Jeudi 19 novembre 2009

Alors qu’une députée UMP propose une loi pour interdire la fessée (j’y reviendrai longuement ce week-end sur le fond, et sur l’énormité de cette proposition), l’on est en droit de se demander si cela est pertinent sous la forme d’une boutade car depuis la « performance » des Bleus d’hier, il y a des claques qui se perdent.

Rares sont mes interventions sur le sport. Non que je le méprise (je pratique le tennis en compétition, et je suis mordu des retransmissions sportives), mais parce que j’estime qu’il n’est pas un fait de société majeur en terme d’information. En d’autres termes, quand Federer gagne Roland Garros, je suis en larmes, ému comme jamais ; mais je considère que faire de sa performance légendaire la une d’un JT relève de la bêtise la plus stricte (il n’en fut rien, puisque ce 7 juin… les élections européennes occupaient le terrain… et pour le coup, l’on peut même regretter que sa performance n’ait finalement pas eu la place qu’elle méritait…). Bref.

Si j’en viens aujourd’hui à parler du match de l’équipe de France, c’est parce que les commentaires de Thierry Henry, de Domenech hier soir, mais aussi ceux de Escalettes président de la FFF aujourd’hui de même que l’article dans le monde de Vikash Dhorasoo sont scandaleux, et indignes de la France.

En gros, la France a gagné et peut être fière d’elle. Et les chaînes d’information de montrer les images de l’hôtel de luxe dans lequel les tricheurs, pardon,  les Bleus, dormiront tranquillement lors de la prochaine Coupe du Monde. J’ose espérer que les matelas et l’oreiller seront à la hauteur pour compenser les remords qui risquent de rendre les nuitées difficiles…

Discours officiel : « Qu’on arrête d’en faire un plat », dixit Escalettes, ce qu’ont exprimé en substance les trois précédemment cités. Mais la question serait plutôt : mais imaginez quel plat on aurait fait si la France avait été victime d’une telle injustice ? Imaginez le « calme » qui aurait régné à Saint-Denis au coup de sifflet final ? Imaginez quels commentaires acerbes sur l’arbitre, sur la modernisation à apporter au jeu, sur la part du hasard, auraient été diffusés à tout va en prenant l’opinion publique à témoin !

Mais de qui se moque-t-on ?

Thierry Henry, dressé en icône, en sportif irréprochable, en homme respectable avoue avoir touché de la main le ballon… et s’en lave les mains en disant qu’ "il n’est pas l’arbitre" : quel beau geste de fair-play ! En gros quand l’équipe de France est au bord du gouffre, la fin justifie les moyens. C’est inacceptable. La face cachée de nos « intouchables » en prend un coup… Tiens ça ne rappelle pas un coup… de boule ? N’était-ce pas dans le même sport… Etonnant, non ?

A la vérité, un homme digne de sa nation, et qui pratique le sport en étant honnête, tel le tennisman amateur qui voit une balle lécher la ligne, et qui peste, mais qui s’interdit de dire qu’elle est dehors car gagner en trichant serait insupportable, se doit d’être honnête. Et quel beau geste eût été d’aller voir l’arbitre et de reconnaître la chose, plutôt que de passer pour le petit voleur du coin qui se contente de ne pas avoir été pris pour son larcin. Monsieur Henry, vous êtes un gagne-petit, et vos protecteurs ont davantage peur de leur peau qu’ils ne sont compétents. Car il ne fallait pas être un spécialiste pour voir hier que l’Irlande a maîtrisé de mains… de maîtres, elles, la possession du terrain et la tactique… comme le fit la France au match aller. Un tir au but eût été sportivement la solution la plus équitable car en Coupe du Monde, on doit savoir maîtriser ses nerfs.

Au lieu de cela, la France a sa qualification entachée d’une triche incontestable… et incontestée par le joueur qui en est responsable… le président de la FFF estime que quiconque a déjà joué au foot sait que l’erreur et la triche font partie du jeu. Quand on y ajoute le racisme dans certains stades, la violence de certains supporteurs, et la « pognotisation » d’un sport qui fait gagner parfois à un professionnel français en un mois jusqu’à 20 ans de SMIC, l’on se dit que ce président fait une bien belle publicité de son sport… Quand je vous disais qu’il y a des claques qui se perdent….

Par Yves Delahaie
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Dimanche 15 novembre 2009

Les échauffourées suite à l’opération marketing annulée ce samedi à Paris sont proprement scandaleuses, révoltantes et les coupables devront en répondre. C’est une évidence.
Pourtant, qui sont les coupables ? Et qui seront les condamnables potentiellement ?
Car il y a de fortes chances que certains soient oubliés… une fois de plus.

Tout d’abord, commençons par l’incontestable responsable numéro, contre qui le Ministère de l’Intérieur va légitimement porter plainte : la société qui avait décidé de se faire un coup de pub avec peu d’argent… tout en en distribuant beaucoup pour des personnes meurtris par la crise. Le Préfet annula l’affaire. La richesse vira à la monnaie de singe au plus grand désarroi des milliers de badauds venus tenter leur chance. Je tairai son nom car le but de cette opération cynique et obscène était d’être sur la scène médiatique en profitant des fruits de la misère sociale. Abjecte méthode assez courante au Royaume-Unis. Cette société ne doit pas voir le jour. La sentence devra être telle qu’elle n’incitera quiconque à reproduire ce procédé qui d’un point de vue éthique et moral est abject.

Mais le Préfet n’est pas exempt de tout reproche. Mis au courant depuis quelques jours de la démarche, pourquoi a-t-il attendu 14h30 pour s’opposer à la tenue de la distribution ? C’est irresponsable. La décision aurait dû être prise bien avant. Ce n’est pas le jour-même quand on voit certains énergumènes arriver qu’il faut interdire et laisser la foule, gonflée à bloc et frustrée, s’adonner à des violences inacceptables. La décision n’ayant pas été prise assez tôt, mieux valait l’abjecte distribution se passer. Il était trop tard. De toutes façons, à l’évidence, il n’y avait rien pire que la frustration d’une foule à qui on a promis de l’argent.

Les contrevenants sont eux aussi parfaitement responsables. Comment justifier de tels actes de barbarie ? RIEN NE JUSTIFIE DE PAREILLES VIOLENCES. C’est insupportable. La frustration, nous la comprenons, mais sa manifestation par des actes criminels nous la CONDAMNONS fermement. Ces personnes aussi frustrées soient-elles auraient pu s’en prendre à leur avidité ou surtout à leur naïveté. En aucun cas à la société toute entière en démontrant pareille violence en centre-ville. Les sentences devront être exemplaires. Et il ne servira à rien de pleurer. Le spectacle offert aujourd’hui est indigne de notre République.

Mais il est un des coupables qui ne passera jamais devant la Cour. Un responsable, ou plutôt des responsables sans qui l’opération de cette société serait passée inaperçue. Qui auraient donc coupé l’herbe sous le pied à cette opération publicitaire obscène qui se serait dégonflée d’elle-même faute de médiatisation. Des coupables, qui devraient s’autocensurer quand on voit des opérations dont le seul but est la médiatisation. Qui d’autres ces coupables peuvent-ils être si ce n’est les médias eux-mêmes ? Toujours prêts à appâter le chaland, ils prennent une lourde responsabilité dans cette affaire. En toute impunité.

L’on se demandera, entre le premier et le dernier,  qui est le plus cynique au fond…


Maître Renard qui se croyait cynique

S’incline. Mais depuis il apprend la musique.

                                                    Anouilh, Fables.

 

Par Yves Delahaie
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Samedi 14 novembre 2009

L’affaire Ndiaye a de quoi inquiéter tout le monde. Pas tant sur la position de Raoult, homme à la réputation sulfureuse et justifiée, peu fréquentable en ville, s’étant déjà distingué en proposant le rétablissement de  la peine de mort ou encore en affichant  son refus dogmatique d’envisager l’homoparentalité en radotant l’éternel « il faut un papa et une maman » (idéologie chrétienne ? Homophobie ? Bêtise ? Comprenne qui pourra…). Le député traîne presque autant de casseroles au derrière que George Frèche ou Christian Vanneste… Les Tefal boys ont donc le vent en poupe… médiatiquement.

Le problème vient surtout des réactions ou de l’absence de réactions que suscita cette vaine politique.

 

Les propos tout d’abord. En quoi les propos de Ndiaye sont-ils indéfendables ?  Revenons à la signification des mots plutôt de s’exciter vainement sans appréhender le sens. Ce qui relève du monstre, c’est "ce qui est anormal, qui est marqué par l'excès"... En quoi cette appréciation est-elle discourtoise, maladroite ou même vulgaire comme certains hallucinés ont tenté de démontrer ?

 


La position de Raoult
. Ridicule et PATHETIQUE. Et ce pour plusieurs raisons :


Historiquement, elle s’oppose à la tradition républicaine qui lie la France et les artistes.


Juridiquement, elle est fausse puisque le « droit de réserve » s’applique seulement aux hauts fonctionnaires.


D’un point de vue temporel, elle est décalée et même à l’ouest, puisque les propos de l’écrivain ayant été exprimés il y a plusieurs semaines, comment aurait-elle pu anticiper le Prix Goncourt ?


Enfin, et surtout, d’un point de vue politique, elle est dégradante et nauséabonde : comment ne pas y voir une visée électoraliste dans la perspective de siphonner comme en 2007 l’électorat extrême… Ecoeurant.

Il n’y a des lors rien de surprenant à ce que, jeudi dernier, Monsieur Raoult reçût le prix Busiris de la mauvaise foi juridique décerné par l'Académie Busiris réunie autour de l'avocat parisie Maître Eolas...
 

Les réactions. Caricaturales. Passons sur l’irresponsable silence de Frédéric Mitterand qui se gêna moins pour défendre Polanski, accusé de détournement de mineur, rien que cela !, pour s’intéresser au bal des faux-culs qui se pressèrent telles des mouches sur un étron fumant pour défendre la théorie fumeuse de Raoult. Comment peut-on à ce point nier ses convictions profondes pour préserver quelques semaines encore un marocain inconfortable qui flatte les ambitions mais vous fait passer pour un opportunistes des plus répugnants ? La Mode Lefebvre a fait des émules. Même si l’UMP a réagi en rappelant dans un communiqué que la liberté d'expression est un droit fondamental, ce fut trop tard : sommé d’être solidaire sous peine de tout perdre à court terme, d’aucuns n’avait songé que le parti allât lâcher un des siens. Ou de la difficulté d’être élu à droite… Pour prendre position, il ne suffit plus de connaître les valeurs du parti, ni même la ligne du Président…. Il suffit de savoir anticiper les lignes des graphiques qui reproduisent l’opinion. Anticiper le sondage avant qu’il ne tombe. Et foncer à toute bombe. Au risque d’avoir fait le mauvais choix.

 

A la vérité, ce Gouvernement ne fait que donner encore plus de crédibilité aux propos de Ndiaye. Car, depuis 2007, la France devient un territoire où le débat contradictoire envers la politique de Sarkozy devient impossible sans être taxé de mauvaise foi. IMPOSSIBLE. La droite sarkozyste ne  supporte  plus la contradiction. Dès que l'on s'oppose à une pseudo-réforme, elle prétexte que l'on a signé un blanc seing en 2007 avec 85% de participation ! Mais gagner une élection même avec de la marge n'autorise nullement à faire n'importe quoi et surtout pas à faire taire le débat politique. Ces postures relève parfois de la dictature !

 

Alors oui Madame Ndiaye avait le droit d’exprimer son opinion sur ce qu’elle ressent au plus profond de ses tripes. Oui les réactions de certains à droite pour soutenir l’insoutenable sont électoralistes, malsaines et malhonnêtes. Oui en France, il y règne un climat « monstrueux » depuis 3007 quand on voit enfler telle une verrue cette polémique obscène.

Enfin, petit clin d’œil à notre Prix Goncourt : Berlin est en effet une ville où il fait bon vivre. Et  si j’en avais l’occasion, j’aimerais tant être son voisin car ce serait toujours plus agréable que de vivre sous l’ubiquité Sarkozyenne…

 

Par Yves Delahaie
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Mercredi 11 novembre 2009

L’on aurait pu croire les journalistes échaudés par leur couac précédent concernant le petit Younès.  A l’annonce ce matin de sa probable découverte, l’on a enfin redécouvert les vertus des modaux, des adverbes et du conditionnel… Ou presque. Car sur France 2, à un adverbe près, voire un point d’interrogation supplémentaire, l’on est en droit de se demander si l’on a retenu la leçon… Entre l’oral et l’écrit, le verbe diverge…

 

Par Yves Delahaie
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Samedi 7 novembre 2009

Brice Hortefeux a été chargé d’allumer un incendie cette semaine. Un énième. Histoire de guérir le coup de blues du Président, au plus bas dans les sondages, touché par les affaires EPAD, Mitterand et Yade, entre autres… L’idée : instaurer un couvre-feu pour les délinquants de moins de 13 ans.

Le spectacle put alors commencer, le Ministre de l’Intérieur en chef d’orchestre, l’opposition PS en ténor larmoyant… Une impression de déjà vu, non ?

Sur le fond, la mesure est démagogique à souhait : qui accepterait de voir des délinquants déjà condamnés de moins de 13 ans traîner dans les rues au-delà de 22 heures ? Dans la même série, on pourrait proposer l'interdiction aux hommes ayant avoué avoir participé à des actions terroristes de se promener dans les magasins avec des bombes de plus de 13 cms entre 8h et 20h ? Ce n'est plus le Gouvernement de la réforme , c'est la déclinaison hebdomadaire de la profession de foi de Miss France...

Le problème comme d’habitude c’est l’absence de moyens mis en œuvre pour une telle opération comme le confirment les syndicats de police, cette politique de l’annonce de l’incendie en attendant la réaction sur les courbes de sondage d’opinion… mais aussi et surtout, et là c’est plus gênant l’opération "siphonage" des voix du FN à un moment où les sondeurs parlent d’un retour en puissance du parti de la Famille Le Pen…

C’est devenu un sport national depuis 2002 : à chaque élection, agitez bien énergiquement le drapeau rouge de l’insécurité pour exciter la bête…

Insupportable car l’air a déjà été entendu, est connu, et nous laisse tous repus.

Et le PS qui s’agite dans tous les sens par la voix radotante de son secrétaire, histoire de faire quelques piques bien senties dans les JT…

Alors me direz-vous quelle est la meilleure attitude ?

LE SILENCE PARDI. Quand la cacophonie se fait sentir, quand on sent à ce point le traquenard dissonant se mettre en place, quand le disque raye à ce point avec toujours à la fin l’oraison de la défaite, il faut réagir… par l’absence de réaction. Hortefeux et le gouvernement n’auront JAMAIS les moyens de mettre leur pseudo-mesure en place. Le mieux ne serait-il pas d’IGNORER purement et simplement toutes ces mesures démagogiques, visant à produire du vent… médiatique ? Cessons d’alimenter Horte..feu par des agitations bruyantes. L’indifférence peut tuer la flamme dans l’œuf. Quand un gouvernement entend instrumentaliser son idéologie par la mécanique médiatique, offrons-lui en réponse ce qu’il redoute le plus : un non-événement.

Croyez moi, il n’y a pas pire qu’un auditoire indifférent. Le chef d’orchestre n’aura alors plus d’autre choix que d’ajourner ou d’enterrer le récital…

Par Yves Delahaie
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Lundi 2 novembre 2009

C’est devenu « l’affaire du petit Younès »… comme il y eut « l’affaire du petit Louis ». J’eus préféré que l’on parle de « l’affaire du journalisme »…

Mardi 27 octobre dernier, une dépêche AFP tombe peu après 13 heures en annonçant la mort du petit Younès dans le canal d’Armentières. Ni une, ni deux, l’information est diffusée. Deux exemples, que d’aucuns estimeront équivalents… à tort :

TF1 :

 

 

Le Post :

 


Pourtant, il y a une différence fondamentale entre ces deux exemples. FONDAMENTALE. L’un est un transmetteur, un vecteur de communication, Le Post qui publie des informations que je dois vérifier en corroborant les sources. L’autre est un vecteur d’informations, dont les sources ont été vérifiées, recoupées et que je peux croire. Or en 2009, force est de constater que l’un et l’autre utilisent à présent les mêmes méthodes. D’où la question : le journalisme est-il mort ?

C’est d’autant plus flagrant que l’ensemble des médias qui ont été coupables de précipitations se sont empressés de trouver leur bouc émissaire : l’AFP. Certes, cette agence, à la réputation certaine, a commis une erreur considérable. Mais au nom de quelle urgence, la presse journalistique traditionnelle s’est-elle autorisée de la diffuser alors même que leurs émissions se déroulaient, avant même d’avoir recoupé elle-même l’information ? L’annonce ne pouvait-elle pas attendre le soir, si le petit Younès avait été effectivement retrouvé mort ? N’est-ce pas là une dérive du scoop dans lequel tombent les journalistes depuis quelques années ? La finalité du journalisme n’est-elle pas justement de prendre le temps, le recul nécessaire pour offrir une information de qualité, expliquée et illustrée de manière pertinente, là où internet privilégie l’immédiateté de l’information ? Si l’on considère que la rapidité seule compte, alors considérons Yahoo! comme une plateforme d’information, Le Post comme un éditorialiste ou encore jeanmarcmorandini.com le concurrent direct de Reuters !

Le pire c’est que cette tendance n’est pas neuve.

On se rappelle de la bourde de Pujadas qui annonçait que Juppé, embourbé dans les affaires, se retirait de la vie politique… alors que le même Juppé annonçait le contraire au même instant sur TF1.

Et puis il y eut il y a un an, une affaire similaire à celle de Younès, avec Florence Schaal, journaliste de renom qui travailla plus de trente ans pour TF1, qui fit une erreur incompréhensible pour elle en intervenant en direct au journal de TF1 pour annoncer la mort du petit Louis… Information démentie peu après par la rédaction de la chaîne :

 

 

Florence fut licenciée pour faute grave. Et l’affaire fut close. Encore une fois, le bouc émissaire était trouvé. Pour autant, comment se fait-il qu’une journaliste de cette expérience puisse commettre une telle erreur de débutante ? Erreur d’autant plus confondante que Julien Arnaud qui présentait le journal alors admet que Florence Schaal n’avait pas pris les précautions d’usage :

 

 

N’est-ce pas là la preuve flagrante qu’une pression certaine s’exerce en permanence sur les journalistes ? N’est-ce pas l’aveu, même indirect, de cette course au scoop, de la commercialisation de l’information qui est ici mise en exergue ?

Que Brigitte Bardot se rassure : pire que le bébé phoque ou encore l’ours brun, la situation du journaliste est plus grave encore. Son extinction devient jour après jour plus certaine. En atteste cet aveu terrible d'Anne Elisabeth Lemoine, dans l’émission du midi de Canal, qui le 28 octobre, lendemain de l’annonce faite par Bruce Toussaint de la mort de Younès, déclare, sans rougir qu'à l’antenne, « l’on n’a pas toujours 15 minutes pour vérifier l’information » ! Et la blonde incendiaire d’allumer l’AFP pour cette erreur. Ahurissante justification ! Révélatrice également.

Cela rappelle cette confession de Daniel Schneidermann, l’animateur-concepteur d’Arrêt sur Images qui rappelait il y a quelques années, son premier emploi dans la Maison Le Monde consistait à prendre son téléphone et à vérifier toutes les informations qui allaient être la matière première des brèves qui figureraient dans les colonnes… avant d’avouer que cette fonction avait tout simplement disparue… contrairement aux brèves qui continuent d’abreuver les pages du canard.

« Quatrième pouvoir » l’avait-on baptisé. Le journalisme nourrit aujourd’hui un chiasme des plus inquiétants :

Le journalisme, clef de voûte de la démocratie, se meurt.

La démocratie, clef de voute du journalisme se meurt pareillement.

 

A l’époque du tout rhétorique, il y a des figures de style plus plaisantes et savoureuses à lire…

Par Yves Delahaie
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Jeudi 29 octobre 2009

Nos élus en explication de texte face à ce projet de réforme pour laquelle le Mouvement Démocrate était a priori favorable… Conférence de presse à Arras, le 29 octobre :

Par Yves Delahaie
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Dimanche 25 octobre 2009

Hier matin, le site du Figaro publiait cette dépêche AFP :

 

 

Ce genre d’information me dérange terriblement. Outre le fait que la méthode de comptabilisation de ces actes est contestée par certains (en somme jeter une pierre dans une vitrine tenue par un Juif est-il un acte antisémite ? Ne se peut-il pas qu’il s’agisse de l’acte isolé d’un simple délinquant stupide, sans éducation et provocateur ? Mais là est un autre débat), comment ce genre de données chiffrées est-il rendu possible d’un point de vue officiel quand on sait qu’en France il est interdit de classer les personnes et de les comptabiliser, même à des fins statistiques ou sociologiques selon des critères de religion, de couleur de peau, d’origine ethnique… on hurle au scandale quand on annonce le fichier Edvige, la grogne se faisant plus fort quand cette semaine l’on apprend qu’un nouveau fichier va donner l’origine géographique des délinquants comme pour mieux les stigmatiser… et lorsqu’une telle dépêche tombe, personne ne dit rien. Pourtant le fait d’être Juif ne relève-t-il pas de la religion ? Ou de l’appartenance à un peuple ?

Pourquoi alors ne pas comptabiliser les agressions contre les Noirs ? Les Maghrébins ? Les Français blancs de peau parce qu'ils sont blancs ?  

Pourquoi y-a-t-il deux poids deux mesures dès lors que l’on traite de la question juive ?

On peut ne pas être d’accord sur le fait qu’on ne puisse pas répertorier les citoyens français selon certains critères. C’est une question philosophique sur laquelle chacun peut et doit s’interroger. Chacun est libre de penser et d’exprimer son opinion sur le thème. La question n’est pas là. En revanche la République et la loi française, elles, ont tranché : c’est illégal. On peut être d’accord ou non : la liberté d’opinion ne peut aucunement se substituer à la loi, et chacun doit s’y soumettre. Quand la loi impose, le citoyen dispose. Cela ne l’empêche pas d’en parler et d’en débattre.

Je repose donc ma question : Pourquoi y-a-t-il deux poids deux mesures dès lors que l’on traite de la question juive ?

Au nom du génocide ?

Est-ce un argument qui tiendra jusqu'à la nuit des temps ?

Les "Juifs" sont-ils les seuls à avoir subi un génocide ?

Faut-il alors répertorier en France toutes les communautés qui ont subi un génocide dans leur Histoire ?

Et enfin et surtout, en posant ses questions, osera-t-on me balancer à la figure que ces interrogations sont antisémites ?

NON. Je suis juste Républicain, laïque et Démocrate de surcroît, et au nom de l'Egalité je ne vois pas pourquoi en 2009, il faudrait faire un cas Juif en France.

Mais le plus grave dans tout cela, c’est que j’ai posté à deux reprises mon étonnement dans les commentaires du Figaro (qui reprenait à quelques mots près ce que je viens de publier ici)… Pourtant les deux fois mon commentaire ne fut pas publié. C’est sans doute ce qu’il y a de plus grave dans l’affaire… Il y a en France une question taboue… qui défie les lois et les principes de la Démocratie Française et qui pour une fois ne vient pas du sommet de l’Etat.

Par Yves Delahaie
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Vendredi 23 octobre 2009

24 heures après l’annonce choc de Jean Sarkozy de retirer sa candidature à la Présidence de l’EPAD, les commentaires n’en finissent plus, les journalistes, experts (soi disant) ou autres observateurs s’envoient les arguments sans vergogne sur le talent ou pas de Jean Sarkozy.
Vain débat. Mais tentons d’éclairer humblement la chose.


Jean Sarkozy a-t-il réussi son coup médiatique ?

Assurément. Le fait d’avoir surpris tout le monde, au 20 heures, en y étant d’un point de vue rhétorique irréprochable voire brillant (nous y reviendrons), ce qui suffit à convaincre ou envouter 80% des spectateurs si ce n’est plus, est un coup de maître. D’une part, il a fait croire à son courage. D’autre part, il se positionne pour l’avenir comme un débatteur hors…Père ! C’est le moins que l’on puisse dire. Quoi qu’il en soit, le débat déchaîne les passions, avec les pro et les anti, ce qui en terme de communication était la meilleure chose qui pût lui arriver (rappelez-vous la campagne présidentielles), le pire étant l’indifférence générale.

Jean Sarkozy a-t-il du talent ?

La polémique enfle là-dessus. Inutilement. Car au fond tout le monde est d’accord mais il y a ceux qui sont de mauvaise foi et ceux qui confondent communiquant et politique. S’il est question de rhétorique, indéniablement, il est talentueux. Pour un jeune homme de 23 ans, incapable d’enchaîner sa deuxième année de droit, il maîtrise le langage… du père. Tout y passe : les questions rhétoriques, les insupportables « Monsieur x ou y » quand il s’adresse aux journalistes, et surtout un art des figures de style, qui enfoncent les portes ouvertes et qui me font saigner les oreilles en tant que prof de lettres, mais qui incontestablement séduit le Français lambda. Un exemple avec l’antonomase, d’autant plus belle qu’elle superpose deux mots de la même famille :


 


On pourra toujours dire qu’il a été surentraîné, qu’il n’a nullement la spontanéité des formules qu’il emploie : il sait les apprendre, les assimiler et donner l’illusion, non pour l’intelligentsia ou encore les spécialistes en communication politique mais pour le Français moyen qu’elles sont naturelles. Cela est bien suffisant. Dont acte : l’homme a du talent dès lors qu’on le juge sur la maîtrise du langage. Ce qui n’est pas le cas de tous, comme le montre piètrement Brice Hortefeux qui s’essaie à l’anacoluthe dès plus maladroite dans A vous de juger :

 

 



Rappelons pour le profane que « Si c’est Obélix que vous pensez » est impropre. Il faut dire « Si c’est Obélix à qui vous pensez… »

Pour autant l’argument des membres de la majorité c’est de généraliser cette notion du talent et de prétendre que Jean Sarkozy a montré qu’il avait du talent… et qu’il était donc légitime pour briguer un poste de Président de l’EPAD. Doit-on rappeler que présider l’EPAD nécessite des connaissances, de l’expérience et des savoir-faire en termes d’immobilier, de finances et de macro-économie ? Est-il nécessaire de rappeler que l’aîné du président n’a validé qu’une malheureuse année en Droit à 23 ans ? Avoir du talent en rhétorique, ce n’est pas avoir du talent dans le domaine du management, de l’immobilier et de la macro-économie. C’est comme si vous aviez un pâtissier brillant vous proposait chaque jour les plus succulentes tartes que vous n’ayez jamais goûtées, et qu’au nom de son « talent » vous lui proposiez le poste de Directeur de la SNCF. Avoir du talent est une formule bâtarde dès lors qu’elle tend à l’universel. Avoir du talent c’est dans un ou plusieurs domaines. Guère plus. Et il est édifiant que les journalistes ne relevassent jamais ce fait devant le défilé d’invités au bal des faux-culs, prêts à vendre leurs valeurs et leurs principes pour défendre l’indéfendable (moi aussi je maîtrise l’antonomase… je devrais postuler à l’EPAD, n’est-il pas ?)

Toujours est-il que malgré tout le talent qu’il possède Jean Sarkozy devra méditer sur Oedipe. Au moins pour la première partie de son parcours. Car il devra être politicien hors père au sens propre pour se faire un nom. Tuer le père et vaincre le Sphinx et son énigme redoutable pour vaincre la malédiction :

Enfant, j’ai été fils de.

Jeune adulte, je suis fils de.

Adulte mature, serais-je fils de ?

 

Telle est la question. Nous veillerons en tous cas à ce que le népotisme ne biaise pas la question. Mais rassurons-nous : notre mobilisation ne fut pas vaine. Et j’ai l’intime conviction aujourd’hui que nous avons montré que notre Démocratie n’était pas complètement morte.

Par Yves Delahaie
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Lundi 19 octobre 2009

Cela fait quelques jours que l’on ne parle plus que de cela… à droite bien évidemment ! Jean Sarkozy est un génie et a du talent. C’est d’ailleurs le seul argument invérifiable et par là-même imparable que le gouvernement et autres élus de droite brasse pour tenter de faire oublier qu’on peut avoir 4 ans de retard dans ses études sans être idiot.

Mais la question est donc de savoir « Dis, tonton c’est quoi cette bouteille de lait ? Dis, c’est quoi cette bouteille de lait, euh ? Dis, c’est quoi avoir du talent ? ».

Alors vous me direz avoir du talent c’est maîtriser tout ses sujets ? Vous n’avez aucun talent !

C’est connaître tous les chiffres du commerce internationale, toute les théories économiques et connaitre au moins 5 langues vivantes et 2 langues mortes ? Vous n’avez décidément aucun talent !

C’est savoir que Genève n’est pas la capitale de la Suisse, que la Guerre de 100 ans en an duré réalité 114, et que vous détenez la solution pour moraliser le monde capitaliste ? Non définitivement, vous êtes dénué de tout talent. Irrévocablement.

On peut le dire vous n’avez donc aucun talent. Aucun.

Avoir du talent, c’est maîtriser…le langage ! C’est savoir parler de tout sans rien connaître, donner l’illusion la plus parfaite d’avoir le savoir quand vous étalez l’ignorance, c’est mentir en donnant l’impression de dire la vérité. C’est ça avoir du talent.

Et comme pour montrer la route au rejeton de Sa Majesté Sakozy, tonton Woerth est allé ce matin à la Matinale de Canal pour donner la leçon (eh oui il y a bien longtemps que Jean ne fréquente plus les bancs de La Sorbonne et préfère suivre ses cours… par correspondance… depuis la télé… qu’il regarde au lit…) :


La leçon d’aujourd’hui : comment montrer son talent sur les impôts ?

Journaliste : NS affirme qu’il n’augmentera pas les impôts. Il n’empêche qu’en 2010, ça vous devez le reconnaître les ménages payeront plus de prélèvements sociaux et bénéficieront de moins d’avantages sociaux qu’en 2009. Donc la pression fiscale, elle augmente ?

Eric Woerth : C’est faux ! C’est faux ? C’est pas... c’est complètement faux ! Les ménages… euh… les ménages payeront… payeront pas plus de prélèvements fiscaux au sens large du terme en 2010.

 

J. : Taxe carbone, assurance-vie plus taxée, plus value immobilière plus taxée, hausse de la taxe patronale sur la participation à l’intéressement à l’épargne pour les salariés…

E.W : Mais oui mais attendez, attendez, vous ne voyez pas à quel niveau se développent les prestations sociales ! Les prestations sociales se développent beaucoup plus vite, j’aurais tendance à dire malheureusement pour le Ministre des comptes, beaucoup plus vite que les recettes, beaucoup plus vite ! +

Vous savez que nous rendrons, nous avons rendu entre 2007 et 2010 aux ménages, nous avons rendu près de 10 milliards, 10 milliards d’euros en terme de fiscalité.  10 milliards en termes de fiscalité et 6 milliards sur les entreprises. Sur ce budget, sur ce budget, on supprime la taxe professionnelle, on supprime l’imposition forfaitaire annuelle ça c’est pour les entreprises et en ce qui concerne les ménages il y a la taxe carbone, mais on rend l’ensemble de la taxe carbone par une diminution de l’impôt sur le revenu.

 

Certes la leçon n’est pas parfaite : les hésitations, les heu ou pire encore les répétitions qui semblent vouloir dire « P***** comment je vais me sortir de ce guêpier » laissent à penser que Tonton Woerth pédale quelque peu dans la semoule. Mais tout de même ! Quelle Maestria ! Regardez avec quelle force il parvient à dire qu’il n’y a pas d’augmentation d’impôts… tout en la justifiant à la fin de son discours. Le tout sans que cela ne choque qui que ce soit. Le tour de passe-passe peut paraître grossier ! Mais plus c’est gros, plus ça passe. Car évidemment, Eric Woerth ment :


Car si les plus défavorisés qui ne payent pas d’impôts sont ceux qui bénéficient des prestations, si les plus riches qui en payent sont déjà protégés par le bouclier fiscal (et qui ne payeront donc pas davantage que les 50% qu'ils ont déjà atteints !), ce sont donc bien les classes moyennes qui elles ne touchent aucun prestation et qui payent des impôts qui vont être encore plus sanctionnées par la pression fiscale.


Mais cela, le journaliste ne le relèvera pas. On occulte. Comme le spectateur ébloui par la leçon, et Jean qui en profite pour prendre des notes de son tonton. Car ce tonton là, c’est sûr, il a du talent !

 

PS : D’ailleurs pour les fans d’Astérix et des calembours tout le monde sait ce qu’est avoir du talent quand on est à droite :o)

 

 
Par Yves Delahaie
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  • : 07/04/2008

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Blog d’un militant du Mouvement Démocrate.

Je suis Yves Delahaie, membre du Bureau de la section de Lille et du Conseil Départemental.

Ce blog a pour vocation de donner ma pensée personnelle sur l’actualité. Il n’est en aucun cas la reproduction de la parole officielle du parti. Même si nécessairement, puisque je suis militant actif, mes pensées bien que personnelles, sont porteuses des valeurs que je partage : celle du Mouvement Démocrate.

 
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