD prévoirait de conférer au fœtus un statut légal (conditionnel même si la formulation ne laisse guère de doute : "protéger l’embryon").

 

La même Boutin qui préconise une "saine" laïcité comme si celle appliquée par la loi de 1905 était malsaine. La même qui demande que soit intégrée dans la Constitution européenne, conformément aux vœux sans cesse renouvelés par le Vatican, la mention d’ "initiative citoyenne" au niveau européen qui permette à l’Union européenne d’affirmer clairement ses racines judéo-chrétiennes" pour "montrer ainsi que l’Europe n’est pas une terre en jachère, une terre de conquête pour des cultures qui ne partagent pas notre vision de la primauté de la personne humaine, de la liberté d’expression et de la démocratie."

 

Le NPA a des propositions républicaines

 

Madame Boutin se pose en fossoyeur de la laïcité faisant porter les valeurs et les revendications d’une minorité à la hauteur de la Nation, des demandes intégristes et communautaristes qui sont en contradiction totale avec notre République, qui est une et indivisible.

 

Le NPA a certainement dû laisser-aller dans sa conception de la laïcité. Mais il est une différence entre une négligence qui fait heureusement débat au sein d’un parti et un pari qui en chœur défend une position communatariste pour l’imposer à l’ensemble de la Nation.

 

Déjà lors de l’affaire "Benetton", Madame Boutin avait montré que le blasphème n’avait pas sa bénédiction dans un pays qui l’a dépénalisé depuis la Révolution française.  Madame Boutin n’a pas abandonné ses marottes comme son combat délétère contre l’introduction de la notion de genre dans les programmes de SVT.

 

Le programme de Madame Boutin n’est pas anodin : il vise à rechristianiser la France. Et tous les élus qu’ils soient maires ou sénateurs, conseillers régionaux ou généraux doivent comprendre que donner un parrainage à Madame Boutin, c’est offrir un bâton de pèlerin à une croisade qui n’a rien de républicaine.

 

Alors Besancenot/Boutin, même combat ? Assurément pas. Je combattrai de toutes mes forces pour que le NPA fasse le score le plus bas possible car ses positions et son programme feraient reculer l’économie et la position de la France. Mais ses positions font partie du champ républicain, même si je n’approuve personnellement pas toujours les méthodes qui sont employées pour lutter.

 

A l’inverse, la démarche de Madame Boutin est autrement plus dangereuse : en redéfinissant la laïcité et en voulant christianiser tant la constitution française qu’européenne, Madame Boutin propose un destin autrement plus révolutionnaire pour la France. Et ceux qui acceptent qu’elle concoure avec les autres candidats pour la Présidentielle devront assumer que ce personnage folklorique à défaut d’être dangereux au vu des sondages puisse se présenter à la présidentielle. 

 

En d'autres termes, si la bigote qui radote venait à ne pas se présenter faute de parrainages, la république et la démocratie n'en seraient pas pour autant atrophiées et souillées. Bien au contraire.

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  • : Les Nouveaux Démocrates
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  • : Enseignant et essayiste. Auteur de La Croix et la bannière sur la rhétorique des intégristes à propos du mariage pour tous (Golias, novembre 2012) et de Mariage pour tous vs Manif pour Tous (Golias, mai 2015) Auteur également d'articles sur Prochoix, la revue tenue par Fiammetta Venner et Caroline Fourest (n°57,58,59, 63 & 66) Ancien membre du Conseil national du MoDem et candidat aux Régionales 2010 et législatives 2012. Démission du MoDem en octobre 2012. Blog d’un militant du Mouvement Démocrate (MoDem).
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