Mercredi 13 février 3 13 /02 /Fév 17:56

Décidément, Jean-Louis Borloo nous aura tout fait. Après avoir prétendu avoir voté pour le PaCS quand en réalité, il s’était abstenu en 1998, le président de l’UDI a de nouveau défrayé la chronique mardi alors que se votait en première lecture le projet de loi de l’ouverture des droits au mariage et à l’adoption.

  

 

Cela fait des mois que Jean-Louis Borloo avait déclaré vouloir voter pour l’adoption de cette loi, à l’image de quelques barons de son parti qui avaient signé une tribune remarquée dans "Le Monde". Mardi, Jean-Louis Borloo a trouvé le moyen de se tromper de bouton et de voter "contre", quelques minutes après avoir déjà été à l’origine d’un tohu bohu inimaginable, vexé qu’il était de ne pas voir le Premier ministre en personne lui répondre (ce qui valut un "abrutis" aux députés de l’UDI de la part de Claude Bartolone, pourtant peu enclin à ce genre de sortie et respecté de tous, même dans l’opposition).

Jean-Louis Borloo a-t-il voulu se venger en modifiant son vote ou s'est-il trompé ? Les rumeurs enflent quelques minutes après le vote. 

Très vite sur Twitter, les railleries n’ont pas manqué, au départ pour exprimer la circonspection face à ce volte-face, puis pour moquer l’erreur de Jean-Louis Borloo…

Le président de l’UDI a fini par faire rectifier le vote, et, surtout s’est fendu d’un tweet pour calmer le jeu :

 

  Capture-d-e-cran-2013-02-17-a--17.57.56.png

 

Pour autant, cette sortie potache est à l’image de ce que l’UDI a montré durant ce débat : un parti sans ligne d’horizon. Un flou incompréhensible que ses membres ont nommé "liberté de conscience" sur le vote, comme l’a vociféré (au vu du ton) à l’hémicycle François Rochebloine, face à une majorité qui scandait "Bor-loo, Bor-loo, Bor-loo"), samedi 2 février dernier en plein débat sur le vote de l’article 1 :

"J’ai dit ‘la très grande majorité’ ! Nous, nous avons la liberté de vote, et vous, vous ne l’avez pas ! C’est cela qui importe !"

Le problème de l’UDI n’est pas d’avoir revendiquer une liberté de vote, ce qui est en soi parfaitement acceptable. Le problème de l’UDI sur ce projet de loi est d’avoir accepté le fait que le parti et ses militants étaient divisés sur la question, tout en laissant seulement les opposants les représenter à la tribune.

From.JPG

Ainsi, Jean-Christophe Fromantin a pris la tête d’une véritable croisade, alors que Jean-Louis Borloo passait de temps en temps à l’assemblée sans ne rien dire. De la même manière, quelques instants avant le vote, Jean-Christophe Fromantin a bien rappelé que l’UDI était partagé sur la question, mais l’ensemble de son discours fut une charge lourde, très lourde sur la loi :

"Sachez que la quasi-totalité des députés du groupe UDI se mobiliseront avec détermination contre cette évolution qui marquerait une étape supplémentaire dans le droit à l’enfant. Les Français ont-ils réalisé vers quoi ce texte nous emmène ? Je n’en suis pas du tout convaincu. Votre projet de loi aboutira finalement à deux questions que poseront inévitablement les enfants : ‘D’où je viens ?’ et ‘Pourquoi je n’ai pas de papa ou pourquoi je n’ai pas de maman ?’"

Et Jean-Christophe Fromantin de conclure :

"Vous estimez que ces questions ne méritaient pas de réponses. Elles sont pour nous essentielles. C’est la raison pour laquelle la majorité des députés du groupe UDI votera contre ce texte."

 

Le centre n'a pas existé dans le débat

 

Finalement, les discours des opposants de l’UDI ont calqué leurs arguments sur les réquisitoires de l’UMP. Et Jean-Louis Borloo, un des seuls à voter "pour" a trouvé le moyen de se tromper de bouton… L’UDI, tous comme les deux députés MoDem n’ont jamais trouvé leur place dans ce débat, à l’image de Jean Lassalle qui aura fait rire aux éclats l’Assemblée le 6 février dernier :

 

Expliquant par la suite être "à la fois déchiré et empreint d'enthousiasme" concernant le vote de cette loi, personne ne comprit ce qu’il ferait. Il aura fini par voter "contre"… Ce qu'aurait fait François Bayrou, qui s'enorgueillit de revendiquer un "mariage Canada Dry". Hors sujet. 

Le centre n’aura donc pas existé sur une loi historique, que ce soit en la soutenant ou en s’y opposant. Une position illisible sur une question tranchée qui ne laisse personne indifférent. Le centre ne sait toujours pas comment se positionner et tarde à trouver une identité… Ou de la théorie de la quadrature du cercle. 

Par Yves Delahaie - Publié dans : Le mariage aux homosexuels
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Mardi 12 février 2 12 /02 /Fév 17:55

Rien n’y fait. Vincent Peillon a beau faire le tour de France et des médias pour convaincre les enseignants de la nécessité de sa réforme des rythmes scolaires, les rangs de l’éducation nationale compteront des grévistes ce mardi.

Des mouvements de grève qui, il faut bien l’avouer ne sont pas forcément bien perçus à l’extérieur de la corporation. La faute, évidemment aux clichés qui restent collés aux basques des professeurs de la fonction publique. La faute aussi à un mot d’ordre assez flou de la part des syndicats puisqu’ils s’opposent aux rythmes scolaires, mais aussi à la réforme globale de Vincent Peillon, et à la rémunération. Bien que légitimes, ces revendications s’entrechoquent et nuisent au message qui est envoyé aux Français.

 

Peu de mobilisations dans les collèges et lycées

 

C’est sans doute une des raisons pour laquelle la grève ne mobilisera pas autant que certains le voudraient. D’ailleurs, centrées sur le primaire, les revendications ne mobilisent guère dans les collèges et les lycées, avec des personnels qui peuvent même se sentir étrangers à ces manifestations.

À titre personnel, j’ai toujours eu du mal à trouver dans ces grèves, qui soit dit en passant ne sont pas si nombreuses que la croyance populaire veut bien le croire, des raisons d’espérer d’elles quoi que ce soit. 

Partant des seuls représentants syndicaux, qui ont davantage tendance à annoncer le mouvement qu’à consulter leur base, ces mouvements n’ont jamais véritablement abouti à quelque chose de palpable, si ce n’est, au pire, un statu quo. Ce qui dans l’état de délabrement de l’école, et des conditions de travail des enseignants revient à un retour en arrière. Aussi, mes élèves auront le déplaisir de me voir leur dispenser savoirs et connaissance ce mardi.

Cela montre-t-il que Vincent Peillon n’est pas si contesté que les médias semblent l’annoncer ? La question est en réalité complexe.

 

À quand l'application des promesses ?

 

La personnalité même du ministre ne pose pas de problèmes majeurs. Et pour cause. Il fut nommé après un quinquennat durant lequel se succédèrent Xavier Darcos qui résumait la mission des instituteurs de maternelle à "faire faire des siestes à des enfants" et à "leur changer les couches", puis Luc Châtel qui eut le bon goût de scander lors de son discours de la rentrée 2010, censé apaisé le climat : "Notre école a moins besoin de grands soirs que de petits matins quotidiens".


Forcément, à côté de ces deux éléphants dans le magasin de porcelaine de la rue de Grenelle, qui rappelèrent un autre illustre "lourdaud" qui voulait dégraisser le mammouth (comme quoi, ce n’est pas nécessairement un problème de clivage partisan), Vincent Peillon apparaît comme plus respectueux de la corporation. Rappelant sans cesse ce que l’on doit aux enseignants, comme il le fit dans sa lettre aux personnels en juin dernier 

"Nous savons aussi la force de votre dévouement, la passion et la vocation qui vous animent pour instruire, éduquer, servir une certaine idée de la France, de la République et de l'humanité."

Pour autant, Vincent Peillon, dans la lignée de François Hollande avait promis monts et merveilles. Des embauches, de la formation et des réformes. Mais aussi de la concertation.

Sur les embauches, la promesse est clairement en passe d’être tenue, mais en laissant croire que la refonte de l’éducation nationale se résume à une question de moyens, ce qui est un cache-misère.

 

Quels efforts pour la formation des enseignants ?

 

La formation initiale, qui avait été atomisée par les équipes de Nicolas Sarkozy, est quant à elle loin de satisfaire les néo-titulaires. À la rentrée 2013, les heureux détenteurs du CAPES auront encore pas moins de 15 heures de cours à charge, en plus de leur formation.

Si Sarkozy leur avait fixé cette charge à 18 heures (c’est-à-dire un emploi du temps complet), notons qu’avant 2007, les stagiaires n’avaient que 6 heures de cours, couplés à 12 heures de formation par semaine pour assimiler progressivement les arcanes du métier.


Certes, l’IUFM était loin d’être la panacée, avec une idéologie pédagogiste moribonde et une équipe de formateurs désignés par cooptation d’amicales relations (en guise d’efficaces références). Pour autant, là où il fallut modifier le système pour le rendre plus efficient, la droite le fit disparaître… Il n’est pour l’heure qu’un halo vaguement ressemblant au début d’une formation…

Enfin les réformes. On n’entend parler que de celle des rythmes scolaires. Si la Chine vient de fêter le passage dans l’année du serpent, nul doute que cette question pourrait pleinement prendre part au défilé. Car rarement l’on aura vu de serpents de mer aussi gros, parole de moussaillon sur le pont du collège.

 

Le serpent de mer des rythmes scolaires

 

Si la Chine vient de fêter le passage dans l’année du serpent, nul doute que cette question aurait pu pleinement prendre part aux festivités. Car rarement l’on aura vu de serpents de mer aussi gros, parole de moussaillon sur le pont du collège.
 
Que les emplois du temps des élèves, et notamment des plus jeunes, puissent être rendus plus efficaces, nul n’en doute. Mais un tel paravent ne pourrait cacher la nature profonde de l’abyssal abîme dans lequel est tombé le premier budget de France : l’abandon de la transmission des savoirs, des connaissances et surtout, surtout des exigences, tant du point de vue de la performance scolaire que du comportement à tenir dans l’enceinte des établissements scolaires. Surtout à une époque où les élèves se couchent en plein cœur de la nuit dans une chambre qui ressemble en tous points à une succursale de Darty. Accabler l'école, en l'accusant de perturber le rythme biologique des enfants est donc, dans ce contexte, une fumisterie du plus mauvais goût.

 

Peill

Et de cela, Vincent Peillon ne fournit qu’un charabia lyrique, une logorrhée polie mais floue comme un loup, un brouillamini que le philosophe manipule à grands coups de rhétorique, comptant sur le vague et le fumeux pour faire illusion. À l’image de ce qu’il fit – déjà ! – en pleine présidentiellequand on lui demanda d’expliquer le projet de François Hollande :

"Il va donc falloir envisager une revalorisation matérielle et morale du métier d'enseignant. Mais en même temps il faudra faire évoluer la définition du métier, de ses tâches, de ses obligations, des services. C'est la feuille de route que m'a donné François Hollande, avec une double exigence : le seul critère, c'est l'amélioration de la réussite pour tous les élèves, et la seule méthode c'est, à partir d'objectifs clairs assumés par le politique, la concertation et la négociation."

Alors Vincent Peillon a beau faire une danse du ventre aimable, en redoublant de déférence et d'obséquiosité à l’égard de la profession, il semble nous rejouer la partition de Jack Lang : des louanges et du vent. C’est un peu tendre en bouche, quand le menu s’annonçait fastueux. 

 

Publié sur le Nouvel Obs le 12 février 2013

Par Yves Delahaie - Publié dans : De l'éducation
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Lundi 11 février 1 11 /02 /Fév 16:05

Que reste-t-il des fabuleux espoirs nés en novembre 2010 après le départ de Ben Ali et le triomphe de la révolution ? Deux ans plus tard, les islamistes ont pris le pouvoir, et un de leurs opposants les plus vindicatifs,Chokri Belaïd, a été froidement assassiné cette semaine, instaurant un climat d’incertitude et de tensions extrêmes. Samedi, à peine 3000 manifestants pro-Ennahda ont défilé pour soutenir le gouvernement en place, et notamment le maintien des Ministres islamistes.

L’effet domino constaté au Maghreb et au Moyen-Orient a bien apporté la démocratie dans des pays étranglés par des dictatures, où la liberté des citoyens était circonscrite à la parole des dirigeants. Pour autant, une vision simpliste de la situation avait fait oublier que les islamistes, c’est-à-dire, puisqu’il faut à tout prix cesser avec les impropriétés liées à l’utilisation de ce terme, ceux qui instrumentalisent la religion, à savoir l’islam, à des fins politiques, étaient largement contenus par les dictatures en place. N’oublions pas, ainsi, que c’est Nasser, en Egypte qui interdit les Frères Musulmans dès 1954, craignant notamment pour sa vie.

printempsarabes.jpg

Contrairement à ce que l’on a pu croire, bon nombre de pays arabes, bien qu’étreints dans des dictatures, avec une liberté limitée, ont vécu la fin du XXème siècle dans des Etats laïques. Mais pas une laïcité survenue comme en France après la sécularisation de l’Etat. Une laïcité contrainte, qui éreintait et traitait du même joug, les féministes ou les islamistes. Toute contestation au pouvoir était considérée comme un danger qu’il fallait éradiquer. Et ceux qui se revendiquaient de Dieu étaient, à ce titre, encore plus dangereux, pour le pouvoir des hommes.

Aussi, l’issue des printemps arabes était pour le moins prévisible. Dans ces états qui n’étaient toujours pas sécularisés, et qui n’avaient séparé loi et foi que par l’obligation, les islamistes ont presque réussi le grand chelem, s’engouffrant avec appétit dans les failles de la démocratie.

Beaucoup, en France ou ailleurs, continuent de regretter que la démocratie ait été donnée à des peuples « immatures », et qui n’étaient pas prêts à la recevoir. On peut le comprendre. Mais il faudrait ne pas refuser de voir la leçon que nous apportent ces révolutions à nos propres visions de la démocratie.

Oui, les révolutions arabes éclairent d’un jour nouveau cette idéologie, aveuglante, qui fait de la démocratie le nec plus ultra.

La démocratie n’aspire pas vers la vérité et l’égalité des citoyens : bien au contraire, elle ne fait que donner le pouvoir au plus majoritaire. Elle sert la majorité et fait fi des minorités, même si celle-ci se situe à 49%.

La République (à la française, s'entend) est infiniment plus ambitieuse : elle vise à corriger les inégalités autour de valeurs qu’elle a établies. C’est assurément plus subjectif, mais les risques de s’en remettre à la roulette russe s’amenuisent. Cela ne l’empêche pas de fonctionner avec des principes démocratiques, sans lesquelles toute liberté est impossible. Mais elle sait aussi, parfois, faire des choix qui ne plaisent pas au plus grand nombre mais qu’elle sait bénéfique pour le bien commun.

C’est ainsi qu’en France, on légiféra pour l’IVG en 1975, ou pour l’abolition de la peine de mort en 1981 malgré une opinion majoritairement défavorable.

Si la démocratie est un moyen de parvenir à la liberté et à l'égalité, elle n'est nullement une finalité en soi. Et à ce titre la République lui est largement supérieure : la seconde se fonde sur la première en lui imposant des valeurs pour le bien commun. 

Alors que ceux qui, aujourd’hui, et notamment pour des sujets de société (suivez mon regard) dressent la démocratie comme l’arme absolue, le référendum comme la panacée, ou encore l’affluence de la rue comme une vérité absolue, n’oublient jamais qu’au XXIème siècle, les pires régimes totalitaires ne naissent pas d’un coup d’état mais bien par les urnes.

 

Publié le 11 février 2013 sur Médiavox.  

Par Yves Delahaie - Publié dans : Editos média vox
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Vendredi 8 février 5 08 /02 /Fév 17:45

David Douillet est un homme à part. Une sorte d’OPNI : Objet politique non identifié. Quadruple champion du monde et double champion olympique de judo, l’homme aurait pu, comme bon nombre de ses collègues, faire profiter de ses dons aux espoirs français.

Las. Attiré par la politique, et par la finance, il finit par prendre des responsabilités à l’UMP, à l’époque sarkozyenne, avant d’être élu député dans le territoire des Yvelines. Secrétaire d’État chargé des Français à l’étranger, puis ministre des Sports, à une heure où le président d’alors pense compenser son déclin par la nomination d’un homme à la popularité conséquente. David Douillet n’aura donc pas atteint le zénith que sur les tatamis.

Taubi.jpg

Il ne l’aura pas non plus atteint dans la finesse et l’humanisme : en 1998, dans "L'Ame du conquérant", il déclare, toute virilité affichée :

"C'est la mère qui a dans ses gènes, dans son instinct, cette faculté originelle d'élever des enfants. Si Dieu a donné le don de procréation aux femmes, ce n'est pas par hasard"

Avant de conclure :

"On dit que je suis misogyne. Mais tous les hommes le sont. Sauf les tapettes ! 

Et à ceux qui se refusent à lire entre les lignes, le champion olympique avait cru bon de préciser que le terme "tapette" désignait "les hommes qui ne s'assument pas" 

Du Ronsard dans le texte.

 

Les records de goujaterie

 

Toujours est-il que ce grand politicien, au sens physique du terme s’entend, s’est surtout manifesté depuis l’ouverture du débat sur le mariage pour tous par son absence au mieux, ou pour les trois malheureuses fois où il est intervenu, ses digressions sur la GPA, la "gestation pour autrui", qui, rappelons-le, ne fait pas partie du projet de loi, ni des "territoires" de la majorité comme l’a maintes fois répété Christiane Taubira depuis dix jours.

Ce jeudi, il a battu les reccords de la goujaterie, de l'homophobie implicite ou encore du non-dit en évoquant la GPA dans d'autre pays et en parlant de ces bénéficiaires du dispositif en ces termes : "Pour des centaines d'euros, les ventres de femmes sont loués par des riches... euh, je veux pas les nommer."

Ne pas le nommer... On le comprend quand on se souvient en quel terme élégant, "les tapettes", il évoquait le non-dit par écrit. 

Et David Douillet de se laisser aller à une leçon de morale envers la garde des Sceaux sur son incapacité à répondre sur la question de la GPA, alors que le dispositif ne fait ni partie du projet de loi, ni de celui ayant trait à la loi sur la famille en mars prochain, et alors qu’elle a répété une trentaine de fois au sein de l’hémicycle qu’elle et la majorité étaient farouchement opposées à cette marchandisation du corps de la femme.

Une accusation insupportable pour la nouvelle coqueluche des Français, qui veille nuit et jour, à tout venant, contre ces opposants qui ne cessent de lui chercher des poux. Et la réponse fut cinglante :


On le voit, les réponses relèvent du pathétique. Avec la palme, mais il les collectionne depuis quelques jours, à Christian Jacob qui qualifie des mots écrits sur un livre, et qui restent donc signés dans la prospérité comme des "ragots de presse". Des ragots, des mots inscrits sur un livre, publié à des milliers d'exemplaires ?

 

Mauvaise foi de l'UMP

 

Si la France voulait avoir la confirmation de la mauvaise foi de l’UMP dans les débats, la voilà servie.

Cette même UMP qui ne défend pratiquement aucun de ses amendements et qui profite pour chacun de ses membres de ses deux minutes de paroles pour attaquer sans discontinuer. À l’image de Jean-Frédéric Poisson, héritier de Christine Boutin sur la Xe circonscription des Yvelines, qui malgré ses bonnes manières dans le débat, contrairement à Marc Le Fur ou encore à Philippe Gosselin qui se confondent en vocifération ou en accusations fallacieuses, conclut chacun de ses délires en aucun rapport avec ce qu’il a déposé au préalable par un sentencieux "l’amendement est défendu".

Encore heureux.

 Dans ce contexte, la résistance de Christiane Taubira n’est pas seulement digne, valeureuse ou encore courageuse. Elle est l’essence même de la République, qui consiste à combattre avec le glaive et l’épée les pourfendeurs de la liberté et de l’égalité.

 

Publié sur le Nouvel Obs le 8 février 2013.

Par Yves Delahaie - Publié dans : Le mariage aux homosexuels
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Mardi 5 février 2 05 /02 /Fév 17:43

Depuis plusieurs jours, les débats du mariage pour tous font rage. Le plus souvent, ce sont les heurts qui émaillent des débats qui font la une des médias. Il faut dire que le dispositif est exceptionnel et que l’ampleur du débat est à la hauteur du débat de société qui a secoué la France depuis six mois.

Rien que samedi matin, alors que la séance s’ouvrait tranquillement, il n’y eut pas une seule phrase de prononcée que la guerre était lancée. Madame Dalloz (UMP), première à prendre la parole, s’interrompt pour répondre à Madame Nieson qui l’invectivait d’un "ça commence mal" à l’aide d’un "ça commence comme je le souhaite, Madame"…

 

La guerre des nerfs a commencé

 

La guerre des nerfs a donc commencé et les nuits tardives, et parfois blanches comme celle de dimanche, ont laissé des traces. Et ce mardi après-midi, les nerfs ont lâché… dans le rire.

Ce fut d’abord Thomas Thevenoud d’ouvrir les hostilités en rappelant que la droite française était certainement la plus ringarde d’Europe, en comparaison notamment aux conservateurs anglais qui votent en ce moment même, et sans polémique, l’ouverture du mariage aux homosexuels. Il crut bon d’ajouter, dans l’hilarité générale, que la seule vertu du débat résidait dans la palette de couleurs affichée par les pulls d’Hervé Mariton qui, à ce rythme, fera apparaître toutes celles de l’arc-en-ciel.

 

Lui même riant, Mariton demanda à répondre de cette "attaque" personnelle, ce qu’il pourra faire en toute fin de séance. On imagine l’ambiance de la fin d’après-midi si on continue à parler chiffon.

Mais c’est surtout le fou rire de Christiane Taubira qui marquera les esprits et sa grivoiserie envers l’un des plus farouches présents au projet, l’un des plus présents aussi avec Hervé Mariton et Jean-Frédéric Poisson, Philippe Gosselin.


Il n’est pas sûr que l’Assemblée ait eu le souvenir d’une référence aux "petits bouts" d’un député faite par une Garde des Sceaux et encore moins de le justifier par l’élan qu’elle a eu à son encontre. Un passage mythique pour un débat historique. Histoire de montrer qu’on ne montre pas que les dents à l’Assemblée en ce moment.

Par Yves Delahaie - Publié dans : Le mariage aux homosexuels
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Mardi 5 février 2 05 /02 /Fév 10:34

Après six mois de débat ininterrompu sur la question du mariage pour tous, de monologues sourds qui ne pouvaient pas s’entendre, au point visiblement de lasser la majorité des Français pour qui cela a trop duré, les députés prennent donc le relais pour trancher. Net. N’en déplaise à Henri Guaino qui prétend que l’Assemblée n’est pas légitime pour trancher… contredisant le Conseil Constitutionnel qui disait exactement l’inverse en janvier 2011. Quand on sait que dans le même temps, Laurent Wauquiez prétend que le référendum peut s’appliquer sur les questions sociales contrairement à ce qu’il avait écrit dans son livre il y a dix ans, l’on comprendra davantage qu’à droite on ne puisse s’offusquer que Jean Sarkozy, fort de sa licence, puisse dispenser un TD à la fac.

Les premières journées furent rudes, fortes de la polémique de la circulaire sur la GPA. Christiane Taubira aura déjà eu l’occasion de faire taire tous ceux qui prétendaient qu’elle ne défendait qu’avec trop peu de conviction ce projet de loi en montrant une pugnacité et une dignité qui redonne ses lettres de noblesse à la politique. Pour autant il reste encore plus 3000 amendements à examiner à partir de mardi 16h…

taub.jpg

Sans vouloir rajouter de l’huile sur le feu sur la volonté manifeste d’obstruction de l’opposition, il serait tout de même intéressant de se pencher sur le portrait d’un des plus prolixes en la matière et qui défraye la polémique : j’ai nommé le bienheureux Jacques Bompard.

Assez peu connu du grand public, il a fait une entrée fracassante dans l’actualité avec des amendements proposant de légaliser la polygamiel’inceste ou encore en imposant le prénom de l’officier d’état civil à l’enfant afin de reconnaître le mérite de ces derniers… Des provocations qu’il a cru bon devoir justifier dans l'un de ses forfaits :

"Le gouvernement justifie l'élargissement du mariage aux couples de même sexe par l'existence de couples homosexuels et par l'amour que peuvent se porter ces personnes. Or, s'il poursuivait son raisonnement, le gouvernement devrait donc étendre à toutes formes de couples et à toutes formes d’amour la possibilité de contracter mariage".

On a peine à croire que pareil énergumène puisse si librement se moquer de la République en son sein. C’est mal se souvenir des débats de 1998, qui avait abouti aux mêmes incongruités à propos du PaCS. C’est aussi mal connaître Jacques Bompard.

Plantu a l’habitude de représenter les nauséabonds avec des mouches autour d’eux. Jean-Marie Le Pen a toujours été croqué de la sorte dans ses caricatures. Et on se souvient de la polémique qu’avait causée ces mouches quand elles avaient accompagné la figure du futur président de la République, Nicolas Sarkozy. Aussi, si l’on devait multiplier les mouches en fonction du degré de nocivité pour la République, nul doute qu’il faudrait rebaptiser Jacques Bompard, "Sa Majesté des Mouches".

Plantu-Sarko-Bayrou.jpg

Co-fondateur du Front National, l’Express rappelait il y a dix ans lors d’un portrait qu’il avait été de tous les combats de l’extrême droite en intégrant notamment l’occident et l’Ordre nouveau. Maire d’Orange, il est le seul des maires frontistes à avoir été réélu à la tête de sa ville (à Vitrolles les Mégret ont subi la foudre de la justice tandis qu’à Toulon Jean-Marie Le Chevallier ruina sa ville et ne fut même pas qualifié pour le second tour des municipales suivantes).

Son action à Orange est plutôt bien ressentie, sa gestion étant qualifiée de bon père de famille, lui qui n’a eu de cesse apprend-on de ranger son étiquette dans sa poche. Et ce même si on lui prête un caractère autoritariste et isolé.

D’ailleurs, bien que co-fondateur du Front National, il a fini par démissionner du parti après avoir critiqué la népotisme du Front familial (et l’histoire de la succession de la présidence lui donnera raison sur ce point…). Pour autant, Jacques Bompard n’a pas quitté pour autant les rangs de l’extrême droite qu’il a rejoints depuis sa jeunesse. Il a d’abord rejoint le Mouvement pour la France du si peu laïque Philippe De Villiers avant de fonder la Ligue du Sud dont il est le président actuellement.

Si on a pu voir le FN s’abîmer sur la question du mariage pour tous, au rythme d’une Querelle des Anciens et des Modernes, il n’en est rien de Jacques Bompard, qui est resté proche de Bernard Anthony, un autre ancien du Bureau national du FN, qui représentait la frange catholiques intégristes du parti.

Bomp2.jpg

Dès septembre, il tente de refaire de coup de Michel Pinton, un député UDF qui en 1998, était parvenu à faire signé plus de 15000 maires pour s’opposer au CUS (Contrat d’Union civil), ce qui contraint le gouvernement Jospin à reculer et à faire en sorte qu’aujourd’hui le PaCS ne se signe pas en mairie. Mapetition.fr pourtant échouera puisqu’à ce jour seulement 2175 élus l’ont signée, et tous n’étaient pas maires, puisque tous les élus pouvaient le faire…

On l’a vu aussi défendre ses positions notamment dans l’émission de la LCP "Ca vous regarde". Mais Jacques Bompard gardait son feu d’artifice pour les amendements, comme on l’a vu. Mais quelle source peut bien abreuver le député maire d’Orange pour manifester tant de détermination pour discréditer le projet de loi et pour insulter les homosexuels ?

Loin d’être tarie, cette source est puisée dans le même bénitier que Civitas.

Ainsi, on a pu voir le 18 novembre dernier, Jacques Bompard dans le cortège des élus du défilé de Civitas. Le Maire d’orange eut même l’occasion le lendemain de faire entendre sa colère à l’égard des Femen, qui loin d’attirer sa bienveillance face à la barabrie qu’elles ont subies, les fit passer pour les agresseurs.

Jacques Bompard n’est pas seulement un sympathisant de la cause intégriste. C’est un homme politique conscient que ses convictions intimes l’emportent sur les devoirs de la République. Et qui ne s’en cache pas. Comme en témoignent ces déclarations ahurissantes faites au site "La Porte latine" qui se revendique naturellement de la Fraternité Sacerdotale Saint Pie X, tout comme Alain Escada et son tristement célèbre institut :

"Aujourd'hui, la France et l'Europe sont coupées de leurs racines historiques et culturelles, mais elles ont également rompu les liens avec Dieu. Contrairement à l'actuel Président de la République, je ne suis pas de ceux qui pensent qu'il n'existe pas de loi supérieure aux lois humaines. L'Évangile est très clair là- dessus : il n'est pas de pouvoir qui ne vienne de Dieu.", affirma-t-il en 2004 (le président évoqué étant donc Jacques Chirac)

Puis le maire d’Orange d’enchaîner :

"Je pense tout d'abord qu'on ne peut pas se dire chrétien et mettre sa foi au vestiaire dans son action publique. C'est une schizophrénie que je ne comprends pas."

Un aveu qui n’est pas sans rappeler celui que fit Christine Boutin en 1998 au Nouvel Observateur : "Je suis catholique avant d’être élue".

Comme la République peut-elle laisser accueillir au sein de sa maison ses propres fossoyeurs ? Comment accepter qu’un élu de la République puisse clairement affirmer que sa foi est supérieure à la loi républicaine ?

Bomp1.jpg

Car, l’homme n’aime pas la République et encore moins ceux qui l’ont provoquée en atteste cette croix érigée dans la Ville d’Orange en mémoire de religieuses tuées sous la Révolution. On comprend mieux son rapprochement, un temps, avec le plus connu des représentants du Puy du Fou.

A vouloir s’agiter en tous sens, Jacques Bompard aura au moins eu le mérite d’attirer la lumière sur lui. Et montrer à ceux qui croyaient que les intégristes occupaient seulement le trottoir pour prier, ou avait raccroché en rangeant leur Bible dans leur sac comme Madame Boutin, qu’ils étaient encore là, parmi les 577 à décider de nos lois, de nos vies et du destin de notre République. 

Par Yves Delahaie - Publié dans : Le mariage aux homosexuels
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Lundi 4 février 1 04 /02 /Fév 16:03

Jeudi les syndicats de la fonction publique avaient appelé à la grève, notamment pour se plaindre du gel prévu de leur salaire. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que le mouvement est loin, très loin d’avoir obtenu l’écho souhaité.

Peu suivi, il passa surtout relativement inaperçu dans une actualité chargée, avec notamment le débat houleux à l’Assemblée nationale sur le projet de loi du mariage pour tous et la guerre au Mali. Et les rares à s’y être attardé ont cru bon de rappeler, qu’en moyenne, un fonctionnaire avait un salaire plus élevé qu’un salarié du privé. S’ils avaient voulu prétendre que cet appel à la grève était illégitime, force est de constater qu’ils ne s’y seraient pas mieux pris.

En ces temps de crise, le fonctionnaire est au monde du travail ce que le musulman est à Marine Le Pen : l’âne malade de la Peste. Improductif, inefficace, bardé de privilèges, le fonctionnaire serait à lui seul la seule raison de la faillite de notre Etat.

Chaque grève est vécue comme une provocation, une rupture de service, une prise en otage. Les  râleurs occultant de tirer la révélation faite par la gêne occasionnée par le débrayage : l’importance du service rendu au quotidien et qui parait « normal », derrière lequel se cache pourtant un salarié.

On peut comprendre que certains soient choqués de voir des fonctionnaires vouloir se mobiliser parce que leur salaire va être gelé à un moment où tout le monde est appelé à faire des sacrifices.

fonctionnaires.jpg

La divergence de perception vient du fait que l’on oublie que si les Français sont appelés à contribuer plus qu’à l’habitude depuis quelques mois, les fonctionnaires consentent à cet effort depuis bientôt une décennie. La réévaluation de leur salaire est systématiquement en dessous des chiffres de l’inflation pour la même période.

De la même manière, le fantasme du salaire moyen supérieur dans le public cache des disparités énormes avec des attachés territoriaux qui sont très en dessous de la moyenne ou encore des corps des métiers à niveau agent de maitrise ou cadre qui sont très sous côté à diplôme équivalent.

La seule explication de cette balance trompeuse en faveur des fonctionnaires réside dans l’évolution de carrière, souvent fondée sur le mérite dans le privé quand elle l’est  sur l’expérience dans la fonction publique. Et une expérience qui n’est jamais menacée eu égard à la sécurité de l’emploi. D’autres rappelleront aussi que les retraites du public sont calculées sur les 6 derniers mois d’exercice, un régime bien plus avantageux que celui qui lui fait face.

Cela est vrai. Pour autant, cela suffit-il à faire des fonctionnaires des privilégiés pour autant ? N’oublions pas que la fonction publique n’est pas réservée à des élus de Dieu ou d’ailleurs et que tous ceux qui s’estiment spoliés ont toujours la possibilité de passer des concours. Et de les réussir pour ainsi bénéficier de ce statut « si avantageux ».

Car si la carrière du fonctionnaire ne sanctionne pas toujours le mérite, le début de carrière ne peut débuter que par la sanction d’un concours sélectif. Et que ces concours sont ouverts à tous.

Par ailleurs, ce n’est pas parce qu’il y a des situations bien pire ailleurs qu’il faut accepter tout et n’importe quoi pour sa propre situation. Et tous ceux qui aboient aux loups, notamment vis à vis des professeurs, ces « feignasses » qui ne font que 18 heures par semaine et qui ont des vacances à ne plus savoir que faire, devaient quitter la machine à café autour de laquelle ils pérorent et persifflent, plusieurs heures par jour, pour venir ne serait-ce qu’une heure tenir un cours devant 30 collégiens immatures et pourtant éduqués par leurs propres âmes. Nous verrons s’ils tiendront aussi bien la route sans exprimer, un jour ou l’autre leur ras-le-bol.

La situation de crise a tôt fait de nous faire trouver des boucs émissaires et de dénoncer la situation du voisin. Le terreau dont se régalent les extrémistes, dont les sillons charrient la misère humaine et l’exaspération pour faire leur récolte. Bien au contraire, la dureté du moment impose à chacun le respect des situations et la prise en compte, avec empathie, de chacun. Seul ce respect permettra de faire face. Sans quoi après la crise viendra l’enfer.

 

Publié le 4 février 2013 sur Médiavox.  

Par Yves Delahaie
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Vendredi 1 février 5 01 /02 /Fév 17:41

De mieux en mieux. On pensait que les errements de nos politiques allaient enfin se circonscrire au Palais Bourbon, maintenant que les députés ont pris à bras le corps le projet de loi sur le mariage pour tous. Que nenni.

Après les amendements de Jacques Bompard voulant légaliser l’inceste ou la polygamie, laréinvention du droit constitutionnel par un Wauquiez que ses propres écrits sont venus contredire, c’est au tour de Bruno Gollnisch de faire tomber la chemise… Enfin plutôt la culotte, puisque le député européen a tout simplement montré ses attributs en pleine assemblée de conseil régional : 

  

Montrer pour dénoncer, "une habitude abjecte"

 

La raison de ce strip-tease d’un goût douteux ? Une réaction "rabelaisienne" pour manifester contre des subventions accordées à des groupes musicaux ayant fait du sexe une source intarissable d'inspiration : "La gauche socialo-écolo-communiste subventionne des sites informatiques classés comme pornographiques ou incitant à 'montrer son cul’".

Goll.jpg

Faut-il rappeler à cet élu de la République qu’il existe bien des moyens d’exprimer sa désapprobation et que celui consistant à mettre en pratique ce que l’on dénonce est pour le moins suspect ? Une habitude abjecte pour l’extrême droite quand on voit Jacques Bompard dénoncer les dérives possibles du "mariage pour tous" vers l’inceste… en proposant de la légaliser.

J’ai toujours été de ceux qui se sont offusqués du verrouillage de nos institutions avec le refus de la proportionnelle afin de faire le barrage au Front national. Ne serait-ce que parce qu’il est inefficaceà partir du moment où le parti de Marine Le Pen flirte avec les 20%.

 

Des attitudes "indignes de notre République"

 

Mais il faut bien avouer que les élus FN ne font rien pour légitimer leur présence parmi les représentants de la République. Surtout quand on se souvient que le même Bruno Gollnisch avait déjà provoqué un coup de force à l’Assemblée nationale en 1987.

L’épisode est relaté par Renaud Dély, dans un livre paru en 1999 : "Histoire secrète du Front National", dans lequel il raconte comment celui qui s’opposa à Marine Le Pen pour la succession du père s’appropria le perchoir et bafoua le règlement de l’hémicycle :

"Un soir de 1987, il s’illustre au cours d’une nuit mouvementée en menant dans l’Hémicycle une fronde des élus lepénistes qui enfreignent le règlement pour tourner les clés de vote électronique de leurs adversaires et prennent d’assaut le fauteuil de président pour dénoncer l’absentéisme des députés. ‘Vous vous trompiez sur moi. Vous me preniez pour un modéré, alors que je suis un extrémiste.’" 

Oui extrémiste, il l’est assurément. Et ces attitudes sont tout simplement indignes de notre République. Montrer ses fesses à l’Assemblée, voter à la place d’un autre élu, voler le perchoir… Autant de forfaits qui siéent mal à celui qui se revendique de la tradition et des valeurs de la France. Autant de preuves, après tant et tant d’autres, qui confirment la véritable nature d’un parti extrême, d’extrême droite. Sans l’ombre d’un doute.

 

Publié sur le Nouvel Obs, le 1er février 2013

Par Yves Delahaie - Publié dans : Du Front National
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Jeudi 31 janvier 4 31 /01 /Jan 17:34

Elle est redoutée au moins autant qu’elle est prévisible : la première grève des enseignants d’une législature. Le gouvernement Ayrault n’échappera pas à la règle et force est de constater que la lune de miel n’aura pas duré. Ce jeudi, les syndicats enseignants ont déposé un préavis de grève, souhaitant être suivis par un tiers des enseignants.

Cette journée intervient après six mois d’exercice d’un gouvernement qui aura déçu de nombreux Français. Et les enseignants sont de loin ceux qui auront le plus déchanté.

 

La désillusion après l'espoir

 

À grands coups de promesses de formation, de réformes ou encore de dénonciation dumarchandage honteux prévu par Nicolas Sarkozy, qui visait à faire travailler les enseignants 8 heures de plus, pour finalement être payé moins qu’à présent, le candidat Hollande avait réussi là où, successivement Lionel Jospin et Ségolène Royal avait durement échoué : retrouver la confiance d’une majorité du corps enseignant. La marche triomphale au son du gimmick sur les 70.000 postes avait eu raison de cette méfiance à l’égard d’un parti socialiste qui avait tant déçu dans les établissements.

François Hollande pensait avoir fait le plus difficile en gagnant la présidentielle, quand le plus difficile était à venir : être à la hauteur de enjeux. En guise de hauteur, il n’y eut que désillusion.

 

Pas de rétablissement de la formation initiale

 

Le rétablissement de la formation initiale qu’avait massacrée Nicolas Sarkozy ne fut pas à la hauteur. Durant le lustre sarkozien, les stagiaires, néo titulaires du concours, étaient passés de 6 heures de cours accompagnées de 12 heures de formation, à un temps complet de 18 heures, parfois aménagé de quelques modules saupoudrés ici ou là.

class.jpg

Pour autant, à la rentrée 2012, les stagiaires ne récupérèrent nullement leur 12 heures de formation hebdomadaire. De 18 heures de cours, ils sont passés à 12, Vincent Peillon coupant la poire en deux avec une maladresse qui en dit long sur le sort accordé à la formation des enseignants aujourd’hui.

 

Des élèves allant droit à l'échec

 

La montagne de réforme annoncée accoucha elle d’une souris famélique, confortant les pédagogistes dans leurs dérives sectaires qui sévissent depuis trois décennies. Offrant donc de la compréhension et de bons sentiments, quand nos élèves ont besoin d’éducation et de connaissances. La transmission des savoirs est laissée en friche depuis des années et Vincent Peillon ne fait rien pour y remédier, se proposant même, comme les apprentis sorciers qui l’ont précédé, de casser le thermomètre pour donner l’illusion d’un regain de forme, en laissant entrevoir l’abolition de la notation.

Sans savoir, sans mots pour s’exprimer, sans se voir transmettre les fondamentaux puisqu’en guise d’un socle minimal de connaissances communes on préfère un socle commun de connaissances minimales, nos élèves sont donc voués à un échec programmé, qui ravira sans doute les grands industriels qui pourront à loisir exploiter cette main d’œuvre sous diplômée, ou, pire, bardée de diplômes de pochette surprise.

 

Les rythmes scolaires, un faux problème

 

Pendant ce temps, on agite un vieux serpent de mer, les rythmes scolaires, pour faire croire qu’ils seraient le mal profond de notre école malade. Les cours seraient trop nombreux et les élèves fatigués. Oubliant que dans le même temps on rajoute à profusion des heures de soutien, d’arts ou de sport, autant de temps de présence dans les établissements qui fatiguent tout autant les élèves (d’ailleurs comment pourrait-on faire autrement quand les parents travaillent au moins 7 heures par jour et qu’on réduit les cours à 5 heures quotidiennes en 6e).

Ou encore que nombre d’élèves doivent surtout leur fatigue au laxisme assumé de bon nombre de parents qui laissent les enfants se coucher de plus en plus tard ou qui ferment les yeux devant des chambres devenues des succursales de Darty laissant portables et autres connexions possibles dès lors qu’on les croit confiés à Morphée.

 

Plus personne ne veut être enseignant

 

Finalement, la seule promesse qui semble tenir est celle des postes. Dans les villes de grandes affiches tentent de recruter actuellement les futurs enseignants avec ce chiffre faramineux de 40.000 postes pour cette année. Et pour cause : les concours ne parviennent plus à pourvoirl’ensemble des postes qu’ils proposent, notamment en mathématiques, en lettres classiques et modernes ou encore en anglais.

greeve.jpg

Une panne de motivation que le gouvernement ne semble vouloir résoudre qu’en brandissant des postes à pourvoir. Avec le risque de voir se presser des jeunes épuisés de se voir refuser des offres d’emplois dans leur secteur et qui deviendront enseignants par défaut. On ne devient pas enseignant par défaut : on exerce par conviction ou alors on démissionne. Dura lex sed lex. Vouloir recruter avant d’avoir résolu les problèmes de l’école et donc avant d’avoir dopé l’attractivité de la profession est la promesse d’un échec programmé.

 

Un message au gouvernement

 

Au-delà de ce risque, une telle dépense renvoie à la certitude, on ne peut plus erronée, selon laquelle la guérison de l’école ne serait qu’une question de moyens. Facilité qui permet d’évacuer les véritables maux dont souffre l’école. Ces recrutements dispendieux nuisent profondément aux finances publiques, et davantage encore au pouvoir d’achat des enseignants, dont le salaire plafonne depuis des années, et dont on annonce le gel à présent.

À diplôme égal, les enseignants de France sont parmi les moins payés de l’OCDE. Et que dire des autres professions dans le privé, en dehors des sentiers de l’éducation, qui leur offrirait des situations financières bien plus confortables.

Alors on pourra toujours se dire qu’une grève ne sert pas à grand chose. Elle est pourtant un moyen comme un autre de faire passer un message au gouvernement pour lui faire comprendre qu’il fait fausse route. Transmettre par la plume comme je le fais ici, ou dans la rue à l’écoute de tous les citoyens. Peu importe la forme, pourvu que jeudi soir, le gouvernement comprenne qu’après cinq ans de massacre assumé, la profession enseignante a besoin de reconnaissance. Et que pour une fois dans l’année, on puisse à ce titre placer le professeur au centre. 

 

Publié sur le Nouvel obs, le 31 janvier 2013

Par Yves Delahaie - Publié dans : De l'éducation
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Lundi 28 janvier 1 28 /01 /Jan 16:01

Ce dimanche 27 janvier vient de refermer le débat citoyen du mariage pour tous. La manifestation des partisans du projet de loi Taubira a fait un écho retentissant des opposants qui continuent de fabuler sur la consistance de leur assistance le 13 janvier et de refuser de payer les dégâts.

Il n’est bien évidemment pas question des dégâts provoqués sur la pelouse du Champ de Mars. Mais des terribles conséquences de cette mobilisation âpre, faite de déclarations, de jugements et de préjugés qui auront animé et envenimé la question depuis maintenant près de six mois.

Ceux qui perdurent d’ailleurs parmi eux à réclamer un débat en prétextant qu’il n’a pas eu lieu sont tout de même culottés : jamais en France l’on aura autant parlé de la place des homosexuels dans la République.

Ass.jpg

Bien au contraire, les langues se sont déliées et rarement la justesse, la pondération et la pertinence n’auront pris le pas sur la passion.

A l’issue de la Commission des lois, il y 15 jours, Sergio Coronado, député Europe Ecologie les Verts, rappelait que si les termes avaient été mieux choisis qu’en 1998 par les opposants, ils n’en demeuraient pas moins d’une grande violence à l’égard des homosexuels. Et les chiffres de SOS homophobie le confirment : quand Frigide Barjot se réjouit dans son livre (sic) que grâce au débat, les partisans de l’adoption ont reculé (de 55 à 49%), elle omet de préciser que dans le même temps les agressions homophobes ont triplé…

Ce débat ne fut qu’un leurre pour développer une argumentation en trompe l’œil qui puise sa source dans le même bénitier que 1998. Car autant on peut entendre les réticences à l’égard de la PMA et de la GPA qui relèvent davantage de la bioéthique que de l’orientation sexuelle (d’ailleurs souvent les opposants à la PMA la refuseraient à tout le monde), autant celles à l’égard du mariage et de l’adoption sont clairement suspectes.

N’en déplaise à Henri Guaino qui prétend que seul le Peuple est souverain sur la question, le Conseil Constitutionnel a affirmé exactement l’inverse en 2011, et Jean-Louis Debré a confirmé que la question relevait de l’Assemblée et que les Sages ne censureraient pas le texte si la loi venait à être votée le 12 février prochain. Qui pourra alors se plaindre de voir le petit Sarkozy dispenser des cours à la Fac de Droit, fort de sa licence, quand les députés eux-mêmes, et la plume d’un président de la République lui-même, réinventent par pur mauvais esprit la lettre de notre Constitution ?

Fin de la partie, fin de la parodie. La parole est aux députés et à l’Assemblée. Mesdames et Messieurs, c’est à vous de jouer. Et non de sur-jouer. 

 

Publié le 28 janvier 2013 sur Médiavox

Par Yves Delahaie - Publié dans : Editos média vox
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires

A la une : Commander

couv

A la une : commander

prochoix.jpg

A la une : Dobrodošli u Europi, Hrvatska !

croa-copie-1.jpg

Pourquoi ce blog ?

Ancien membre du MoDem (2007 -2012) après avoir été candidat aux Régionales 2010 (Nord) et aux Législatives 2012 (circo 5901).

Aujourd'hui, je suis dés-encarté.

Apartisan mais engagé sur le terrain de la laïcité, de la République, de l'éducation et du mariage pour tous. 

Auteur d'un livre, La Croix et la bannière (Golias, nov. 2012), je publie depuis 2 ans sur le site participatif du Nouvel Obs "Le Plus".

Tous les lundis, retrouvez mon édito sur www.mediavox.fr

J'ai participé au N°57 (printemps 2013) de Prochoix avec un article intitulé "Les illusions perdues de Civitas" et au N°58, avec deux articles sur le printemps français et sur la légitimité contestée de l'Assemblée nationale durant le "mariage pour tous".

Et certains mardis, sur la radio RCN (www.rcn-radio.org) aux côtés de Daniel Conrad et de Julien Gelly pour commenter l'actualité du mariage pour tous. 

Facebook

De la propriété intellectuelle

Parce que ma prose est le fruit d’une réflexion et d’une écriture personnelle, reproduction non autorisée sauf partielle(max : 10%) suivie d’un lien avec mention de la source :

© www.lesnouveauxdemocrates.over-blog.fr.

 

Car se faire vampiriser quand bien même l'orange est sanguine n'est pas correct...

Bonne lecture !

 

Présentation

  • : Les Nouveaux Démocrates
  • Les Nouveaux Démocrates
  • : Politique Paris école MoDem Politique
  • : Blog d’un militant du Mouvement Démocrate (MoDem). Je suis Yves Delahaie, membre du Bureau de la section de Lille et du Conseil Départemental. Ce blog a pour vocation de donner ma pensée personnelle sur l’actualité. Il n’est en aucun cas la reproduction de la parole officielle du parti. Même si nécessairement, puisque je suis militant actif, mes pensées bien que personnelles, sont porteuses des valeurs que je partage : celle du MoDem.
  • Partager ce blog
  • Retour à la page d'accueil
  • : 07/04/2008

Recherche

 
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés