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25 avril 2008 5 25 /04 /avril /2008 17:25

Alors que les lycéens s’essoufflent dans la rue, les professeurs des écoles entrent en scène pour dénoncer le projet de réforme du primaire. Une réforme que beaucoup jugent nécessaire. Mais que les syndicats contestent vertement. Qu’en est-il exactement ?

Le constat qui s’impose est que l’école ne fonctionne plus : classée au 14ème rang européen , La France ne cesse de dégringoler, déplorant année après année, la pauvreté accrue du vocabulaire, la non-maîtrise des temps de l’indicatif et des tables de multiplication. Plus de 15% des élèves arrivent en 6ème en étant illettrés, victimes expiatoires d’un collège unique qui ne leur offrira aucune seconde chance. Quand on consacre le plus gros budget de l’Etat à l’Education Nationale, celle-ci a le devoir de justifier de son efficacité. Ce n’est malheureusement plus le cas. La quantité d’encadrement a pris la place sur la qualité. Le pire c’est qu’au sein des  IUFM, l’on persiste à refuser ce sombre tableau, par peur d’avouer son échec.  

Car dans l’esprit, il faudrait être un « pédagole » jusqu’au-boutiste pour nier que l’école est malade. Et pendant de longues années, l’on a couvé le malade, le bourrant de médicaments et autres placebos tous plus inefficaces les uns que les autres. La maladie en question est pourtant des plus pernicieuses, de celle qui accentue les différences sociales, là où l’école est républicaine est censée les endiguer : l’illettrisme.

Aujourd’hui les études se suivent et s’interpellent formulant de concert le même et unique message : les élèves français souffrent de carences tant en terme de lecture et de compréhension que de calcul. Il n’y a qu’à voir la piètre prestation de notre Ministre lors du Grand Journal de Canal pour s’en convaincre…

 

 

Les élèves entrent aujourd’hui en sixième sans savoir lire à haute voix, sans buter sur chaque syllabe ou encore en prenant un mot pour un autre comme la méthode globale qui a initié leur apprentissage à la lecture les y invite. Pour un élève de collège, « dessiner » se confond avec « destiner », de même que « infecter » et « infester »,  « consommer » et « consumer », « dénué » et « dénudé » par la simple ressemblance du radical. Ce que l’on nomme en français le paronyme (ressemblance graphique entre deux mots qui peut amener le lecteur inattentif à les confondre) est devenu le meilleur ennemi des salles des classes, sans que l’on s’en émeuve outre mesure dans les IUFM. La pauvreté du vocabulaire de nos têtes blondes est consternante et est même encouragée par quelques zélés de la pédagogologie (maladie très grave) qui estiment que l’essentiel est de comprendre dans son ensemble. Certains élèves en 3ème , ayant derrière eux 9 années de cours de français maîtrise de manière active moins de mots qu’un étudiant non francophone d’origine ayant pris le français en LV1 après 4 ans de collège. Il est même à se demander si, parfois, ils ne connaissent pas davantage de mots anglais que de mots français.

Les raisons sont diverses et toutes plus accablantes les unes que les autres : la diminution lente et progressive du nombre d’heures consacrées à la langue et au calcul pour laisser place à l’EPS, aux Arts ou à des ateliers diversifiés (Itinéraire de découverte, TPE, DP3, Orientation, cours de sexualité, journée préventive contre le tabac et les drogues…). Pour donner un simple exemple, un élève de terminale a en 2008 assisté à autant d’heures de français qu’un élève de 5ème il y a 20 ans !

Mais la quantité ne compensera jamais la qualité. Et en la matière, l’on ne peut être non plus pleinement satisfait. Quand Mérieux s’inquiétait des méfaits des devoirs à la maison trop accablants dans la gestion des différences sociales, les pédagoles en ont déduit que les devoirs à la maison devenaient illégaux. Et ces fous furieux de colporter l’information de manière à ce que personne ne l’ignore. Quel professeur n’a-t-il pas entendu un élève lui dire qu’il n’avait pas « le droit » de donner des devoirs ! Il faut dire que sur la notion de « droit » et de « devoir », les élèves sont parfaitement à la pointe de la modernité grâce aux innombrables heures consacrées généreusement à la « citoyenneté ».

 

 

Pour toutes ces raisons et bien d’autres encore, l’école accouche d’élèves mal formés, ne maîtrisant ni la langue ni les bases du calcul. Pourtant, l’on ne saurait trop le répéter : un citoyen qui ne maîtrise pas sa langue est un citoyen qui ne pense pas.

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Published by Snoopyves - dans De l'éducation
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  • : Les Nouveaux Démocrates
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  • : Enseignant et essayiste. Auteur de La Croix et la bannière sur la rhétorique des intégristes à propos du mariage pour tous (Golias, novembre 2012) et de Mariage pour tous vs Manif pour Tous (Golias, mai 2015) Auteur également d'articles sur Prochoix, la revue tenue par Fiammetta Venner et Caroline Fourest (n°57,58,59, 63 & 66) Ancien membre du Conseil national du MoDem et candidat aux Régionales 2010 et législatives 2012. Démission du MoDem en octobre 2012. Blog d’un militant du Mouvement Démocrate (MoDem).
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