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7 janvier 2013 1 07 /01 /janvier /2013 15:51

Ce sera une première depuis 2006… Pensez donc : il n’y a pas eu depuis lors une seule année sans une voire deux élections ! Pas moins de 9 scrutins qui n’ont finalement laissé aucune famille politique prendre le soin de se poser, de prendre son temps et de penser un programme. A peine une élection avait-elle rendu son verdict qu’il fallait déjà penser à gagner la suivante.


Dans ces conditions, nul ne se s’étonnera de la pauvreté du débat lors de la dernière présidentielle, notamment entre les deux formations qui se sont affrontées au premier tour, du brassage de chimères pour l’une, à la valse avec la force obscure pour l’autre. L’année 2013 pourrait être celle de la réflexion mais aussi des promesses. Encore que…

Au PS, on doit chérir ce moment, à l’heure où les côtes de popularité et de confiance sont au plus bas. Le parti de la rose n’a plus mordu la poussière depuis les Européennes de 2009, où Europe Ecologie Les Verts avait failli le reléguer au troisième rang. Quatorze mois sans élections, et donc sans la pression des urnes devraient donner l’entière liberté d’agir, d’oser l’audace surtout que la gauche est majoritaire dans les deux Chambres. Mais étrangement, François Hollande et son équipe paraissent frileux comme jamais, redoutant… quoi au juste ? Les courbes des sondages ? Ou bien les élus locaux qui craignent pour leur poste aux municipales ?

2013.jpg
 

 

La situation aurait pu être profitable à l’UMP mais elle a décidé depuis novembre de revêtir les oripeaux de la droite la plus bête du monde. Et nul doute qu’à ce petit jeu-là , elle a remporté le gros lot avec l’ubuesque élection de la présidence du parti. La droite rejouera le match à la fin de l’année 2013… Un calendrier périlleux, à quelques semaines des municipales. D’ici là, il sera cocasse d’observer comment l’UMP pourra être crédible et légitime avec à sa tête un président à épithète, le président « contesté »…

Redevenu troisième force politique du pays depuis les régionales 2010, le FN a connu une année faste. Mais il sait aussi que ses étoiles ne brillent qu’en période électorale. Entre temps, il faut fédérer. Et il est toujours difficile de composer dans une écurie qui abrite tout et son contraire. Le Front national a toujours été une auberge espagnole qui tente de concilier des positions antagonistes. Et la situation est même aggravée depuis le passage de flambeau car les anciens du parti, représentés par Gollnisch, sont loin de partager tous les combats de Marine Le Pen, à commencer par la laïcité, pour un parti qui compte encore nombre de catholiques intégristes qui défileront notamment la semaine prochaine aux côtés de Civitas. D’ailleurs le sujet d’un mariage pour tous a laissé transpirer quelques fractures… Finalement le seul sujet sur lequel tout le monde s’accorde reste la croisade contre l’islam. Cela sera-t-il suffisant pour présenter des équipes unies pendant quatorze mois ?


Entre ces trois grands, deux destins tentent de se faire un nom. Celui de Mélenchon, même si on entend ici ou là que le PC souhaiterait reprendre quelque peu son indépendance par la force d’un Pierre Laurent qui semble s’être émancipé depuis quelques mois. En tapant si fort sur Hollande, l’extrême gauche a renoncé de facto à toute participation gouvernementale. N’a-t-elle pas eu les yeux plus gros que le ventre ?


Au centre, la gabegie règne, avec l’UDI qui se présente comme parti godillot de l’UMP tentant de prendre sa place maintenant qu’elle a perdu la tête. Et le MoDem qui n’a plus que son chef comme porte-drapeau. Et qu’est le MoDem sans Bayrou si ce n’est son écho ? Les deux formations centristes n’auront d’autres choix que de faire des alliances. Ou de s’allier entre elles. Mais sur quelles valeurs communes ? Ou plus exactement en faisant fi de quelles divergences ?


Même sans scrutin, on le voit, les partis devront travailler sans relâche, tant pour construire leur ligne idéologique que pour se refaire, pour certains, une virginité. Tout reste donc à écrire.

Publié le 7 janvier 2012 sur Médiavox

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Published by Yves Delahaie - dans Editos média vox
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  • : Les Nouveaux Démocrates
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  • : Enseignant et essayiste. Auteur de La Croix et la bannière sur la rhétorique des intégristes à propos du mariage pour tous (Golias, novembre 2012) et de Mariage pour tous vs Manif pour Tous (Golias, mai 2015) Auteur également d'articles sur Prochoix, la revue tenue par Fiammetta Venner et Caroline Fourest (n°57,58,59, 63 & 66) Ancien membre du Conseil national du MoDem et candidat aux Régionales 2010 et législatives 2012. Démission du MoDem en octobre 2012. Blog d’un militant du Mouvement Démocrate (MoDem).
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