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13 janvier 2015 2 13 /01 /janvier /2015 19:28

Qu’il fut lourd de prendre le clavier pour parler de Charlie. Ecrire parce que rien ne s’efface. Pour ne pas oublier. Jamais.

Il y a trois ans, le jour de l’incendie des locaux de la rédaction, j’avais titré ici même l’article "Charlie Hebdo vient de vivre son 11 septembre". Aujourd’hui, ce titre ne suffirait plus. A travers Charlie, c’est la France elle-même qui a vécu son 11 septembre.

 

Personne ne s’y trompe : tous les grands représentants des états étrangers de Cameron à Obama, en passant par Merkel et même la Reine d’Angleterre (on imagine la tête de Cabu et de Charb’ en lisant la lettre de la reine où qu’ils soient) se sont empressés de témoigner de leur affliction. Même sur les réseaux sociaux les effluves de 2001 flottaient, le "Je suis Charlie" rappelant l’édito de Jean-Marie Colombani "Nous sommes tous des Américains".

 

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Mercredi soir, à l’unisson, la France a fait bloc. Comme un seul homme. Réunis sur les différentes places de France, des centaines de milliers d’anonymes ont tenu marqué leur soutien à la liberté de la presse, aux policiers et aussi à la République. Tous les acteurs publics de la politique ont, sans concession et surtout sans polémique ont condamné cet acte de barbarie. Cette France unie qui fait chaud au cœur dans ces moments si difficiles. Comme ces familles qui occultent leurs meurtrissures le temps d’ensevelir ceux que l’on a aimés.

Pourtant, les larmes à peine séchées, une amertume m’habite. Durablement. Douloureusement. Une impression de trahison.

Il y a 40 ans, Charlie usait d’un sarcasme acide pour évoquer la mort du Général de Gaulle : Bal tragique à Colombay : 1 mort. Aujourd’hui, on peut parler d’un bal des faux-culs.

Parce que dans cette procession si nette, si paisible, ni républicaine, se terrent des sentiments qui n’ont pas toujours été bienveillants. Loin s’en faut. Encore une fois : les écrits restent. Bas les masques à présent. Si les barbares sont évidemment coupables, il faut pas oublier la responsabilité de ceux qui n’ont pas voulu soutenir Charlie hebdo, non pas dans le débat d’idées (chacun est encore libre de penser comme il le veut) mais dans la remise en question de la liberté d’exercer le droit à la caricature et au blasphème.

 

Qu’il semble bienveillant le site de Daniel Schneidermann, Arrêt sur images, ce mercredi 7 janvier 2015, dont la rédaction a participé à une émission spéciale le soir-même. Pourtant le fondateur de ce site, et de l’émission du même nom, qui était à la pointe de la liberté d’expression face à l’oppresseur, a depuis pris quelque distance avec la lucidité, au point de prendre en grippe même les défenseurs de notre laïcité, dès lors que l’on touche au croissant vert. En 2011, il refusait de parler de l’attentat dont avait déjà été victime Charlie Hebdo, parlant de piège à cons et expliquant clairement que la finalité de la rédaction était la provocation vénale, parlant de "piège à cons" :

"Pas envie de faire de la pub à cette provocation pas drôle. La dénonciation de toutes les charias, les vraies, les fausses, les réelles, les imaginaires, est un fond de commerce comme un autre. C’est un placement sans risque (enfin disons, ce matin, sans trop de risque). Charlie Hebdo a le droit d’en encaisser périodiquement les dividendes. Il faut bien vivre."

Un an plus tard, lors du numéro qui voyait Mahomet les fesses en l’air, le même Schneidermann évoquaitun « d’un obscur journal humoristique ». Oui quelle obscurité que de vouloir blasphémer, que de vouloir dénoncer l’intégrisme, de refuser ceux qui instrumentalisent la religion à des fins politiques.

J’accuse Schneidermann d’avoir apporté du grain à moudre au moulin des intégristes et de ceux qui fomentent contre la République.

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Mais après tout que représente Schneidermann ? Il en est tout autre de nos politiques. Jean-Marc Ayrault et Laurent Fabius avait fait encore plus fort en se désolidarisant de la rédaction de Charlie en septembre 2012, lors de la une sur Mahomet en "Intouchables". Si le Premier Ministre de l’époque avait tenu à manifester sa "désapprobation face à tout excès, dans le contexte actuel", le ministre des Affaires étrangères, en visite au Caire, s'était dit pour sa part "contre toute provocation, surtout dans une période aussi sensible que celle-là". Sur i>Télé, il est même allé plus loin en n'hésitant pas à dire : "La liberté d’expression existe, mais je suis absolument hostile à toute provocation.[... Je ne vois pas du tout l’utilité quelconque d’une provocation et même je la condamne d’une façon très nette et en même temps je respecte la liberté d’expression."

Condamner quoi ? La liberté de blasphémer ? La liberté de se moquer des religions même avec sarcasme ?

Une réaction qui fut la même en 2006, lors de la publication par l’hebdomadaire des caricatures danoises par le chef de l’Etat lui-même. A l’époque, le Président de la République, Jacques Chirac avait été jusque dire :

"Les provocations manifestes susceptibles d'attiser dangereusement les passions. Tout ce qui peut blesser les convictions d'autrui, en particulier les convictions religieuses, doit être évité. La liberté d'expression doit s'exercer dans un esprit de responsabilité."

J’accuse nos politiques d’avoir apporté du grain à moudre au moulin des intégristes et de ceux qui fomentent contre la République.

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Enfin comment ne pas parler des représentants des musulmans de France.

Comme à son habitude, l’imam de Drancy Hassen Chalghoumi aura été irréprochable évoquant "les martyres de la liberté", comme en 2011 il interpellait avec courage, sans concession, sans "mais" les musulmans :

"Réveillez-vous ! Arrêtez de soutenir l'islam politique. Ne soyez pas naïfs, ces gens-là sont intolérants, ils menacent même des musulmans qu'ils jugent trop modérés".

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Mais qu’en est-il des autres représentants ?

Dalil Boubakeur, président du Conseil français du culte musulman (CFCM) explique que "la communauté musulmane tout entière est en état de choc et condamne très fermement ces actes.
 Ceux qui les ont commis sont des barbares et ne peuvent prétendre les avoir perpétrés au nom de la communauté musulmane ou de la religion : la communauté musulmane aspire à la paix et au vivre ensemble, l’islam condamne absolument l’assassinat ». Pourtant en 2011, une concession venait ternir sa condamnation, le recteur sous-entendant que les caricatures de Charlie étaient offensantes et "nuisibles" au "vivre ensemble".

L’UOIF, quant à elle était, à la limite de justifier l’attentat dont avait été victime la rédaction :

"L’usage de la liberté d’expression exige un sens de la responsabilité" ! (…) ces publications, loin de servir la paix et la cohésion sociale, cherchent à s’attaquer à un symbole de la foi de près d’un milliard et demi de musulmans dans le monde, et plus particulièrement de la communauté musulmane de France, qui se sentent offensés".

Aussi qu’il fut odieux d’entendre Amar Lasfar, responsable de l’UOIF, ce mercredi soir au journal de France 2 : "Oui nous sommes tous Charlie".

J’accuse une partie des représentants des musulmans de France d’avoir apporté du grain à moudre au moulin des intégristes et de ceux qui fomentent contre la République.

Mais fort heureusement qu'Abdennour Bidar sont là pour nous éclairer, et avec quelle intelligence comme il le fit, une nouvelle fois, mercredi soir sur le plateau du "Grand Journal"

Pour autant, les faux-culs ne peuvent s'affranchir de leurs forfaits, de leur responsabilité. Chacun d’eux, en mettant en doute l’utilité de l'action de dessiner, de caricaturer et de blasphémer, qu'ils assimilent à de la "provocation", remet en doute l’utilité de la liberté d’expression. Pire, on donne la légitimité et les arguments à ceux qui contestent cette dire liberté. Ironie du sort de voir ceux qui accusaient Charlie de craquer l’allumette d’être eux même ceux qui attisent le feu qui couvait.

Fallait-il attendre un massacre pour que chacun comprenne enfin le prix de la liberté d’expression, de la liberté d’informer, de la liberté de blasphémer, deux siècles après sa dépénalisation ?

Apparemment oui. 

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14 avril 2014 1 14 /04 /avril /2014 13:55

La question n’est pas encore de savoir s’il va réussir. Ni même si Hollande lui en donnera l’occasion. Encore moins de savoir s’il sera candidat à la présidentielle. Laissons au temps faire son œuvre, et surtout à l’homme de faire ses preuves. Surtout.

Mais d’ores et déjà, il faut être fier de compter en premier Ministre Manuel Valls. Nul besoin de pérorer sur son prédécesseur. Léché, lâché, lynché. Le vieux dicton a fait ses preuves et son sinistre carnage. Il est temps seulement de savoir pourquoi Manuel Valls est l’homme qui incarne la République. Pourquoi l’homme n’est pas seulement celui qui a la plus forte cote dans les divers Instituts de popularité, qui crée au moins autant les phénomènes qu’ils ne les sondent.

Le grand public retiendra bien évidemment le temps récent. L’affaire Dieudonné. Avec son ressenti, selon que l’on soit libertaire ou extrémiste et adepte de la liberté de parole fallacieuse ou bien admirateur de la fermeté face à l’indicible. Manuel Valls a alors pris le risque de perdre en popularité, ce qui arriva, pour défendre les piliers de notre République. L’histoire retiendra que sa sanction, d’un rare courage, fut prise par un homme de gauche. Oui de gauche. Et c’est sans doute la raison pour laquelle cette droite devint folle à lier à son encontre. Pavlovienne.

Les férus des potins apprendront que l’homme a une sœur qui combat contre la drogue, faisant de lui un homme comme les autres face aux fléaux de notre Monde. Ni plus, ni moins. N’en déplaise à La Fontaine et ses si jolis vers sur les plus Puissants.

Les plus cruels se rappelleront de ses faux pas. « Des Blancs, quelques white, quelques blancos » qui défrayèrent la chronique, comme si l’on oubliait que la vie politique est une vie orchestrée, mise en scène qui transcende l’humain jusque dans les maux. Dur. Mais quel politique n’a-t-il pas été pris au piège de ce cynisme qui conduit à la lumière ?

Sans parler de sa sortie sur les Roms. Faisant trop écho au désormais sinistre discours de Grenoble de celui, dont on dit qu’il marche sur ses pas. Avec une grasse bêtise. Tant sa marque écrase celle minuscule aux yeux de la République de celui qui a écorché la France dans ses principes et sa chair.

Oui. Manuel Valls n’est pas parfait. Il a failli. Et alors ?

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Pour ma part, je retiendrais de l’homme, le seul qui, dans son camp, a osé défendre la direction de Baby Loup, cette crèche de Chanteloup-les-Vignes qui a appris à la France entière que l’on pouvait, en France, ouvrir un établissement juif, musulman ou catholique mais qu’il était défendu d’en ouvrir un qui se revendique des valeurs laïques. Qui ose dire que la neutralité n’est pas une possibilité, mais la seule condition pour accueillir des enfants en bas âge. Qui, surtout, offrait un service 24 heures sur 24 à des classes populaires, contraintes de se lever tôt pour travailler, avec l’assurance qu’aucun prosélytisme, de quelque sorte qu’il soit, ne vienne entraver l’éducation qu’ils entendaient donner à leur progéniture. Quelle qu’elle fût.

Seul. Seul et presque contre tous quand on sait la frousse qui s’empare de la gauche dès que l’on parle de la laïcité, comme si prononcer ces quatre syllabes étaient un poison. Une maladie incurable.

Manuel Valls a prouvé, prouve et prouvera certainement, que l’on peut être de gauche et assumer certaines thématiques, comme la sécurité, la laïcité ou l’immigration. Avec cette conscience qu’il ne faut surtout pas laisser ces territoires à d’autres prédateurs, habiles à détourner l’attention du Peuple.

C’est avec courage qu’il faut parler de la chose.

Manuel Valls a tout pour devenir cet homme que je dépeins, sans doute avec appétence dans l’exercice du pouvoir. Puisse-t-il ne pas décevoir. Il en va du sort de la France.

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7 avril 2014 1 07 /04 /avril /2014 13:59

Une semaine après le résultat des Municipales, les partis font les bilans chiffrés. On a beaucoup (trop ?) glosé sur ceux du PS, de l’UMP et surtout du Front national. Mais comment aurait-il pu en être autrement quand voit comment ses municipales ont été sans doute pour la première fois de la cinquième république, et dans cette ampleur, kidnappée par le contexte national.

Table rase des considérations locales, des poubelles, de la circulation en ville, des transports. Les électeurs ont exprimé leur colère parce qu’ils payaient trop d’impôts, ou parce qu’ils n’avaient pas de boulot. Sans doute faut-il voir ici le syndrome de notre démocratie malade et une des alertes ultimes du manque de représentation dans nos élites politiques, quand on sait par exemple que deux partis monopolisent presque 95% des sièges.

A ce petit jeu du chamboule-tout, il y a un parti qui peut avoir le sourire : le MoDem. Marc Fesneau, le débonnaire mais transparent Secrétaire général du Mouvement Démocrate, envoyait ainsi un message chaleureux aux adhérents mercredi dernier :

« Au total, lors de ces municipales, nous avons doublé notre nombre d’élus et nos candidats de premier tour ont en moyenne réalisé un score de plus de 15 % ».

C’est assez incroyable pour être noté : le MoDem a tout simplement obtenu les meilleurs résultats de son histoire, puisque le coup de tonnerre de mai 2007 était pour le compte de l’UDF. Ce parti qui souffrait d’une représentativité dans les assemblées exécutives vient d’y faire une entrée fracassante dans certaines zones. Sans oublier que certains se sont vus réélire en passant du camp de l’opposition à celui de la majorité.

Un succès ces municipales pour le MoDem ? Difficile d’en convenir.

La campagne aura été meurtrière pour ses rangs. A Paris, le seul conseiller municipal, Jean-François Martins a choisi de soutenir Anne Hidalgo, avant même que la Direction du Mouvement n’ait pris une décision, décidée par la suite unilatéralement par Marielle de Sarnez et… elle-même. Ou de l’art d’honorer l’épithète du nom de ce Mouvement.

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Dans le même mouvement, le Directeur de la communication a décidé pour sa part d’être en rupture avec la ligne choisie par la députée européenne, considérant qu’il était impensable au nom des valeurs défendues par le MoDem de soutenir le projet (sic) de Nathalie Kosciusko Morizet. Un choix courageux qui l’a placé sur le marché du travail. A partide pour l’heure.

A Lille et Tourcoing, après avoir fait croire que leur engagement auprès des listes de gauche dès le 1er tour ne poserait aucun problème, François Bayrou a fait volte face pour apaiser les colonels de Jean-Louis Borloo. A Lille, ce revirement a couté plusieurs dizaine de milliers d’euros à Martine Aubry qui avait placé le logo MoDem sur quantité de documents officiels, Bayrou ayant rédigé une lettre pour soutenir officiellement le candidat investi par la droite. On demanda même l’espace d’un moment au Président de la Fédération du Nord de se mettre en retrait de sa fonction, pour laquelle il a été pourtant élu, parce qu’il avait décidé de ne pas soutenir Gérald Darmanin à Tourcoing.

A Marseille, les vice-présidents Jean-Luc Bennahmias, également député européen, et Christophe Madrolle ont quitté le parti dans un même jeu de dupe, Bayrou leur faisant croire qu’il pouvait ne pas soutenir Jean-Claude Gaudin, avant que lui-même ne le fasse officiellement au nom du mouvement.
Les militants les plus fidèles parlent de succès, de compromis nécessaire et d’intérêt général. La réalité est tout autre : inféodé à la droite à présent, le MoDem a sombré dans la compromission et dans l’intérêt personnel de son président et de sa plus fidèle alliée, Marielle de Sarnez qui ont imposé aux autres l’inopportunément dénommée « Alternative ».

Aujourd’hui le MoDem a bien des élus, mais quel programme défend-il ? Quelle valeur ? Quelle vision de la société ? Depuis des années, quand on demande la position du MoDem, on en revient à ce qu’en dit François Bayrou.

A ce niveau-là, ce n’est plus un mouvement : c’est un fan club, composé d’élus sans autre fil directeur qu’une étiquette orange ternie. L’illusion durera sans doute jusqu’aux Européennes. Mais après ?

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31 mars 2014 1 31 /03 /mars /2014 13:59

Inutile d’abuser de rhétorique. Le résultat de ces municipales devait être une passe médiocre pour la gauche. Elle fut une déculottée sans nom. Fessée cul nu.

Hollande a-t-il failli ? Incontestablement. Sa campagne fut fondée sur un mensonge, comme celle de Sarkozy d’ailleurs. Et celle du FN qui prétendait sauver la France en se retirant de l’Europe. Avec des projections de croissance oniriques, et cyniquement assumées, il a dupé les citoyens honorant comme tous ses prédécesseurs l’adage de Pasqua selon lequel les promesses n’engagent que ceux qui y croient. Le gouvernement, depuis deux ans, fonctionne dans une cacophonie ahurissante. Même le mariage pour tous, l’engagement 31, qui fut une des promesses tenues du programme du Président, fut laborieux avec un Hollande qui a clairement dérapé sur la liberté de conscience.

La défaite est-elle pour autant juste ? Non, définitivement non. Les bénéficiaires sont des usurpateurs, surfant sur une posture insupportable.

Le FN prétend que sa boutique a changé quand des témoignages de l’intérieur, comme celui d’Arnaud Cléré, nous montre qu’il n’en est rien. Ni plus, ni moins. Xénophobie, homophobie, laïcité qui amende le catholicisme, connivence avec l’extrême droite pure et dure, programme qui conduit au destin de l’Argentine des années 2000…

L’UMP, l’hydre à deux têtes qui perd la sienne tout court avec son NI-NI même prôné par Alain Juppé et Bruno Le Maire, dans une surenchère indigne avec sa pièce rapportée dans sa nouvelle famille, le FN. Un parti incapable d’avoir des idées, mais toujours producteurs d’onomatopées ou de postures indignées, faussement effarouchées, quand il a été coupable d’affres bien plus obscènes durant le quinquennat de Sarkozy qui restera comme une balafre sur le visage de Marianne.

L’UDI et sa nébuleuse prétendument centriste, qui est en réalité inféodée à la droite, troquant ses valeurs pour des plats de lentilles, bien chaudes pendant six ans. La cuisine qui favorise, à foison, abstention et écœurement.

Alors maintenant, on fait quoi ? Ou plutôt, que va faire François Hollande ?

Rester sourd et affirmer de la « continuité » comme l’a fait dimanche soir sur France 2 Michel Sapin ? 

Ahurissant.

Remanier le gouvernement ? Pourquoi pas. Mais le casting n’est jamais rien tant que la direction politique n’est pas re-dirigée elle-même.

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Parce que la réalité, c’est que plus personne n’y voit plus rien. Entre les couacs, les avancées étouffées par des retours tout aussi brutaux, des engagements stériles comme celui de vouloir faire baisser le chômage avant telle date, comme un simple message signifiant que l’on endiguerait sa progression aurait suffi à rassurer, il faut être clair.

François Hollande a perdu toute sa marge de manœuvre en dilapidant deux ans sans élections qui lui aurait permis toutes les audaces. Notamment en termes de geste fait à la sociale démocratie, à laquelle il a pensé bien plus tardivement qu’à ses amitiés, au nom d’un prétendu sens de la synthèse qui restera dans l’histoire comme un brouillamini des plus impressionnistes que la cinquième république aura connu.

L’urgence. Ne plus escompter un sursaut aux Européennes. Et lequel quand on se rappelle la dérouillée de 2009.

Raison de plus pour oser. Réellement.

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24 mars 2014 1 24 /03 /mars /2014 14:01

Dire que l’on s’y attendait est la moindre des choses. Il suffit de relire ce que j’écrivais ici même la semaine dernière pour revivre la soirée électorale de ce dimanche : abstention record, et score énorme du Front national.

Sur les plateaux, chacun s’est rejeté la faute. Ne nous leurrons pas : tous les partis républicains, de par leur incompétence, leur manichéisme qui les empêche de gouverner en consensus comme au Parlement européen ou encore de par leur cynisme électoraliste sont responsables de l’apogée du Front national à une municipale. Dans des proportions largement supérieures à 1995.

Pensez donc ! Steeve Briois élu dès le 1er tour à Hénin Beaumont. Des dizaines de villes où il oscille entre 30 et 45% dès le premier tour et qui laissent entrevoir les clefs de l’hôtel de ville.  

On peut continuer d’accabler droite et gauche et conspuer leur irresponsabilité. On pourrait. Non sans raison.

Mais il faudrait tout de même aussi régler, une fois pour toutes, l’impact du traitement médiatique de la politique en France, et oser remettre en question, non pas la liberté de la presse –insensé celui qui oserait !- mais le traitement de l’information en France.

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Quand on voit les dernières semaines, les émois au moins aussi considérables qu’inconsidérés autour des écoutes et des affaires, on peut se poser des questions. Comment Christophe Barbier, pour ne citer que lui, peut-il oser dire qu’après les nouvelles écoutes de Sarkozy alias Bismuth, l’affaire Taubira a laissé place à une nouvelle affaire Sarkozy, laissant entendre que les deux dossiers seraient du même niveau d’importance ?

Mediapart ou le Canard enchaîné ne pouvaient-ils pas attendre trois semaines pour publier des écoutes plutôt que d’en abreuver la France à quelques jours d’un scrutin de tous les dangers ? La vérité n’attend pas diront certains. Sauf si le rythme ne correspond à aucune urgence judiciaire ou républicaine et, bien au contraire, alimente les populistes.

Comment supporter d’entendre dimanche soir Bruce Toussaint demander à Cambadélis si Mennucci allait appeler à voter Gaudin à Marseille (sic), puisqu’il est troisième et derrière le FN, en rajoutant « ah le front républicain ça marche pas à tous les coups » ? Est-ce là de l’incompétence totale ou la volonté d’aimer à se faire peur, à faire peur la France pour doper l’audience ?

Quel média a-t-il parlé des programmes, des propositions pour les citoyens, des engagements locaux ? Pourquoi avoir focalisé sur le duel féminin parisien ou sur les municipalités prenables par le FN, quand de nombreuses villes voient des maires confortablement réélus, montrant donc que leur politique est plébiscitée et que, oui, les politiciens français peuvent faire du très bon travail ?

Le climat imposé, car il a été imposé aux Français, par les médias de tous bords, au nom de la raison économique, de l’audience au nombre des lecteurs, prend une large part de responsabilité dans la montée du Front national, lui qui pourtant régulièrement, conchie les journalistes et la presse, à l’image de Louis Aliot, l’homme qui traite de pute une journaliste.

La presse tapine, et le FN encaisse les passes : l’image est obscène. Certes. Mais elle est à l’image même de ce que l’on éprouve aujourd’hui : la nausée.

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17 mars 2014 1 17 /03 /mars /2014 14:02

Il est une coutume dans ce pays, après chaque élection, qui puise sa force tant dans la naïveté que dans l’imprudence, quand il ne s’agit pas du cynisme. Les élections Municipales et plus encore les Européennes n’y échapperont pas. Mieux vaut prévenir que guérir.

Le soir du premier tour, les grands barons de l’UMP et du PS mais aussi d’EEV, du Front de gauche, ou du centre vont défiler, un à un, la tête basse, en estimant que le seul vainqueur est l’abstention… avant de rajouter que la montée du Front national a de quoi inquiéter tout le monde. Que ce parti évoque de vrais problèmes sans donner des solutions. L’impasse même. Que ce vote est avant tout un vote contestataire, et qu’il ne faut pas juger ou insulter ceux qui dans la difficulté ont choisi une mauvaise échappatoire pour exprimer leur ras-le-bol.

Cela en serait touchant si cette rengaine n’était pas vaine, et si, entre temps, ce n’était pas l’occasion pour certains de draguer ouvertement cet électorat, en pillant dans le trésor programmatique de la flamme nationale, à l’image de Nicolas Sarkozy dans l’entre deux tours de la Présidentielle, quand il proposa la présomption de légitime défense pour les policiers.

Il faut cesser net avec cette mascarade et responsabiliser les électeurs du Front national.

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Quand vous votez pour le Front national, vous assumez de voter pour un parti d’extrême droite, fondé sur les misères de ses rejetons en 1972 quand la famille brune était dispersée entre les cathos intégristes, les pétainistes et les nostalgiques de l’Algérie. Et ceux qui, dupes, oseraient croire que le Front a changé, se souviennent que son créateur est toujours Président d’honneur du parti, ce qui revient à tout assumer du passé, et à ne rien renier.

Quand vous votez Front national, vous acceptez de voir des insignes nazi tatouées ici ou là sur des bras venus donner main forte pour encadrer des réunions ou des défilés. Et ce même si on se donne bonne figure en excluant quelques énergumènes, lâchés et lynchés, après avoir été léchés.

Quand vous votez pour le Font national, vous assumez d’être contre l’Europe, pour le rétablissement des frontières, pour le fait de voir notre monnaie dévaluée et donc de payer votre essence l’équivalent de 3 ou 4 euros le litre. Vous assumez de ne pouvoir plus commercer avec le reste de l’Europe qui est pourtant notre premier client, et donc acceptez que nombre d’entreprises, qui font leur commerce avec l’extérieur ferment leur porte ou se délocalise, faisant passer le chômage de 10 à 25 voire 30%.

Quand vous votez Front national, vous assumez de refuser aux réfugiés les soins essentiels et occultez donc que les virus n’ont pas de passeport, et qu’ils se propageront faute d’avoir assuré le minimum pour les guérir.

Quand vous votez Front national, vous acceptez de considérer que la laïcité existe si Jésus le veut bien, considérant qu’à l’exception du christianisme, aucune autre religion n’a le droit de cité sur notre territoire, qu’en des proportions marginales et surtout cachées. Vous considérez que l’islam n’est pas compatible avec les valeurs de la République.

Quand vous votez Front national, vous acceptez que les homosexuels soient considérés comme des citoyens de seconde zone. Après leur avoir refusé le PaCS, le parti de la flamme leur a refusé le mariage. Considéré comme un comportement déviant par Jean-Marie Le Pen il y a encore 15 ans, l’homosexualité est une pratique pour ce parti, un choix de vie qu’il convient de cacher pour être toléré.

Quand vous votez Front national, vous acceptez de jouer le jeu de dupes qui consiste à prétendre que l’on n’est pas raciste, tout en grimant une Ministre de la République en singe, parce qu’elle est noire. Vous assumez de dire que vous n’êtes pas raciste parce qu’un de vos meilleurs amis s’appelle Mohammed, mais parce que lui n’est pas comme les autres… Les autres ?

Il va falloir à présent assumer. Quand on prend la peine de se déplacer un dimanche pour placer un bulletin de vote dans l’urne, on sait parfaitement ce que l’on sait. On ne peut plus dire que l’on a voté pour le Front national, en s’en lavant les mains, et en disant que c’était juste pour faire peur. Les électeurs de Marine Le Pen assumeront l’ensemble des propositions et du programme du rassemblement Bleu Marine.

Et tous ceux qui, déçus ou affamés viendront leur faire les yeux doux, le regard rempli de mansuétude et de compréhension, auront de la même manière autant de comptes à rendre aux valeurs républicaines.


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10 mars 2014 1 10 /03 /mars /2014 14:04

A trois semaines des municipales, les forces républicaines se seraient bien passées de cet amoncellement d’affaires qui fait penser clairement que le ventilo à merde fonctionne à plein turbo.

Ce fut d’abord l’affaire Copé qui montre que, malgré des lois régulant les financements politiques, ce sont encore ceux qui en ont le moins besoin, qui jouent avec les règles, contraints de démontrer leur probité alors que la confiture dégouline encore de leurs mains, pendant que les petits partis luttent pour leur survie. Parodie démocratique.

Puis des écoutes. Celles de Patrick Buisson tout d’abord, dont on se demande à quelle fin étaient destinés ces enregistrements. L’Histoire montrera si cet homme, qui a fait les beaux jours de l’extrême droite, n’a pas été, durant le quinquennat Sarkozy, un sous-marin chargé de faire exploser les digues, afin de délimiter les frontières de la droite du centre aux nationalistes identitaires.

Enfin, celles qu’ont subies Nicolas Sarkozy et son avocat, à propos de reliquats d’affaires qui n’en finissent plus de viser l’ancien président de la République, sans pour l’instant qu’il n’ait eu à subir la moindre condamnation par la Justice. Touché jamais coulé.

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Ce spectacle désolant fait suite au rejet des comptes de campagne pour la campagne 2012, qui avait donné lieu à un Sarkothon que la France entière va payer de ses deniers en cette année fiscale 2014 mais aussi à l’élection rocambolesque, digne d’une République bananière à la tête de l’UMP. Un parti meurtri par des urnes bourrées qui offre une voie royale aux tenants du « tous pourris » que l’on entend déjà claironner, telles les vautours cyniques qui tournoient avec un appétit vorace autour de leurs proies exsangues. Des vautours qui pourtant sont loin d’avoir la patte blanche.

J’aurais pu alors titrer la « droite moisie » pour dénoncer ces vilains petits canards qui prostituent les valeurs démocratiques et républicaines. Mais l’épithète m’a semblé trop faible et si peu révélatrice.

En réalité c’est bien le constat, au présent de l’indicatif qui s’impose : la droite moisit.

Car qui à droite vient dénoncer ces ignominies ? Qui a le courage de dire « stop, ça suffit » pour tenter de proposer une autre droite, plus respectable qui naîtrait sans peine des cendres de celle qui est gangrenée par la corruption et la trahison des valeurs et des idéaux ?

François Fillon a préféré faire exploser le front républicain en expliquant qu’entre le FN et le PS, il choisirait le moins sectaire.

Alain Juppé, le modéré nommé, n’hésite pas à intégrer un intégriste, tête de gondole de la Manif Pour tous, version De La Rochère sur la liste à Bordeaux, en osant prétendre qu’il s’agit là d’un délit de sale gueule que de s’en émouvoir.

Bruno Le Maire préfère cautionner les délires ahurissants de Copé sur « Tous à poil » et sur legender face à Najat Vallaud Belkacem, et mentir honteusement en expliquant que tous les cadres de l’UMP ont toujours été clairs avec le FN, et en digressant avec affabulation sur une prétendue insulte, pour ne pas répondre à la Ministre.

Aucun courage. Que de la lâcheté. A l’image de Nathalie Kosciusko-Morizet. Qu’a-t-elle à prouver en prétendant croire encore en ses chances pour succéder à Delanoë ? Tout le monde sait que sa campagne est perdue, et que les sondages serrés occultent le décompte parisien qui se fait arrondissement par arrondissement. Personne n’en est dupe. Qu’a-t-elle donc à perdre ? Pourquoi le courage ne la guide pas pour taper du poing sur la table et faire table rase des nauséabonds de la droite parisienne, à l’image de François Lebel qu’elle avait promis de laisser sur la touche ? Au lieu de cela, elle fuit, fait le dos rond, et accepte l’inacceptable, l’odieux personnage qui amalgame homosexualité, inceste, zoophilie et pédophilie. Ad nauseam.

La droite moisit. Ses vilains canards sont cautionnés par les prétendus modérés pour des sombres histoires de carrière ou d’amitié de longue date quand le pacte républicain menace de s’effondrer et de légitimer définitivement le Front National. Plus que quelques jours d’attente, et on le verra : il sera beau le résultat.

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3 mars 2014 1 03 /03 /mars /2014 14:06

Les jours se suivent et se ressemblent. Irrespirables. A peine la cérémonie de clôture terminée, Vladimir Poutine a remisé ses oripeaux d’hôte souriant pour endosser son costume favori : dictateur.

Ne jouons pas avec les maux : ce n’est pas la Crimée que la Russie vient d’occuper, c’est l’Ukraine qu’elle a envahie. Pour rappeler que sur ses anciens territoires, c’est encore elle qui dirige et décide des politiques à mener, puisqu’elle détient le nerf économique de la guerre : le gaz.

C’est alors que l’invraisemblable inertie des instances internationales saute aux yeux. Tout le monde scrute les événements de Kiev sans oser intervenir face au terrifiant Poutine. Obama a beau menacer de ne pas participer au G8 de Sotchi… La belle affaire.

L’Europe, quant à elle, reste désespérément aphasique. A quoi sert donc cette Europe quand la guerre est à ses portes, avec la moitié des pays qui frappent pour entrer, si sa seule est réponse est d’appeler à la « modération » et à la retenue ? Vendredi dernier, la Commission européenne a appelé à « une solution politique« , risible quand on sait que s’il est bien une chose dont l’Europe est dépourvue, c’est d’avoir un pouvoir politique. Une faiblesse chronique dont les racines remontent à la volonté d’avoir créé, d’abord et en priorité, un marché économique pour construire ses fondements.

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Et en cette absence de volonté et de pouvoir politiques, c’est bel est bien l’Europe qui a laissé se dégrader la situation, alors que le monde entier voyait bien que la situation dégénérait. Ses menaces de sanction à l’égard de Ianoukovitch sont restées lettres mortes.

Alors il y aura toujours les nauséabonds, euros(c)eptiques ou autres anti-mondialistes qui trouveront matière pour conspuer la construction européenne qui n’est presque même plus capable de garantir ce pour quoi elle fut édifiée, la paix. Et d’ânonner l’oraison funèbre maintes fois entendue pour tout détruire sur le bûcher de ses errances. Il est tellement plus simple de tout détruire plutôt que de corriger.

La réalité, c’est que la crise ukrainienne doit, bien au contraire, donner l’envie aux postulants de Bruxelles de porter un vrai projet : celui d’une Europe politique, capable de prendre de véritables directions, et qui ne serait plus seulement un vaste marché dicté par une Commission Européenne faite d’experts sans prise avec le Peuple et qui ne représente personne d’autre qu’elle même.

Etre européiste en 2014, vouloir que l’Europe fonctionne, souhaiter qu’elle résiste dans un monde devenu plus concurrentiel que jamais, ce n’est pas défendre des Institutions en les figeant. Bien au contraire, c’est y aller pour faire d’elle une autre Europe, qui pénalise lourdement les produits de l’extérieur de ses frontières qui ne respectent pas les mêmes normes écologiques et sociales que les nôtres, qui accepte le jeu démocratique afin de donner au parlement européen un vrai pouvoir de décision quand, aujourd’hui, c’est la Commission et ses nommés qui décident de tout ou presque.

Le meilleur moyen finalement de ne pas tomber dans le piège de ceux qui veulent faire des Européennes un référendum « pour ou contre » l’Europe, c’est donc de proposer autre chose que des placebos pour lui donner les vrais moyens de réussir.

D’ici là, il reste le cas ukrainien. Et le temps presse.

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24 février 2014 1 24 /02 /février /2014 14:07

Alors que les Jeux olympiques de Sotchi viennent enfin de se terminer, Kiev tente de reprendre son souffle après quinze jours de révolution. Parallèle troublant que ces femmes et ces hommes qui se battent pour leur indépendance dans ce qu’ils se représentent de l’idéal européen face à l’ogre russe, et de l’autre côté, leur bourreau indirect, Vladimir Poutine, qui, à grand coups de milliards, s’est offert un panégyrique vivant de deux semaines, comme d’autres érigent sur les places publiques des monuments à leur nom.

Certains médias, le zapping de Canal plus en particulier, se sont essayés à la comparaison en superposant habilement les images de la guérilla ukrainienne à celle de la joie des sportifs qui viennent de remporter une médaille. Et de se demander s’il n’était pas dérisoire de se battre pour un podium quand d’autres le font pour sauver leur avenir. Au point même d’entendre dire que tous ces médailles seraient, à tout jamais, tachées du sang des victimes ukrainiennes.

Obscène. Et lâche. Typique de ces discussions mondaines où l’on refait le monde devant un micro, en se regardant le nombril et en s’écoutant avec complaisance, qui empoissonne le monde de l’information et des médias en France.

Pour autant, soyons clairs : fallait-il fermer les yeux sur la Poutinisation de ses Jeux olympiques ? Bien sûr que non.

Il fallait rappeler ce qu’a représenté et ce que représentera la dette financière, écologique et politique que ce choix, dont le CIO s’est purement et simplement lavé les mains. Trente-huit milliards d’euros en folies dispendieuses, absurdes et parfois dérisoires en efficacité.

Un pays qui a tenté de se donner des lettres de noblesse de tolérance quand on sait que son régime est l’un des plus liberticide qui soit parmi les nations dites démocratiques.

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Un président qui prétend respecter la loi en se présentant pas pour un troisième mandat présidentiel, mais qui trouve un homme-gigogne, en la personne de Medvedev, telles les poupées russes, un double pour mieux lui succéder et ainsi verrouiller l’appareil d’état pour des décennies. Une mascarade que la communauté internationale accepte presque sans broncher, en estimant qu’il serait de l’ingérence que de simplement exprimer une réserve sur ces pratiques, quand elle a moins d’état d’âme pour intervenir dans la politique des pays où, il est vrai, les ressources naturelles n’existent plus depuis la décolonisation qui a laissé ces territoires exsangues.

Oui, il fallait critiquer la Russie, comme un contre-pouvoir à ce rouleau compresseur médiatique et pris en otage que furent les JO. Oui il fallait relativiser les JO et les mettre dans le contexte des événements de Kiev.

Et les médias français ne s’en sont pas privés, tant la presse papier, que la radio, les chaines infos ou encore les émissions de reportage. Avec force et raison.

Las, nos politiques n’ont pas eu le même courage, loin s’en faut. De droite comme de gauche en passant par le FN qui ne voudrait pour rien au monde ternir son idylle de longue date avec le Kremlin.

Pour autant, avec quelle hypocrisie et quelle lâcheté, certains se sont mis en tête de faire culpabiliser les sportifs en leur demandant d’endosser la responsabilité que les politiques eux-mêmes n’ont pas eue ?

Le rôle du politique est de critiquer, concilier, et créer un consensus. En un mot, d’avoir un regard sur le monde et son fonctionnement. Celui du sportif est d’aller au bout de lui-même pour parvenir à l’objectif qu’il s’est fixé et pour lequel il a sacrifié parfois études, le plus souvent jeunesse, divertissement et famille afin de représenter dignement son pays. Chacun à sa place.

Quand ils concourent pour les JO, les sportifs sont coupés du monde de l’information pour ne se focaliser que sur leur objectif sportif, certains n’étant à la fête que tous les quatre ans, chaque journée entre deux olympiades n’étant planifiée qu’en fonction de cette perspective. Commencer à critiquer les sportifs Français pour leur manque d’implication dans l’acualité brûlante, rechigner sur leurs performances, voire les accabler de fêter leur réussite, c’est au mieux méconnaître le sport. Au mieux.

Et quand on voit samedi soir Laurent Ruquier interpeler Coline Mattel, médaillée à Sotchi, sur les atrocités en Russie quand il n’en a pas pipé le moindre mot la semaine précédente, quand Valérie Fourneyron, la Ministre des Sports, était sur son plateau, on tient là l’illustration la plus précise de ce que peut être l’hypocrisie à la française.


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17 février 2014 1 17 /02 /février /2014 14:08

Juillet 2012. Tout fraîchement élu, le Président François Hollande, sans doute, sait-il déjà que ses promesses économiques de la campagne présidentielle sont autant de chèques en blanc signés à la France et aux Français qui lui coûteront chères. Très chères.

Aussi, quand Jean-Marc Ayrault annonce le 3 juillet lors de son discours de politique générale le projet de loi imminent de l’ouverture du droit du mariage et de l’adoption aux personnes de même sexes pour l’année 2013, personne n’est dupe de la volonté du gouvernement de marquer son empreinte par une mesure forte et sociétale pour masquer non sans cynisme ses carences, à moins du miracle d’une croissance retrouvée, qui ne viendra d’ailleurs jamais. Pas même les progressistes.

Pour autant, doit-on attendre les moments de prospérité pour honorer le pilier central de notre devise républicaine ? Peut-on mégoter quand l’égalité des droits est en jeu ?

A ce moment-là, personne non plus ou presque ne s’intéresse réellement à la question. Presque, car dans l’ombre Christine Boutin et Alain Escada de l’Institut Civitas entament leur longue croisade médiatique en promettant l’Apocalypse ou encore Sodome et Gomorrhe. A l’époque, intrigué par cette effusion, et encore marqué par la manifestation de janvier 1999 organisée par la première citée, autour de tout ce que la France compte d’intégristes, au son de « les pédés au bûcher », je m’intéressais de près à leur nouvelle dialectique, étonnamment adaptée à la modernité médiatique.

Mes proches me regardaient avec étonnement mais aussi un peu avec condescendance en considérant que je m’intéressais à un épiphénomène, à une frange marginale sans importance qui n’aurait aucun retentissement. 

Un an et demi plus tard, le constat est pourtant alarmant : la France est sous haute influence extrémiste et intégriste. Ni plus, ni moins.

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Pour autant, les extrémistes ont-ils fait des petits ? Pas nécessairement. Aucun indice n’indique une augmentation des effectifs des groupes factieux ou des fous de Dieu par rapport aux années 90. Mais la grande différence avec ce qu’il se faisait auparavant, c’est que l’archaïsme de fond s’est drapé des oripeaux de la modernité.

Ultra activistes sur les réseaux sociaux, parfaits clients pour les plateaux télé, adeptes du double discours, les extrémistes ont parfaitement compris ce que l’opportunité du discours décomplexé pouvait leur apporter. Et à ce titre, l’UMP sarkozyste portera une responsabilité indélébile et odieuse que l’Histoire ne devra pas occulter.

Aujourd’hui, s’ils ont perdu la bataille du mariage pour tous, ils fêtent le recul du gouvernement sur la PMA. Et, dans la foulée, ont imposé dans les consciences une hystérie collective sur la prétendue théorie du genre. Certains maires enlèvent des livres des bibliothèques sous la pression des groupuscules, ou les placent hypocritement à des endroits inaccessibles, la République accepte que son école soit boycottée par la grâce d’un SMS malveillant, et une bonne partie de la population pense que l’affaire Dieudonné se circonscrit à une question sur la liberté d’expression.

Car c’est bien là leur coup de force : parvenir à imposer les calomnies et les mensonges les plus grotesques dans le débat, au nom de la liberté d’expression, afin de faire considérer leur point de vue, pourtant délirant, comme une opinion qui en vaut une autre. La simple mise en débat suffit donc crédibiliser ce que le bon sens aurait écarté sans crier gare. Forts de hérauts communicants bien implantés comme Eric Zemmour, qui ne se cache même plus d’être activiste dans ce qu’il appelle un lobby contre la « féminisation » et « l’homosexualisation » de la population, les extrémistes font du marginal et de l’infinitésimal, un courant de pensée que le Peuple avale avec une crasse inculture.

Le phénomène n’est pas typiquement français : en Espagne une large majorité des citoyens sont contre la révision de la loi contre l’avortement, y compris dans les rangs catholiques. Et pourtant le gouvernement semble décidé à donner du crédit une la part sombre et marginale des intégristes qui veulent substituer la loi par la foi.

Combien de temps encore l’Europe cédera-t-elle à l’influence grandissante des extrémistes et des intégristes ? Faut-il attendre (et souhaiter ?) un cataclysme en juin prochain dans les urnes pour voir les véritables républicains reprendre la main.

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  • : Blog d’un militant du Mouvement Démocrate (MoDem). Je suis Yves Delahaie, membre du Bureau de la section de Lille et du Conseil Départemental. Ce blog a pour vocation de donner ma pensée personnelle sur l’actualité. Il n’est en aucun cas la reproduction de la parole officielle du parti. Même si nécessairement, puisque je suis militant actif, mes pensées bien que personnelles, sont porteuses des valeurs que je partage : celle du MoDem.
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