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Mercredi 26 décembre 3 26 /12 /Déc 16:14

Grotesque celui qui pourra m’accuser d’être parti pris dans l’affaire de la semaine concernant "Charlie Hebdo". J’ai toujours pris fait et cause pour le journal, et ce dès la publication des premières caricatures de Mahomet en 2006, jusqu’à celle de l’attentat de novembre 2011 suite à "Charia Hebdo" en passant par celles de "Intouchables 2". Et ceux qui, d’une mauvaise foi guidée parfois par une inculture crasse, reprochaient à l’hebdo de ne viser que l’islam, Monseigneur Vingt-Trois et sa sortie inqualifiable dans le débat sur le mariage pour tous leur permit de se rappeler au bon souvenir de chacun qu’ils s’attaquaient aux intégristes de tous poils. Tous.

 

Le droit de caricaturer

 

Le blasphème est permis en France depuis la Révolution française, à l’exception notable de l’Alsace-Moselle, au nom d’un concordat auquel il faudra tôt ou tard tordre le cou, car on ne peut souffrir de tels écarts quand on se veut aussi rigoureux avec la laïcité, à moins de ne rentrer dans l’argument préféré des intégristes, le "deux poids deux mesures".

Et comme je le disais, la caricature est même un devoir quand les revendications communautaristes perturbent le jeu, comme celles qui consistent à vouloir revenir sur les lois concernant les signes ostentatoires à l’école, qui figurent dans les doléances du sulfureux CCIF, ou encore quand les catholiques extrémistes outrepassent leur droit de parole pour se faire plus pressant et interférer dans les lois de la République comme dans l’affaire du mariage pour tous.

 

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La fonction de "Charlie Hebdo" est de caricaturer et de puiser sa force dans l’actualité. Il est vain de lui reprocher de vendre davantage de papier quand leur plume fait polémique. Cela reviendrait à nier une évidence de fait.

Pour autant, la une de cette semaine fait-elle partie des caricatures ?

 

Val-Siné, un duel d'un autre temps

 

Difficile de comprendre pour celui qui n’a pas suivi l’affaire de "Charlie Hebdo" et de Siné datant de 2008. Un autre temps, puisqu’à l’époque c’est Philippe Val qui était rédacteur en chef, avant qu’il ne soit nommé à la direction de Radio France…

En juillet 2008, l’affaire du scooter du fils du président fait la "une" de l’actualité alors que Nicolas Sarkozy semble avoir usé des moyens de la République pour retrouver le responsable du larcin. Dans l’élan, Siné signe un édito qui va faire couler encore plus d’encre. Rappelant l’affaire, il explique ainsi :

"Le Parquet a même demandé sa relaxe ! Il faut dire que le plaignant est arabe ! Ce n'est pas tout : il vient de déclarer vouloir se convertir au judaïsme avant d'épouser sa fiancée, juive, et héritière des fondateurs de Darty. Il fera du chemin dans la vie, ce petit !"

En réalité, la polémique ne naît pas dès la sortie du journal mais fait son chemin quand Claude Askolovitch dénonce sur RTL "un article antisémite dans un journal antisémite". Siné est sur le point de publier une lettre d’excuse quand il découvre que Val était sur le point de publier un texte où il lâchait Siné et qu’il essayait de faire signer par toute la rédaction de "Charlie Hebdo". Siné revient sur son intention et décide de ne rien publier du tout.  

La grande question qui met en émoi tout Paris est de savoir si les allusions de Siné sont antisémites ou non. Parce qu’à relire l’édito, l’attaque semble davantage autant porter sur l’opportunisme et l’arrivisme du jeune Sarkozy bien plus que sur les éternels clichés des relations entre les Juifs et l’argent. Si bien que beaucoup estiment que cette affaire est au moins autant due à une atmosphère délétère qui régnait dans la rédaction de "Charlie Hebdo" qu’à la portée réellement antisémite des propos de Siné. Accusation d’autant plus suspecte de la part d’un homme qui appelait la France à reconnaître son rôle dans la Shoah

 

Un petit règlement de compte

 

Toujours est-il que si l’affaire fut portée en justice, ce fut bel et bien pour ses conséquences, à savoir le licenciement abusif de Siné qui a abouti à la condamnation de l’hebdo, confirmé donc en appel cette semaine, avec une augmentation des dommages et intérêts à 90.000 euros.

Si l’affaire revient dans l’actualité judiciaire, quel besoin était pour "Charlie Hebdo" d’en faire sa une ? Au nom de quelle actualité qui intéresse tous les Français ? Et surtout au nom de quels combats de "Charlie Hebdo" ?

La publication légale du communiqué judiciaire sommant la condamnation de l’hebdo est ici détournée par un dessin qui ressemble davantage à un règlement de compte, avec une attaque ad hominem à peine dissimulée, entre la perfusion de champagne et le "Santé" souhaité avec ironie.

Car nulle caricature ne pourra tordre la réalité : non, Siné n’a clairement pas tenu des propos antisémites, sinon à en voir partout de facto. Oui, Val a clairement mal géré la situation, d’autant qu’étant directeur de la publication de l’époque, il est au moins autant responsable que Siné de la publication de l’édito, et qu’il n’y avait aucune raison que l’un paye et l’autre non. Oui, Siné avait le droit de porter plainte comme l’aurait fait tout salarié victime d’une injustice, d’autant que son licenciement fut public et qu’à jamais le nom de Siné sera associé à l’antisémitisme. Calomniez, il en restera toujours quelque chose.

Et puis surtout, quel spectacle pathétique que de raviver de la sorte une polémique qui pour beaucoup est celle d’un autre temps, celle du "Charlie" version Val, quand le nouveau "Charlie" tente de se faire une autre identité. Cette prise de position sous la forme d’un règlement de compte n’a rien à faire dans un journal dont la vocation est de faire de l’humour tout en revendiquant certains idéaux. Pas pour panser les plaies de son ego.

Alors que l’hebdo vient d’être assigné en justice pour "incitation à la haine raciale" pour ses publications de septembre, certains hérauts de l’islam de France espérant sans doute rétablir le délit de blasphème, il y avait mieux à faire, mieux à écrire, mieux à dessiner. Assurément. 

Par Yves Delahaie - Publié dans : Des médias et des journalistes
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Lundi 24 décembre 1 24 /12 /Déc 15:41

Jamais, nous dit-on, la Vème République n’aura vu un néo-président et son gouvernement perdre autant la confiance des Français en aussi peu de temps. Sept mois après le double triomphe des présidentielles et des législatives, les indices sont moroses avec 35% d’opinion favorable pour François Hollande et 33% pour Jean-Marc Ayrault.

Et comment pourrait-il en être autrement quand le gouvernement n’a eu de cesse d’enchainer les couacs comme on enfile des perles durant le second semestre, certains persiflant en parlant de "gouvernement canard". Couac, couac. Difficile de tordre le cou à ce canard quand on se souvient de la sortie de Cécile Duflot et de Vincent Peillon sur le cannabis, celle de Montebourg sur le nucléaire qu’il qualifia de filière d’avenir, ou bien encore la volonté affichée de Najat Vallaud-Belkacem d’outer tous les personnages historiquesdans les livres d’école.

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Florilège, loin, très loin d’être exhaustif, surtout quand on ajoute les louvoiements ahurissants de François Hollande lui-même sur le mariage pour tous, quand, en moins de 24 heures, il assure au maire de leur liberté de conscience sur la loi à venir avant de se rétracter suite à la déflagration qu’a représentée ce doigt d’honneur à ce projet de loi qui voit déjà les opposants dominer l’espace médiatique. Comme un aveu de faiblesse. Un de plus.

Ajoutons à cela une croissance qui dément les prévisions, dénoncées pourtant la présidentielles, du camp Hollande, le camouflet de Florange et bien entendu Cécile Duflot et les églises coupables à ses yeux de ne pas en faire assez, et l’on comprendra que ceux qui ont choisi de mettre le bulletin "Hollande" dans l’urne le 6 mai se posent des questions. Légitimes.

Au point d’évoquer des regrets ?

Il ne faudrait tout de même pas que les Français suivent la triste destinée de Jacques Chirac et ne souffrent, eux aussi, d’anosognosie. Car le 6 mai qu’y avait-il en face de François Hollande ? Nicolas Sarkozy.

L’enfant barbare qui a cassé l’école pendant un lustre, détruisant aveuglément des postes, au nom d’une idéologie mortifère, enlevant l’Histoire aux Terminales scientifiques, la formation initiale (sic) des enseignants…

L’homme qui déclara à l’Afrique que ses hommes n’étaient pas entrés dans l’Histoire, qui invita Khadafi dans les jardins de l’Elysées pour un camping mémorable…

L’homme qui nomma Brice Hortefeux, l’homme à l’humour auvergnat ou encore Claude Guéant, qui prit l’islam en bouc émissaire, au poste de Ministre de l’Intérieur.

L’homme qui fit à Grenoble un discours qui résonne encore dans tous les cauchemars, avec les Roms dans le viseur, ostracisme personnalisé comme dans les plus sombres moments de l’Histoire.

L’homme qui voit aujourd’hui ses comptes de campagnes refusés par la CNCCFP, faute d’avoir déclaré les sommes investies, pourtant bien réelles, avant sa candidature officielle, tant il aura confondu la mission de Président et celle de candidat à l’envi. Passant du "roi fainéant" au "président candidat" pendant 5 longues, très longues années.

Enfin, c’est surtout celui qui a écouté avec passion et déraison, les discours doucereux de Patrick Buisson, pillant dans le programme de Marine Le Pen dans un dernier coup de poker, laissant apparaître un panneau "douane" écrit en arabe dans son second clip de campagne. Ad nauseam.

Alors, même s’il est légitime d’être sévère avec l’action de François Hollande et de son gouvernement, qui, finalement, ne fait que payer des promesses intenables, et pour ainsi dire des mensonges qui donnent raison à Pasqua quand il disait que les promesses de campagnes n’engageaient que ceux qui voulaient bien y croire, il convient d’être lucide et de se rappeler avec quelle violence la France fut malmenée pendant 5 ans.

Et qu’enfin, lors des prochaines élections, les Français finissent par comprendre que l’hydre bipartite qu’il révère à chaque scrutin, n’est sans doute qu’une chimère.

 

Publié le 24 décembre 2012 sur Médiavox

Par Yves Delahaie - Publié dans : Editos média vox
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Lundi 17 décembre 1 17 /12 /Déc 16:09

Au lendemain de l’immense manifestation réunissant à Paris les partisans du projet de loi désireuse d’ouvrir les droits du mariage et de l’adoption aux couples homosexuels, l’heure est à la comparaison impossible. 

Calculette à la main, les opposants pèsent les manifestations et posent les additions pour savoir qui a la plus grosse. Comme si la réussite d’une manifestation ne tenait qu’à son influence. Les mêmes qui contestent d’autres chiffres, ceux de l’opinion, qui vague après vague, continuent de conclure que les Français sont prêts à accepter le mariage des homosexuels, en expliquant que les chiffres ne peuvent décider de la légitimité d’une loi.

 

Les chiffres de la discorde

 

Alors quand ces données ne leur suffisent plus, il ne tient aux hérauts du NON que de s'arranger avec les chiffres. Ainsi "Le Figaro" n’a pas attendu le lendemain pour sortir un papier au titre ravageur, inspiré par les délices vespérales : "mariage gay, les partisans perdent le match de la rue". Histoire de faire écho à son titre du 17 novembre : "La manif pour tous gagne le pari de la mobilisation". Pour sortir pareil verdict, "Le Figaro" n’hésite pas à brandir les chiffres de la discorde :

"Un mois après les manifestations des opposants au projet de loi, qui avaient mobilisé plus de 100.000 personnes dans toute la France, 60.000 militants, selon la police – 150.000, selon les organisateurs – ont défilé dimanche à Paris pour manifester en faveur du mariage homosexuel."

Ces premières lignes sont d’une mauvaise foi qui dépasse l’entendement. Que "Le Figaro" ait pris fait et cause contre ce projet de loi, que ce soit par la plume d’Yves Thréard, ou bien plus acérée et réac encore celle d’Ivan Rioufol est tout à fait envisageable. Après tout, "Libération" n’a-t-il pas de son côté fait œuvre pour les partisans samedi notamment à travers sa une sans ambiguïté ?

Que la presse soit d’opinion ne pose pas de problème en soi. Mais quand la fin justifie les moyens et que le quotidien se permet de comparer deux chiffres qui n’ont pas lieu d’être... Car, il faudra demander au "Figaro" pourquoi il donne les chiffres de la police et ceux des organisateurs pour dénombrer le rassemblement de dimanche et qu’il ne fournit que celui des organisateurs pour celui de Frigide Barjot.

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Si l’on s’en tient aux chiffres officiels de la police, qui suffisent pour tenter toute comparaison, il est question de 70.000 personnes pour le 17 novembre et de 60.000 pour le 16 décembre. Très loin de ce qu'exprime en substance le chapô de l’article : "Ils étaient 60.000 à Paris, beaucoup moins que les opposants en novembre."

Comble de malchance, "Le Figaro" n’est pas le seul ce week-end à avoir été pris la main dans le pot de confiture. Civitas a lui carrément avalé le pot en entier en annonçant "l’échec" de la manifestation avec… 10.000 participants. Sans la moindre source, si ce n'est l'interprétation, sans doute, de la parole divine. Une hérésie pour celui qui a pris la peine de battre le pavé dimanche, le premier cortège partant de Bastille à 14h et le dernier après 16h30 du fait de la densité de la foule.  

Civitas nous avait habitué à travestir la vérité à grands renforts d’études scientifiques véreuses, avec des échantillons non représentatifs, comme les rapports Tasker et Golombok ou encore Cameron & Cameron (moins de 30 cas analysés chacun) [1] pour démontrer la nocivité de la famille homoparentale, mais il faut bien avouer que là c’est la bouquet !

 

Le nombre suffit-il ?

 

Étonnant parallèle entre Civitas et "Le Figaro" qui ont trouvé dans un même élan l’irrépressible besoin de montrer que le nombre suffisait à débattre d’un sujet qu’ils se plaignent de ne pas voir débattre (sic) sur le fond. Preuve s’il en fallait de la peur qui les saisit quand on les voit prêts à toutes les turpitudes jusqu’à distordre la vérité elle-même.

"Le Figaro" va même encore plus loin dans son article en interrogeant un enfant embarqué dans la manifestation de dimanche :

"Victor, 7 ans, une pancarte à la main, fait la moue. ‘Moi, je voulais pas venir’. Ses deux mères ne referont pas d'autres enfants, regrettant d' ‘avoir été obligées d'aller en Belgique pour faire ça’. Et Victor, il en voudrait des frères et sœurs? ‘Moi, je préférerais en avoir un vrai’."

On se frotte les yeux à lire ce seul témoignage d’enfants quand on sait à quel point ils sont surexposés dans les manifestations contre le projet, y compris en poussettes, rappelant l’instrumentalisation de ceux que l’on fait défiler tous les mois de janvier à la Marche pour la vie, qui milite, elle, contre le droit à l’avortement. Cette année, elle aura lieu le 20 janvier. Sept jours après celle des opposants au projet de loi sur le mariage qui rempileront juste avant l’ouverture des débats à l’Assemblée nationale.

L’UMP (enfin laquelle...) a d’ores et déjà appelé ses militants à rejoindre Frigide Barjot. Civitas a décidé de se joindre au cortège. Une grande messe noire dans les rues de Paris pour combattre l’égalité des droits accordés aux homosexuels. Tous mains dans la mains. De la droite aux intégristes, du FN au GUD, des fachos aux Barjots, à faire le recensement de ceux qui ont participé de manière séparée aux manifestations des 17 et 18 novembre dernier. Une belle famille recomposée qui viendra faire la morale dans les rues de la capitale.

Rien de surprenant finalement de voir "Le Figaro" exposer certains arguments repris par Civitas dès cette semaine, la plume à la main. Plus qu’un mois, et ce sont leurs talons Richelieu qui se feront écho sur les pavés parisiens.

Publié sur le Nouvel Obs le 17 décembre 2012.

Par Yves Delahaie - Publié dans : Le mariage aux homosexuels
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Lundi 17 décembre 1 17 /12 /Déc 15:39

Ce week-end se tenait un Conseil National du MoDem autour de François Bayrou. Avec ceux qui sont restés. Parce que, ce n’est un secret pour personne, l’année 2012 aura sonné le glas aux ambitions d’un Mouvement né sur les promesses d’un 18,57% des voix obtenues à la présidentielle.

Le Mouvement de François Bayrou a eu deux occasions de voir se concrétiser ses rêves de voir s’installer durablement une troisième voie. Dans l’entre deux tours de la présidentielle 2007, Ségolène Royal lui propose le poste de Premier Ministre si elle est élue, dans un épisode qu’elle a romancé. Le Béarnais refuse, considérant qu’elle n’avait aucune chance de l’emporter. Refusant de voir qu’un accord aurait certainement provoqué la scission du PS. Petit bras ou l’arrogance de croire pouvoir infléchir la logique bipartite de la Cinquième République ? Sans doute un peu des deux.

Un an et demi plus tard, une seconde occasion se présente. Sauf que cette fois-ci, le président du Mouvement Démocrate n’a plus les cartes en mains. Il assistera en acteur à la bataille pour la présidence du PS. La victoire de Ségolène Royal, encore elle, aurait une nouvelle fois provoqué l’implosion salvatrice pour François Bayrou. Las, le PS évitera de peu ce le jeu de massacre auquel se livre depuis des semaines l’UMP. Même si elle est convaincue que Martine Aubry a triché, les enquêtes révélant notamment le devenu mythique « on ne prend plus de gants, vous bourrez les urnes », Ségolène Royal préfère panser sans la pudeur ses plaies à l’âme plutôt que de faire exploser son parti.

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Dès lors, le MoDem était condamné à un exploit électoral pour contredire le mauvais sort. Mais la stratégie du Mouvement s’orienta autour d’un destin présidentiel quand son discours et ses valeurs promulguaient un régime parlementaire appelant une sixième République. Contresens. Symbole de ce paradoxe, le MoDem s’est longtemps cherché une épithète, de démocrate à humaniste. Les échecs cuisants lui faisant comprendre que l’étiquette « MoDem » ne parlait pas aux électeurs, il revint dès 2010 à celle de « centriste ». Coquille vide que cet ultime recours qui renvoyait à ce « centre godillot », qui de VGE à Chirac, était inféodé au RPR puis à l’UMP. D’autant qu’être au centre renvoie sémantiquement aux « deux autres ». Problématique quand on entend s’affranchir d’un système bipartite.
La bérézina de 2012 était donc écrite. Et ce n’est qu’un mois de décembre assez fou qui vit le « produire en France » s’imposer tel un gimmick qui put encore nourrir quelques feux.

Six mois plus tard, qu’est devenu le Mouvement Démocrate ?

François Bayrou, lui, est dans sa position préférée. Il distribue bons etmauvais points à Hollande, qu’il rencontre régulièrement. En prenant un minimum, de risque comme lorsqu’il se dit proche de Hollande mais pas du PS.  On lui prête des projets avec Cohn Bendit (depuis juillet déjà) et même Hulot, sans doute pour les Européennes.

Ses cadres sont plus affamés, lorgnant toujours un peu plus vers l’UDI si le MoDem échouait une nouvelle fois à faire un pacte avec l’ancien leader charismatique d’Europe Ecologie, histoire de préserver les sièges de 2009.

Un souci que François Bayrou n’a plus, lui qui reste seulement conseiller municipal de l’opposition de Pau. Pour autant, le Bérnais, même sans mandat d’envergure, reste invité sur tous les plateaux, tel le sage que l’on interrompt dans sa réflexion et que l’on fait venir depuis sa Tour d’Ivoire. Poète maudit tel Alfred de Vigny. Si le MoDem n’existe plus sur la scène électorale, il reste fidèle à son président, François Bayrou, qui existe donc toujours lui.

Et si c’était la seule chose qui, finalement, importait pour lui ?

 

Publié le 17 décembre 2012 sur Médiavox.

Par Yves Delahaie - Publié dans : Editos média vox
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Jeudi 13 décembre 4 13 /12 /Déc 20:18

PMA. Ces trois lettres qui font tant et tant parler. Procréation médicalement assistée. Un sujet sensible dans le cadre du projet de loi de l’ouverture du mariage et de l’adoption pour les homosexuels. Sensible, car, comme à son habitude, celui qui est devenu notre président de la République n’a jamais été clair sur la question. Et, comme le dirait sa rivale des primaires, quand c’est flou, c’est qu’il y a un loup… Avant de hurler dans les bois, il est nécessaire de revenir en arrière.

 

Tours et détours de François Hollande sur la PMA

 

Son projet présidentiel en lui-même, à travers des 60 engagements, ne fait nullement état de la PMA. L'engagement 31 dit : "J’ouvrirai le droit au mariage et à l’adoption aux couples homosexuels." Point n’est question de la PMA, dont la réglementation est encadrée depuis 2004, autorisant seulement les couples hétérosexuels "en âge de procréer, mariés ou en mesure d'apporter la preuve d'une vie commune d'au moins deux ans" à y avoir recours.


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Et quand le 12 septembre dernier, Christiane Taubira, sans que le Parlement et les membres du gouvernement n’aient procédé à la moindre commission, affirma que le projet de loi "ne prévoit pas d’élargir l’accès à la procréation médicalement assistée", les associations LGBT crièrent à l’escroquerie. Rappelant que François Hollande l’avait promis. En réalité, cette croyance provient des déclarations de François Hollande faites à "Têtu" en février 2012 dans la folie de la présidentielle qui l’a poussé à promettre tant et encore, où il s'est exprimé sur la question de l'accès des lesbiennes à la PMA :

"Oui, je l’ai dit. Aux conditions d’âge, bien sûr. Je suis très précis là-dessus. Il faut que ce soit un projet parental. Et je suis aussi très soucieux du respect de l’anonymat du don des gamètes."

Comme trop souvent malheureusement, le désir de consensus, que d’aucuns nomment par pudeur "synthèse", pousse le président de la République à marier la carpe et le lapin, quitte à faire des deux le dindon de la farce.

Aussi, alors que les tenants du non au projet ont squatté l’espace médiatique à l’envi, et pour certains ad nauseam, certains députés, Bernard Roman, député du Nord, en tête, ont décidé deproposer un amendement sur la question de la PMA. Le député du Nord me racontait il y a peu en avoir pris "plein la tête" depuis la publication de la tribune, mais se disait décidé et fier de l’avoir fait. Me confiant même qu’au sein du gouvernement on lui avait demandé de confirmer qu’ils étaient un nombre significatif pour présenter pareille requête. Preuve d’une certaine frilosité face aux manifestations ostensibles des opposants.

 

Le président lâche du lest... aux opposants

 

Aussi, juste après son faux pas désastreux sur la liberté de conscience des maires, déclaration sur laquelle il est revenu, François Hollande a voulu donner un signe ce mercredi 12 décembre, alors que se prépare une gigantesque manifestation pour le projet dans les rues de Paris ce 16 décembre. Mais quel signe ?

D’un côté, François Hollande a déclaré que le Parlement serait souverain, le laissant libre de choisir d’intégrer la PMA au projet. Un signe que "Le Figaro" entend comme une main tendue aux partisans. Pour autant, l’interprétation du "Figaro", qui ne cesse d’être le héraut des opposants au mariage gay, paraît pour le moins suspecte quand on entend ce qui accompagne cette main tendue :

"Si j'avais été favorable (à cette mesure), je l'aurais intégrée dans le projet de loi."

Ce qui revient à dire, en relisant l’engagement 31, qu’il n’y est donc pas favorable… Finalement, François Hollande en arrive à exaspérer tout le monde : les opposants qui fulminent de voir le projet discuté fin janvier avec une majorité de gauche à l’Assemblée nationale et au Sénat, mais aussi les partisans du projet, avec son éternel "un pas en avant deux pas en arrière", qui fait pâle figure quand on voit tous les pays qui ont déjà légiféré, liste à laquelle il conviendrait, à ce rythme, de rajouter l'Angleterre, qui semble prête à faire passer le projet comme une lettre à la poste.

Certains prétextent qu’il n’y a pas urgence, que le contexte est morose et que la priorité est à l’économie. Mais faut-il attendre la prospérité pour faire du pilier central de notre devise une priorité ? Et puisque la récession nous guette, quid d’une loi qui ne coûterait pas le moindre denier à l’État ? Pourquoi tant de louvoiements sur une loi qui n’a déstructuré aucune société depuis qu’elle a été votée ?

De la part d’un président et d’un gouvernement qui n’est pas dans l’ombre d’une échéance électorale à moins de 17 mois, l’on arrive toujours pas à comprendre comment une telle peur peut les prendre au ventre, si ce n’est une terreur irrationnelle…

Par Yves Delahaie - Publié dans : Le mariage aux homosexuels
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Mardi 11 décembre 2 11 /12 /Déc 20:15

Il faut bien le dire, le débat qui s’est ouvert sur le mariage pour tous (et avec quelle mauvaise foi, les opposants du projet osent prétendre le contraire !) n’aura pour l’instant pas été à la hauteur. La raison en est simple : les partisans du projet ont tout simplement délaissé l’espace médiatique.

Les opposants eux veillaient au grain. Dès juin, Christine Boutin, la bigote qui radote le PaCS et le sulfureux Alain Escada pour la très tranquille association Civitas avait ouvert le feu. Depuis, ils sont nombreux à avoir exprimé leur point de vue : Ivan Rioufol, Monseigneur Vingt-Trois, Monseigneur Barbarin, François Lebel, Alain Juppé, François Fillon, Jean-François Copé, Marine Le Pen, l’UOIF, le Grand rabbin de France Gilles Bernheim, Eric Zemmour, Philippe Ménard, Frigide Barjot,  Xavier bongibault… La liste n’est pas exhaustive et donne le tournis.

 

Un mépris persistant

 

Dès que le micro est brandi et la caméra au poing, les opposants donnent de la voix. Et, bien évidemment, se défendent de toute homophobie. Car évoquer pêle-mêle l’inceste, la zoophilie, la pédophilie, la polygamie, la nature, l’altérité, la déstructuration de la société, faire des jeux de mots tels que "Non à l’homofolie", ne sont en rien montrer du mépris à l’égard des homosexuels...


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En revanche, plus discrets sont ces hérauts du "NON" au mariage et l’adoption pour tous dès lors que les auditions commencent… Pourquoi participer vraiment au débat quand le tumulte, la fureur et le capharnaüm médiatique portent à merveille leur message ?

Pendant ce temps, qu’ont fait les partisans du projet ? Force est de constater que certains ont brillé par leur absence. Ou presque. Ont-ils cru trop vite que le projet allait passer sans l’ombre d’un doute fort de sondages favorables ? Toujours est-il que cet excès de confiance pourrait laisser des traces à l’arrivée. Car, au moment du sprint final, les opposants ont indéniablement un coup d’avance.

 

Couacs

 

Et, parmi ces partisans, le PS, qui avait pourtant porté ce projet à bout de bras tant à la présidentielle qu’aux législatives, a fait la carpe pendant de nombreuses semaines. Et pour cause : la première sortie à la rentrée se solda par une catastrophe. Christiane Taubira grilla clairement la politesse à Marisol Touraine et Dominique Bertinotti, cette dernière devant se justifier comme elle le put sur le plateau de Laurent Ruquier. Une source me confiait il y a peu que la rédaction de "La Croix", qui avait organisé l’interview, n’avait pas vu le coup venir…

Après ce qu’il convient d’appeler un couac du gouvernement, vint celui du président lui-même, lui qui, selon Nicolas Domenach dans de nombreuses interventions dans l'émission "La Nouvelle édition" le midi sur Canal Plus, ne cessait d’exprimer ses doutes grandissant sur l’opportunité de légiférer en ce moment. Arriva ce qui devait arriver lors du Congrès des maires. Certes, François Hollande revint en arrière mais désormais les partisans du projet commencèrent eux-mêmes à douter des velléités de celui qu'ils pensaient être l’homme de la situation.

 

L'offensive

 

Aussi, le PS a décidé de passer à l’offensive. Histoire de casser la spirale infernale.

Après le succès en nombre des manifestations du week-end du 17 et 18 novembre, les partisans du projet ont décidé d’organiser eux aussi une immense manifestation, dimanche prochain le 16 décembre. Et le PS de devenir le héraut de la manifestation.

Entre temps, Bernard Roman, déjà artisan du projet du Pacs, a lancé un manifeste de 100 députés en faveur de la PMA, que semblait avoir laissé sur le carreau Christiane Taubira. Une initiative courageuse alors que l’adoption elle-même semble en danger. Le député PS de la première circonscription du Nord que j’ai rencontré cette semaine m’expliquait en avoir pris "plein la tête" depuis la parution de la tribune. L’air amusé et gêné, d’un petit polisson qui aurait pu commettre une bêtise. Mais l’homme est de conviction et d’un air généreux, il m'a confié: "Je ne lâcherai pas. C’est vraiment un beau projet que cette loi. J’y tiens vraiment". Les partisans du projet savent qu'ils pourront compter sur lui dès le 29 janvier.

 

La riposte

 

Valérie Trierweiler, elle, a tenté, autant qu’elle le put, de rectifier la bourde de son compagnon en déclarant vouloir être témoin d’un des premiers mariages qui unira deux homosexuels. Une initiative conspuée par l’UMP. Mais il faut dire que la moindre expiration nasale de la femme au tweet tueur est assimilée à une prise de position inacceptable de la part des tenants de l’autre rive bipartite.

Enfin, cette semaine, le PS a décidé de riposter avec les méthodes des opposants au mariage pour tous, qui n’hésitent plus à transmettre les mails des députés qui croulent sous des milliers de mails par jour déclamant par homélies redondantes leur farouche déclaration de guerre. Des méthodes qui rappellent SOS éducation. Qui rappellent elle-même celles d’Avenir de la Culture. Pratiques de l’intégrisme par excellence. Une pétition pour sensibiliser les citoyens.

Puisque la raison, les sondages, et les programmes votés ne suffisent plus, autant se mettre au niveau de leurs adversaires : la pétition ! Jacques Bompard qui peine à atteindre les 2100 signatures (certes d’élus, mais si loin des 15.000 signatures de maires de la pétition de Michel Pinton de 1999) pourra toujours faire œuvre de comparaison.

Un manifeste pour la PMA, l’engagement de la compagne du président de la République, une pétition et surtout une grande manifestation le 16 décembre ? Cette fois-ci, c’est certain, les partisans du projet sont dans l’arène. Le débat avait commencé. Place au combat. 

Par Yves Delahaie - Publié dans : Le mariage aux homosexuels
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Mardi 11 décembre 2 11 /12 /Déc 20:11

L’affaire n’est véritablement pas passée inaperçue et viendra remplir la longue liste des événements notoires qui se sont déroulés dans les établissements scolaires, qui prend des allures d’inventaire à la Prévert depuis la rentrée de septembre.

Ce lundi, un professeur de Charente a été suspendu provisoirement après la plainte de plusieurs parents, suite à un écrit qu’il a proposé à ses élèves de troisième, dont voici l’exact intitulé :

"Vous venez d'avoir 18 ans. Vous avez décidé d'en finir avec la vie. Votre décision semble irrévocable. Vous décidez dans un dernier élan de livrer les raisons de votre geste. En dressant votre autoportrait, vous décrivez tout le dégoût que vous avez de vous-même. Votre texte retracera quelques événements de votre vie à l'origine de ce sentiment."

Bien évidemment, les parents d’élèves ont été interloqués et choqués – on le serait pour moins – par le sujet qui avait été proposé à leur enfant. Raison pour laquelle ils ont décidé d’écrire à l’Inspection académique.

Toutefois, le courrier se défend d’être une énième plainte ou autre procédure visant à s’ingérer dans les affaires pédagogiques. Bien au contraire :

"De par notre éducation, nous n'avons pas l'habitude de remettre en question ce qui se passe à l'école, mais il y a des limites (...) Quel va être le prochain sujet ? ’Que ressentez-vous lorsque vous vous piquez ?’ On aimerait comprendre"

 

Le problème de l'autobiographie

 

Il est en effet nécessaire de faire preuve de pédagogie. Car tirer hâtivement à boulets rouges sur l’enseignant serait une chose un peu facile.

Ce qu’il y a de choquant dans le sujet n’est pas véritablement que des élèves de troisième s’interrogent sur la notion de suicide. À 15 ans, les élèves sont parfaitement aptes à commencer une réflexion sur des sujets lourds. Et c'est d’autant plus enrichissants pour eux qu’ils sont à un âge où ce type de pensée mortifère peut les hanter sans qu’ils n’en disent rien.


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D’ailleurs depuis de nombreuses années, les établissements scolaires organisent des actions de prévention autour du suicide, tant envers les adolescents qui pourraient y avoir songé, qu’à l’attention des professeurs afin de les sensibiliser aux moindres indices de détresse.

Le problème est d’avoir introduit ce sujet dans le cadre de l’autobiographie. Ce genre littéraire fait partie du programme de troisième, et ce depuis de nombreuses années. Et il n’invite pas forcément d’ailleurs à évoquer des moments joyeux quand on sait que le programme tourne aussi autour des notions de mémoire ou de l’histoire de la Seconde Guerre mondiale.

Pour autant, le sujet pose tout de même un contexte particulièrement brutal puisqu’il demande à l’élève de se placer comme étant celui qui voulait se suicider. Une sorte de jeu de rôle aux accents morbides et qui pourrait s’avérer dangereux. Surtout que l’enseignant ne sait absolument pas ce qui se trame sous le crâne de ses élèves. Ils ne sont pas seulement des gens qui lèvent le doigt, répondent aux questions, en posent aussi et rendent des copies. En quittant les murs de l’établissement, même dès la cour de récréation, ils redeviennent des adolescents, des adultes en devenir, des êtres en construction, fragiles et à la recherche d'eux-mêmes.

 

Pourquoi les faire parler d'eux à tout prix ?

 

Alors complètement inconscient le professeur ? Cas isolé d’un enseignant qui a poussé un peu trop loin la limite du supportable ? Erreur de jugement alors qu’il croyait avoir enfin un sujet qui allait réveiller la plume dilettante de ses élèves ?

C’est là que la réaction du syndicaliste du SNES-FSU prend tout son sens :

"Le sujet était un autoportrait fictif. Quand les élèves ont demandé des précisions, le professeur les a effectivement aiguillés sur le fait de s'imaginer en fin de vie, pour mieux se décrire dans leur autoportrait."

Écrire en parlant de soi. Que de soi. De ses émotions. Il est sans doute là, le hic. Car il est une manie indémodable depuis trente ans dans l’Éducation nationale, et tout particulièrement dans l’enseignement des Lettres, c’est de vouloir à tout prix que l’élève parle de lui. On lui demande ainsi se livrer à l’écrit et même parfois à l’oral devant tous les autres, partant du principe qu’il est plus simple de parler de soi que de parler de choses que l’on ne connait pas.

"Il faut libérer la parole", un gimmick maintes fois entendu dans les formations, où l’on explique que si le professeur a parlé pendant plus de dix minutes dans l’heure, il a muselé la parole de sa classe et, en somme, a raté son cours.

Il faut en toute promiscuité que les élèves évoquent leurs sentiments, leurs sensations. Cela peut partir d’un texte littéraire dans lequel il faut faire fi du sens, du contexte et davantage encore de la forme pour ne s’intéresser qu’à cette lancinante et fatidique question : "qu’en as tu pensé ? Qu’as tu ressenti ?"

 

Pédagogie inadaptée

 

Le cas pratique du caractère grotesque de cette pédagogie, qui est presque imposée aux enseignants de Lettres dans leur formation initiale, a été primé à Cannes en 2008. "Entre les murs" montre parfaitement cette démagogie, et le plus incroyable, c’est que Bégaudeau, acteur/professeur/écrivain de la scène qui se passe sous nos yeux, ne semble même pas s’en rendre compte. 

De l’exercice d’autobiographie qu’il demande de livrer devant tous les élèves, jusqu’à l’ahurissante scène d’argumentation, où la parole libérée part de l’imparfait du subjonctif pour arriver à la Coupe d’Afrique des nations, évocation qui s’accompagne de l'étendard des communautarisme, et qui se termine dans un brouhaha inacceptable – insultes et haine raciale comprises –. Qu’ont donc appris ces élèves durant cette heure-là ? Quelle valeur ajoutée fut celle de ce cours de français ? Qu’a obtenu l’enseignant si ce n’est réveiller les laves de haine qui ne demandent qu’à jaillir de ces volcans d’inculture ?

Il faut cesser avec l’idéologie de croire que le professeur est un spéléologue qui doit faire jaillir le métal précieux qui se cache dans l’élève, comme s’il détenait de manière innée le savoir. L’enseignant est là, avant tout, pour lui transmettre le savoir et lui donner les outils pour s’exprimer. Son rôle n’est pas d’expurger son âme.

Alors l’enseignant de Charente a clairement dérapé. C’est incontestable. Mais il ne faudrait pas dédouaner pour autant l’Éducation nationale et les idéologies mortifères des pédagogistes qui ont largement contribué à son hors-piste.

Par Yves Delahaie - Publié dans : De l'éducation
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Lundi 10 décembre 1 10 /12 /Déc 20:08

Que ceux qui se sont réjouis un peu trop hâtivement de la décision du Conseil Constitutionnel, qui a rejeté l’appel de la Présidente du FN contestant le scrutin des législatives de la 11ème circonscription du Pas-de-Calais, prennent garde. Celle qui n’a eu besoin que de son livret de famille pour se faire élire confortablement dans le fauteuil de son papa, dans un parti qui a exterminé tous ceux qui prétendaient contester le népotisme de rigueur, Bruno Mégret s’en souvient encore, lui qui, ironiquement, a initié la stratégie actuelle du FN (infiltration et implosion de l’UMP), a 5 ans pour redorer l'image du Front familial.

Alors, évidemment, le Conseil Constitutionnel empêche provisoirement Marine Le Pen de siéger à l’Assemblée Nationale. Mais dans quelle condition ? En lui accordant que 12 signatures étaient bel et bien suspectes et qui lui donnent raison sur le fait qu’il y a bien eu fraude dans cette législative qui ce sera jouée à 106 voix, les Sages n’ont, semble-t-il, fait que retarder l’échéance. D’autant qu’entre temps, sa nièce et l’avocat des plateaux télés Gilbert Collard ont fait une entrée fracassante dans l’hémicycle. Elle pourra toujours se contenter de siéger une fois sur deux à Bruxelles pour continuer à percevoir l’indemnité parlementaire aux côtés de son papa et de son ennemi préféré Bruno Gollnisch.

La réalité, c’est que, ses adversaires l’admettent
 notamment à Libération, la présidente du FN aurait gagné cette élection si elle avait été rejouée. D’autant qu’au-delà du tremblement de terre qu’aurait causé cette énième répercussion d’une fraude dans le fief d’Hénin Beaumont, la majorité actuelle est plus affaiblie que jamais. Et quand on sait, qu’en juin, déjà, Philippe Kemel (élu député de la 11ème circonscription contre Marine Le Pen) avait fait 10 points de moins que Hollande à la Présidentielle sur le même secteur un mois plus tôt, on imagine avec quel écart Marine Le Pen aurait pris sa revanche… D’ores et déjà, on peut imaginer Steeve Briois au poste de maire d’Hénin Beaumont pour les élections qui se profile à l’horizon de 2014.

2014, une année qui verra aussi des Européennes à hauts risques, car on imagine mal le signe envoyé par la France si elle venait à amener une quinzaine, voire une vingtaine de députés "eurohostiles" à Bruxelles dans une élection entièrement déterminée à la proportionnelle. Surtout que dans les camps adverses, rien n’annonce des lendemains qui chantent, avec une UMP décapitée et peu encline à apprécier son statut de couple homoparental à deux papas pendant plusieurs mois, et une gauche qui sera plus affaiblie que jamais, à la lueur des six premiers mois de leur action. Dans ces conditions, un référendum pour ou contre l’Europe pourrait parfaitement prendre la place de l’Européenne elle-même avec une UDI, légitime sur ces questions, face à un FN qui se délecterait de la colère des Français pour trouver en notre Union un bouc émissaire idéal.
 

Parce qu’au-delà de la déconfiture de deux bords de la rive bipartite, le Styx du Front National navigue en courants plus apaisés que jamais. Après la dédiabolisation, l’heure est à la normalisation. Depuis l’entrée à l’Assemblée Nationale malgré un scrutin uninominal à deux tours, jusqu’à l’avènement de Florian Philippot, en passant par l’invitation de Pujadas dans "Des paroles et des actes" pour dévorer devant les yeux ébahis des Français un Manuel Vals hagard et sans ressort, Marine Le Pen sait que les élections intermédiaires seront autant d’étapes pour toucher du bout des doigts la victoires en 2017.

Et peu importe que sa laïcité n’existe que si Jésus le veut bien, croisade anti-islam à peine voilée, si ses perspectives économiques hors de l’Europe augurent d’un avenir argentin des années 2000 ou si nombre de mesures proposées par son parti sont liberticides (présomption de légitime défense pour les policiers, manifestations en faveur des clandestins interdites, déremboursement des avortements dit "de confort"…) ou encore si
 les expériences d’un FN aux affaires se souvent soldées au tribunal avec des caisses vides à l’arrivée : La flamme est en marche vers la prise de la République. 

Edito publié sur mediavox. Retrouvez-moi tous les lundis matins. Et n'hésitez pas à retourner toute la semaine pour y retrouver chaque matin le point de vue de Romain Blachier, Gauche de combat, Paul Debedeux (même lui vous pouvez...) et Benoît Desaulle. 

Par Yves Delahaie - Publié dans : Editos média vox
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Lundi 10 décembre 1 10 /12 /Déc 20:02

Mais à quoi joue Jean-Luc Mélenchon ? Autoproclamé ennemi public numéro un de la présidente du Front national, avec pertinence et efficacité durant la présidentielle, mais en toute contre-productivité lors de la législative, le président du Front de gauche a offert à Marine le Pen un cadeau avant Noël. Grimé en Saint-Nicolas pour l’occasion… De la part d’un défenseur acharné de la laïcité, avouons que cela a de quoi faire sourire.

En verve concernant une circonscription où, selon ses propres dires, il y avait livré "la pire campagne de sa vie", Jean Luc Mélenchon rappelle que Marine Le Pen a elle aussi triché en rappelant l’affaire des tracts, dans laquelle il a d’ailleurs porté plainte.

 

Mélenchon en père fouettard du Parti socialiste

 

Mais Saint Nicolas Mélenchon avait encore quelques paquets dans son sac, rappelant que le vainqueur PS, Philippe Kemel, "fut traité de tricheur par ses propres amis dans l’investiture pour être candidat".

Avant de conclure : "Et pour terminer le tableau, voici le Conseil Constitutionnel qui annule douze voix trichées. Donc là-dedans tout le monde triche."

Interrogé par Claire Chazal sur cette décision, le président du Front de Gauche servit alors son plus bel emballage :

"Je me garde de la commenter, à quoi ça sert de toutes façons. Je note cependant que c’est une situation tout à fait étrange, d’abord ces deux-là le PS et le FN, là bas à Hénin Beaumont c’est Plouf et chocolat, c’est passe-moi le sel, j’te passe le poivre…"

L’on notera dans une déclinaison surprenante de l’expression "bonnet blanc et blanc bonnet" l’évocation d’un "Plouf et chocolat", dont il avait été l’auteur dans un billet daté d’il y a deux ans, mettant déjà en scène Marine le Pen, face cette fois-ci aux journalistes de l’émission "Des paroles et des actes". Qui détient l’étymologie de l’expression n’hésite pas à éclairer notre lanterne.

Mais au-delà de cette interrogation sémantique, force est de constater que Jean-Luc Mélenchon, plus que ceux de Saint Nicolas, a revêtu les oripeaux du père Fouettard du PS. Cette fois-ci, le président du Front de gauche n’a pas pris de gants. On lui connaissait la dent dure envers son parti d’origine. On ne savait pas encore que pour lui, le PS ou le FN, c’était finalement la même chose.

 

Reprise des arguments du Front national

 

Reprenant trait pour trait l’argumentation traditionnelle du Front national, qui met dos à dos tous les partis traditionnels, comme sur cette affiche placardée cette semaine dans tout Hénin Beaumont dans l’espoir d’un troisième tour avant la décision qui est venue jeudi dernier, Jean-Luc Mélenchon a certainement voulu attraper Marine Le Pen dans les mailles de son propre filet. 


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Pour autant, ce guet-apens a fait "plouf". Et point de chocolat dans l’affaire. Car en singeant la dialectique de Marine Le Pen, le président du Front de Gauche donne plus que jamais raison à la caricature de Plantu qui l’avait tant contrarié. Et non sans raison à l’époque. Mais qu’en sera-t-il à présent ?

D’autre part, quel plus beau cadeau pouvait-il faire à Marine Le Pen que de valider sa propre conception du monde politique en expliquant que le PS est complètement pourri lui aussi ?

 

Mettre le PS et le FN au même niveau : grosse erreur

 

Un Front national qui, placé à la hauteur du PS, est plus que jamais conforté dans la phase 2 de sa stratégie. Car après deux années consacrées à la dédiabolisation, l’heure est à la banalisation et à la normalisation.

De l’émergence de Florian Philippot sur tous les plateaux à l’invitation dans "Des Paroles et des actes" pour dévorer un Manuel Valls réduit à l’état de victime expiatoire, en passant par l’afflux massif de militants dans l’affaire rocambolesque de l’UMP à deux papas, le Front national s’impose comme un parti comme les autres. Et nourrissant à ce titre les mêmes ambitions que les autres.

Et ce n’est certainement pas Jean-Luc Mélenchon avec sa sortie de samedi soir dans le 20h de Claire Chazal sur TF1 qui pourra à présent expliquer qu’il a tout mis en œuvre pour démontrer le contraire. 

Par Yves Delahaie - Publié dans : Du Front National
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Jeudi 6 décembre 4 06 /12 /Déc 19:07

L’air de Noël est propice aux contes. Celui d’un homme à la barbe longue venant semer la terreur auprès des enfants est connu sous le nom de "Barbe bleue". Pourtant, en cet hiver 2012, il semble que la directrice d’une école de Montargis ait décidé de réécrire à sa façon l’histoire.

Comme tous les ans, l’école maternelle du Grands Clos s’apprêtait à réserver une surprise aux enfants. Et quoi de plus traditionnel que la venue du Père Noël en cette période de fin d’année ? Seulement voilà, certains parents ne l’entendaient pas de cette oreille.

 

Un mythe païen

 

On aurait pu comprendre que des parents se plaignent du peu de sort accordé à la pédagogie en la venue d’un tel individu. Mais fi de ces considérations, ce sont les croyances religieuses qui sont évoquées pour s’offusquer de la manifestation.

Les fameux parents se sont revendiqués comme étant "musulmans" et ont directement contacté l’élu municipal en charge de l’éducation pour se plaindre. Plus grave, à la suite de ces pressions, la directrice de l’école a tout bonnement décidé d’annuler l’événement.

Devant l’ampleur du scandale, qui a fait boule de neige dans les médias, le maire de Montargis est monté au créneau pour exprimer sa consternation face à ce qu’il considère comme un contresens, rappelant, à juste titre, que le Père Noël n’a aucunement une origine religieuse et qu'il relève bel et bien d’un mythe païen.

Dans l’après-midi, on apprenait d'ailleurs que la directrice de maternelle faisait marche arrière et programmait à nouveau la venue du Père Noël… La tournée du patriarche pourra finalement reprendre sous l’œil des caméras et des journalistes que l’on imagine nombreux.

 

Un fête qui transcende le religieux

 

Si l’affaire fait grand bruit, c’est bien évidemment qu’elle pose deux problèmes majeurs : la contestation des parents pour des “motifs religieux" et la réaction de la directrice de l’école.

Il ne faudrait d’ailleurs nullement reporter l’origine de l’affaire sur le contexte actuel autour de la laïcité. Ce n’est pas nouveau. Déjà en 2004, le rapport Obin, remis au gouvernement de l’époque et intitulé "Les signes et manifestations d’appartenance religieuse dans les établissements scolaires", évoquait ce problème :  

"La première manière de manifester une appartenance religieuse est donc de contester le calendrier ou les fêtes scolaires, ou de s’en affranchir, ce qui est de plus en plus fréquent. La fête de Noël est de ce point de vue la plus contestée par certains élèves et parents. En plus d’un endroit on nous a rapporté la demande d’élèves ou de familles de supprimer 'l’arbre de Noël' et la fête scolaire traditionnellement organisée à cette occasion par l’école ou le collège ; ce qui a parfois été obtenu."

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Et l’on voit ici toute la confusion qu'apportent ces contestations puisque, sur des motifs religieux, l’on mélange le caractère religieux de la fête de Noël et les attributs païens que la tradition lui a associés, comme le sapin de noël ou le Père Noël dans l’affaire de Montargis.

D’ailleurs, certains catholiques intégristes refusent de célébrer le sapin dans leur salon, au nom d’un culte païen qui porterait atteinte au message qu’ils entendent donner à Noël, à savoir la naissance de Jésus.

Le problème réside donc dans cette interprétation extravagante de la laïcité ou plus exactement des manifestations et autres événements qui gravitent autour de Noël, et qui montrent que, davantage qu’une fête religieuse, le 25 décembre est devenu au fil du temps un événement qui transcende les frontières du religieux. 

Et qui rappelle que toutes les propositions simplistes comme celle qui consiste à créer des fêtes pour les autres religions, comme l'a proposé Eva Joly au cours de sa rocambolesque présidentielle, sont à côté du sujet.

 

Ne jamais reculer sur la laïcité

 

De la même manière, il faut veiller à de ne recourir à aucun amalgame en généralisant la position des musulmans sur la question. Il s’agit ici de parents à la marge, qui portent des exigences dans tout ce qu’elles ont d’intégristes, et qui ne sauraient être représentatifs des croyants de France,comme le rappelle avec bon sens un père de famille de l’école selon qui les musulmans de son entourage "n'ont aucun problème avec le Père Noël"...

Tout juste peut-on se permettre de dire que l’intégrisme en France se porte bien. Bien qu'ultra-marginaux en nombre, ces positions ont un écho déflagrateur sur l’ensemble du pays, qu’ils s’opposent à la venue du Père Noël, qu’ils encensent les crimes d’un frère djihadistes ou qu’ilsfrappent violemment des femmes venues contester leur haine avec des messages peinturlurés sur le corps. 

Mais plus inquiétant encore est la réaction de cette directrice, qui a préféré faire fi des valeurs et des principes pour céder à des pressions qu’elles jugeaient trop lourdes. Le barrage a cédé face à une marée à peine agitée.

Combien de fois faudra-t-il rappeler qu’il faut rester ferme et juste ? Le respect des religions n’implique nullement d’adapter les manifestations d’un espace public en fonction de la spiritualité de chacun. Surtout quand il n’y a aucun parti-pris pour une autre croyance comme c’était le cas ici. Un simple exercice de pédagogie aurait suffi à expliquer que le Père Noël ne relevait pas du religieux et que leur revendication, de même que leur crainte, n’étaient donc pas fondées.

Céder plutôt que de s’affirmer. Céder plutôt que d’expliquer. Céder plutôt que de dialoguer. Elle est sans doute ici la plus grande des violences faite à notre société.

Par Yves Delahaie - Publié dans : De la Laïcité et de l'intégrisme
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A la une : Commander

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A la une : L'étrange outing de Belkacem

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Et si Bayrou n'avait rien compris au MoDem ?

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Pourquoi ce blog ?

Ancien membre du MoDem (2007 -2012) après avoir été candidat

aux Régionales 2010 (Nord) et aux Législatives 2012 (circo 5901).

Aujourd'hui, je suis dés-encarté.

Apartisan mais engagé sur le terrain de la laïcité, de la République, de l'éducation et du mariage pour tous. 

Auteur d'un livre, La Croix et la bannière (Golias, nov. 2012), je publie depuis 2 ans sur le site participatif du Nouvel Obs "Le Plus".

Tous les lundis, retrouvez mon édito sur www.mediavox.fr

J'ai participé au N°57 (printemps 2013) de Prochoix avec un article intitulé "Les illusions perdues de Civitas"

Et certains mardis, sur la radio RCN (www.rcn-radio.org) aux côtés de Daniel Conrad et de Julien Gelly pour commenter l'actualité du mariage pour tous. 

Bayrou, "The" Artist

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Parce que ma prose est le fruit d’une réflexion et d’une écriture personnelle, reproduction non autorisée sauf partielle(max : 10%) suivie d’un lien avec mention de la source :

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Car se faire vampiriser quand bien même l'orange est sanguine n'est pas correct...

Bonne lecture !

 

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  • : Blog d’un militant du Mouvement Démocrate (MoDem). Je suis Yves Delahaie, membre du Bureau de la section de Lille et du Conseil Départemental. Ce blog a pour vocation de donner ma pensée personnelle sur l’actualité. Il n’est en aucun cas la reproduction de la parole officielle du parti. Même si nécessairement, puisque je suis militant actif, mes pensées bien que personnelles, sont porteuses des valeurs que je partage : celle du MoDem.
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  • : 07/04/2008

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